PLUSTARD
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PLUSTARDDominique D'Onofrio : Ben vous savez, j'avais déclaré cela avant que ne se présentent des opportunités de transferts que nous ne pouvions pas ignorer. Il y a eu, subitement, de bonnes occasions à faire. Nous avons eu l'occasion de rapatrier Emile Mpenza et on nous a proposé Aliyu Datti. Subitement, la concurrence est devenue plus rude pour Bangoura et Kaklamanos. Ils avaient évidemment fait toute la campagne de préparation comme titulaires, puisque c'étaient mes deux seuls vrais attaquants en pleine possession de leurs moyens û Mohammed El Yamani n'était pas encore tout à fait remis de son accident de voiture. Et je me souviens qu'à l'époque, tout le monde nous félicitait pour ces deux transferts. Même les connaisseurs, hein ! De deux attaquants spécifiques dans mon groupe, je suis donc passé à quatre, et j'ai fait jouer les meilleurs, c'est tout. J'ai simplement fait jouer les lois de la concurrence. Je ne pense pas avoir eu tort, quand on voit la saison que Mpenza et Datti ont réussie. Aujourd'hui, j'attends de Kaklamanos et de Bangoura qu'ils me prouvent qu'ils ont franchi un palier pendant cette année difficile pour eux. Je souhaite par exemple que Kaklamanos complique mes choix offensifs, mais il doit savoir que je le considère comme n'importe quel joueur et pas comme un titulaire automatique. En fin d'été, nous avons pu transférer Mpenza et Datti, mais aussi d'autres garçons qui ont su s'imposer dans l'équipe : Roberto Bisconti et Lalo Sorondo. Plus tard, il y a encore eu Juan Ramon Curbelo. Peut-on nous le reprocher ? Tout le monde a quand même vu que le Standard leur devait en grande partie la qualification pour la Coupe de l'UEFA. Kimoto et Okpara ont aussi fait les frais de ces arrivées. Il est clair que, pour ce club, la période de transferts bis, fin août, a été plus productive que les premières semaines de marché. Ce n'est pas étonnant : c'est à ce moment-là qu'on peut faire de bonnes affaires. De grands clubs se rendent alors compte qu'ils ont échoué dans leur désir de vendre certains bons joueurs au prix fort, les prix baissent et le Standard peut ainsi entrer dans la danse. Quelques semaines avant son arrivée chez nous, il aurait été tout à fait utopique de chercher à transférer Emile parce que les dirigeants de Schalke demandaient encore beaucoup trop d'argent. Bertrand Crasson : J'avais raison, non ? On a quand même énormément parlé de ce club. D'accord, pas toujours en bien, mais on en a parlé... Sur le plan purement sportif, le Lierse n'a pas tout à fait raté son année. Nous avons terminé à la 11e place : pas mal pour ce club, mais si on compare avec la cinquième place de la saison précédente, c'est évidemment un fameux recul. C'est tout ce que l'on a retenu. Il faut mieux analyser les choses : dès le mois de septembre, les premiers problèmes financiers sont apparus. C'est pour cela, évidemment, que la direction a vendu Aruna Kone et Stijn Huysegems. Soit les trois quarts de son potentiel offensif. Il n'y avait personne pour les remplacer et cela explique toutes les difficultés que nous avons rencontrées. Le Lierse a terminé avec la sixième défense du pays : pas mal. Mais aussi avec la 15e attaque, et ça, c'est très mauvais. Nous avons fait 15 nuls et c'est à l'image de notre championnat : la baraque tenait bien derrière, mais il manquait des buts marqués pour transformer ces nuls en victoires. Même si nous venons de rompre à l'amiable le contrat qui nous liait encore pour un an, je ne regrette pas mon expérience là-bas. Après 12 années à Anderlecht, j'ai découvert d'autres facettes du foot professionnel : les soucis financiers, une direction obligée de vendre à quelques jours de l'ouverture du championnat, les problèmes d'infrastructure avec notamment une pelouse qui ne ressemblait à rien, les blessures qui limitent fortement et du jour au lendemain les choix du coach, les polémiques lancées inutilement par la presse flamande (on s'en est pris à moi, mais aussi à Emilio Ferrera et à Gilles De Bilde), etc. Terminer à la 11e place après avoir connu toutes ces difficultés reste donc un résultat d'ensemble appréciable. Le seul gros problème, c'est que la Belgique entière attendait un classement bien meilleur. Sur un plan purement personnel, j'ai tiré mes conclusions quand j'ai senti que mon avenir n'était plus au Lierse. Dès que la rupture de mon contrat a été officialisée, je me suis senti soulagé d'un poids énorme. Jean-Pierre La Placa : Je reste sur mes positions. Ban, Kenmogne et Gomis ont des qualités. Ils l'ont prouvé plus d'une fois en début de saison quand on leur a fait confiance. Mais cette confiance, on la leur a très vite retirée. Kenmogne et Gomis sont africains, avec tout ce que cela implique : une mentalité différente, qu'il faut savoir gérer. Et pourquoi Ban aurait-il perdu toutes ses qualités de buteur ? Il n'a pas beaucoup marqué avec Mons, mais comment aurait-il pu le faire en jouant aussi peu ? On ne lui a jamais donné une vraie chance de s'exprimer. Moi aussi, j'ai fait les frais des choix de Sergio Brio : dès le moment où tous les Italiens sont arrivés, j'ai sauté. Pourtant, je n'avais pas l'impression d'avoir fait un mauvais premier tour. J'accepte la concurrence, à condition qu'elle soit correcte. A Mons, ce n'était plus le cas. Je n'étais pas plus mauvais que d'autres à l'entraînement, mais je restais sur le banc lors du match du week-end. Lors des dix dernières journées, je n'ai même plus dû m'échauffer, à l'exception du match à Charleroi, où je suis subitement redevenu titulaire : j'avais compris que je ferais partie de la grande lessive de fin de saison. En quittant Mons, j'ai fait remarquer au président qu'il avait eu tort de ne pas faire confiance plus longtemps, pour la deuxième saison en D1, à l'ossature qui avait réussi un bon premier championnat. Il m'a répondu : -C'est le foot. Qu'ils prennent maintenant leurs responsabilités. Pierre Danvoye