En 1987, une bombe éclate à Liège : Milan Mandaric, un milliardaire californien, est sur le point de reprendre le Standard. Son nom avait déjà circulé au FC Liégeois et même à Namur à la fin des années 70, sans investissement financier de sa part à la clef. Cette fois, l'affaire est très sérieuse. Je me renseigne auprès de son grand ami namurois, Bojo Ban. Et si on allait à sa rencontre, à San José, au coeur de la Silicon Valley ? Ce serait un beau scoop pour le magazine. Mandaric que j'ai eu au téléphone, accepte une interview...

En 1987, une bombe éclate à Liège : Milan Mandaric, un milliardaire californien, est sur le point de reprendre le Standard. Son nom avait déjà circulé au FC Liégeois et même à Namur à la fin des années 70, sans investissement financier de sa part à la clef. Cette fois, l'affaire est très sérieuse. Je me renseigne auprès de son grand ami namurois, Bojo Ban. Et si on allait à sa rencontre, à San José, au coeur de la Silicon Valley ? Ce serait un beau scoop pour le magazine. Mandaric que j'ai eu au téléphone, accepte une interview car Ban lui a parlé gentiment de moi. La rédaction me dit de foncer et je déniche deux billets ultra bon marché grâce à Sergio Kowalski, voyagiste que tous les journalistes sportifs de l'époque connaissaient. Je contacte le photographe André Baranyi : - J'ai un reportage aux Etats-Unis. On a un avion demain. Et nous voilà partis, André et moi, Bruxelles, Londres, San Francisco, le Golden Gate et Mandaric qui nous attend à l'aéroport. Rarement vu un milliardaire aussi gentil. Il a avancé sa limousine, devient notre chauffeur de taxi (photo) et m'invite à utiliser le téléphone de bord pour donner de mes nouvelles à ma famille. Ah, bon, ça marche ? Je n'avais jamais vu cela. Une autre époque, quoi. Mandaric s'informe : - Comment s'organise-t-on ? C'est simple : interview et photos aujourd'hui, on repart demain. Mandaric est soufflé, je sens les effets de l'adrénaline. L'exclu, je la tiens mais il faut y aller à fond. Nous voilà devant les bureaux d'une de ses sociétés à Palo Alto, la Sanmina Corporation. Impressionnant. Mandaric a été un des pionniers de la Silicon Valley, a connu et travaillé avec Steve Jobs, etc. Il raconte sa vie, son départ d'ex-Yougoslavie, son intérêt pour les microchips, les réseaux intégrés informatiques, etc. Son Americandream lui a permis en quelques années de donner du boulot à plus de 10.000 personnes, d'intégrer de justesse le Top 2000 des fortunes aux States. Chouette entretien que j'ai écrit durant une bonne partie de la nuit. Le lendemain matin, retour à Palo Alto pour faxer le texte. Et on ne traîne pas : déjeuner, direction aéroport, Mandaric est scié : - Venir en Californie pour quelques heures, il faut le faire. Peu importe, j'étais dans mon trip. Ce reportage m'a permis, ensuite, de suivre ce passionné de football de près au Standard (où il fut responsable sportif mais ne trouva finalement pas d'accord avec Jean Wauters et André Duchêne), à Charleroi, Nice, Portsmouth, Leicester, Sheffield Wednesday, etc. En 1994, je l'ai retrouvé chez lui, en Californie, durant la Coupe du Monde américaine : cette fois, j'y suis resté plus longtemps qu'en 1987. PAR PIERRE BILIC