Georges Grün a rempilé pour deux ans à RTL. Il a pris de l'assurance

Il y a un an, Georges Grün a signé un contrat à RTL. Avant de présenter ses émissions, dans le cadre de la Ligue des Champions et de l'équipe nationale, il était conscient de relever un fameux défi. Il avait notamment déclaré : " Je suis trop monocorde. Le public a une certaine image de moi et je ne veux pas changer. Disons qu'il y a des ajustements à réaliser ". Même au téléphone, sa voix s'est animée...
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Il y a un an, Georges Grün a signé un contrat à RTL. Avant de présenter ses émissions, dans le cadre de la Ligue des Champions et de l'équipe nationale, il était conscient de relever un fameux défi. Il avait notamment déclaré : " Je suis trop monocorde. Le public a une certaine image de moi et je ne veux pas changer. Disons qu'il y a des ajustements à réaliser ". Même au téléphone, sa voix s'est animée... Georges Grün : J'ai resigné pour deux saisons, jusqu'en 2006. Cela signifie que RTL est satisfait, malgré des débuts difficiles, mais je m'y étais attendu : j'ai été catapulté à ce poste sans véritable expérience ni préparation. Les critiques qui se sont abattues sur moi à ce moment étaient justifiées. Elles ne m'ont pas abattu mais stimulé. De toute façon, le football m'avait habitué aux critiques. Je les appréhende positivement. Lors des premières émissions, je n'étais pas sûr de moi, j'étais en proie à un stress terrible, qui s'emparait de ma personne plusieurs jours avant chaque émission. C'est un symptôme chez moi : j'avais les mains moites. Au fil des émissions, j'ai trouvé mes marques et maintenant, je ne subis plus que le stress du direct, juste avant de monter sur le plateau. Le direct a ses aléas : un commentaire qui n'arrive pas, un invité qui est retenu dans les bouchons ou qui se désiste en dernière minute... J'ai changé de méthode : en novembre, j'ai commencé à travailler sans prompteur. Ce fut un déclic : depuis, je suis plus naturel sur le plateau. A mes yeux, le prompteur représentait une sécurité, une forme d'aide à laquelle je me raccrochais mais en fait, je me crispais. La fin de saison a été très bien. Quand on est à l'aise, le ton, l'intonation changent. Je suis plus expressif. Mon langage gestuel n'a pas changé car je travaille avec des fiches mais cela modifie peut-être ma prestance sur le plateau. Si j'ai adopté le même ton dans la vie ? C'est possible. En observant des collègues, je me disais parfois qu'ils changeaient de ton et d'attitude devant la caméra mais en fait, ils sont les mêmes dans la vie que sur un plateau. Je suis l'Euro et j'écoute mes confrères d'une oreille. Une fois, je n'ai pas été d'accord avec Emilio Ferrera, qui était excellent chez moi. Maintenant, je réagirais alors qu'avant, je me taisais. A l'avenir, j'interviendrai, je donnerai mon avis sur une action, un individu, un joueur. Le point sur lequel je n'étais pas d'accord avec Emilio ? Lors du match d'ouverture du Portugal, il a estimé que l'entrée au jeu de Cristiano Ronaldo n'avait rien apporté alors que moi, je le trouvais important. Dans le futur, si nous procédons à des changements, ils seront légers. Peut-être opterons-nous pour des invités plus réguliers. Ces émissions, à l'occasion des matches de Ligue des Champions et de l'équipe nationale, me laissent évidemment le temps de m'adonner à d'autres activités si l'opportunité s'en présente. Il y a un an, vous en avez vu de toutes les couleurs à Genk. Pourtant, vous avez appréhendé cette expérience très positivement, refusant de penser que vous aviez perdu une saison : " J'ai beaucoup appris, au contraire. Une telle expérience vous endurcit mentalement. Jamais je n'ai baissé les bras. Cela a porté ses fruits et j'espère poursuivre sur ma lancée la saison prochaine ". C'est plutôt réussi ?Thomas Chatelle : Oui. Le scénario s'est révélé conforme à mes espoirs. Il y a un an, ce que je voulais dire, c'est que, même si mes progrès n'étaient pas visibles sur le terrain, je sentais que je m'étais amélioré mentalement, physiquement et techniquement. Dans les moments difficiles, le tout est de persévérer car les efforts finissent toujours par payer. Evidemment, il faut le montrer en match car être le meilleur à l'entraînement ne représente rien en soi. Je suis parvenu à porter l'équipe dans des moments difficiles, puisque cette saison a été pénible pour le Racing. Il est aisé d'être bon au sein d'une équipe qui tourne bien mais c'est une autre paire de manches quand le doute s'installe. Notez que le doute accompagne tout sportif. Il peut être positif s'il l'incite à se remettre en question, à condition de parvenir à l'évacuer lorsqu'on monte sur le terrain, afin de transmettre quelque chose de positif aux autres. Je reste sur une saison positive, très enrichissante, emplie aussi de bonheur puisque j'ai obtenu ma première sélection nationale mais je m'en voudrais de parler de réussite car nos résultats ne sont pas géniaux. Nous sommes quatrièmes,à une place d'une Coupe d'Europe. Sans compétition continentale, la saison de Genk n'est pas une réussite. Donc, je n'emploie pas ce terme pour moi non plus car le football est un sport collectif et mon succès dépend de celui du groupe. Une carrière se jauge aux titres qu'on a remportés. Or, la saison écoulée ne m'a pas permis d'ajouter de ligne à ma carte de visite. En engageant Gilbert Bodart, un Wallon, comme entraîneur d'Ostende, vous avez déclaré : " Il m'a convaincu. Il a une vision et il connaît la D2. Il parle aussi bien néerlandais que la princesse Mathilde ". Vous n'avez sans doute pas changé d'avis ?Eddy Vergeylen : Non. Dans l'euphorie de la montée, j'ai aussi dit qu'il avait une belle femme, ce qui ne gâchait rien, mais bon, il faut parfois donner un bon mot aux journalistes, n'est-ce pas ? (Il rit). Gilbert s'appuie sur une énorme expérience de joueur, il est vraiment très motivé, fanatique. C'est un battant, un gagneur. Il a extirpé le maximum du matériel dont il disposait. En concertation avec la direction sportive, il est en train d'étudier les renforts dont nous avons besoin. Son avis est important car c'est lui qui peut dire s'il aura l'emploi d'un joueur, si celui-ci s'intégrera bien dans l'équipe qu'il a déjà. Tout le monde le soutient, l'apprécie. Il est l'homme de la situation mais il va entraîner à un niveau supérieur, qu'il n'a pas encore connu comme entraîneur. Paul Put a propulsé Lokeren en Coupe d'Europe mais il a été limogé quand l'équipe a piétiné. Seuls les résultats comptent, en football. Gilbert Bodart s'est bien intégré à Ostende. Il y a évidemment pire que vivre à la côte... En plus, il entraîne un club familial, que je comparerais à une boutique, par rapport aux grandes surfaces que représentent des clubs comme le Standard ou Anderlecht. Peu m'importe qu'il soit wallon ou flamand. Je ne raisonne pas en ces termes. Il est belge, s'exprime très aisément en néerlandais et son expérience lui permet de s'adapter à son environnement. Comme Marc Wilmots, qui a également beaucoup de personnalité et d'expérience. Pascale Piérard