A lan Haydock : " Ma décision de quitter le Brussels, je l'ai prise en mars. J'étais cuit nerveusement. Et lassé d'avoir joué les pompiers de service. Tout au long de cette campagne, je n'avais eu de cesse de prêter une oreille attentive aux doléances de mes coéquipiers. Je faisais plus dans le social que le foot. Je me suis alors dit : - Plus jamais ça. Le président, Johan Vermeersch, l'a parfaitement compris. Davantage qu'une prolongation de contrat, tu as besoin de te ressourcer, après quoi la porte, chez nous, te sera toujours ouverte, furent ses propos à mon égard. Je ne suis pas près de les oublier.
...

A lan Haydock : " Ma décision de quitter le Brussels, je l'ai prise en mars. J'étais cuit nerveusement. Et lassé d'avoir joué les pompiers de service. Tout au long de cette campagne, je n'avais eu de cesse de prêter une oreille attentive aux doléances de mes coéquipiers. Je faisais plus dans le social que le foot. Je me suis alors dit : - Plus jamais ça. Le président, Johan Vermeersch, l'a parfaitement compris. Davantage qu'une prolongation de contrat, tu as besoin de te ressourcer, après quoi la porte, chez nous, te sera toujours ouverte, furent ses propos à mon égard. Je ne suis pas près de les oublier. Comme point de chute, Tubize eut tôt fait de me traverser l'esprit. Il est vrai que j'avais déjà eu une première touche avec son patron, Raymond Langendries, quelques mois plus tôt. A l'intersaison passée, il m'avait proposé de rejoindre son club. A l'époque, j'avais dit non : je sortais d'une longue période de revalidation et j'entendais ristourner à mon employeur molenbeekois tout ce qu'il avait fait pour moi. Douze mois plus tard, vu mon investissement pour les Coalisés, j'estimais être quitte. Et je me suis mis à espérer que les Sang et Or allaient obtenir leur passe-droit pour l'élite. Car je voulais rester en D1. Pendant mes vacances en Crète, j'ai suivi le déroulement du tour final de D2 par GSM. Sans s'en douter, les joueurs de Philippe Saint-Jean avaient un très chaud partisan en pleine Méditerranée ( il rit). A mon retour, j'ai été invité par la direction. Ce coup-ci, plus rien ne s'opposait à une union. D'autant plus que sur les entrefaites, Albert Cartier avait apposé lui aussi sa signature. Le coach français est une aubaine pour moi. Mais c'est surtout un coup dans le mille pour Tubize car, pour avoir été confronté ces deux dernières années à la lutte pour le maintien, l'homme est rompu aux tâches les plus difficiles. Et la prise de contact de l'AFC au plus haut niveau du foot belge ne sera pas une sinécure. Beaucoup n'ont pas compris pourquoi il était passé de Mons à Tubize. Je crois tout simplement qu'au fond de lui-même le Vosgien est convaincu de pouvoir réaliser du bon travail ici. Il veut faire de Tubize une équipe injouable pour l'opposant et il arrivera à ses fins. Par rapport au Brussels, il a davantage voix au chapitre dans les transferts, ce qui n'est sûrement pas négligeable vu son feeling. D'autre part, compte tenu de sa présence à la barre, c'est sûr que du beau linge convergera au stade Edmond Leburton... " " Certains se demanderont peut-être pourquoi je n'ai pas signé à Zulte Waregem ou à Mons, comme j'en avais l'opportunité. C'est qu'à mes yeux, l'AFC Tubize n'est pas plus exposé aux rudes batailles pour la survie que la moitié des autres pensionnaires de D1. Dix équipes seront concernées par le maintien. Parmi elles, c'est logique, figureront les deux promus : Courtrai et nous. Mais le passé a prouvé que les montants n'étaient pas d'office condamnés. La preuve par le FC Dender et le FC Malines la saison passée. Plus loin dans le temps, Roulers et Zulte Waregem confirment la règle. C'est pourquoi je ne vois pas la raison de broyer du noir. A un mois de la reprise, le noyau pro est loin de présenter ses contours définitifs. Mais il n'y a pas lieu de paniquer non plus. Quand j'ai été transféré de Diegem Sport au RWDM, en 1995, le topo n'était guère différent. Je me souviens que pour les besoins d'un match amical à Strombeek, le coach, René Vandereycken ne disposait que de neuf joueurs. Il avait dû ratisser large pour composer un groupe de quinze et ce fut ma chance car à peine débarqué à la rue Malis, à 19 ans, j'étais bon pour le service. Je dis ça, je dis rien, mais au terme de ladite saison, Molenbeek était européen... Il faut la foi et cet état d'esprit-là, le RWDM le possédait. Et son émanation, le FC Brussels, que j'ai retrouvé en 2003 après un passage de trois ans à La Louvière était animé d'un même spirit. Ce n'est qu'au cours de la défunte campagne que tout a changé. Bien sûr, les longues indisponibilités de quelques joueurs-clés, comme Steve Colpaert ou Richard Culek nous ont joué des tours. Mais il y avait autre chose : peu de joueurs avaient encore la culture-club qui faisait la force des Coalisés. A force de repartir à zéro avec des gars issus d'horizons divers, il y avait un fâcheux déficit. Au moment de parapher mon contrat, j'ai tenu à attirer l'attention sur ce point qui aura en définitive coûté la descente au Brussels. A l'analyse, nous n'étions pas moins bien lotis que les autres. Mais la mentalité laissait à désirer. D'accord, les dirigeants ne faisaient rien pour arranger les choses. Mais j'avais déjà été confronté à la même situation autrefois et l'effectif s'en était sorti parce qu'il s'était serré les coudes ". " Un autre détail me fait songer à Molenbeek : les retrouvailles, non seulement avec Albert Cartier mais également avec mes anciens partenaires du Brussels, Michaël Jonckheere et Julien Pinelli. En attendant, qui sait, un troisième larron, Christ Bruno, qui est toujours en discussion avec les responsables. J'espère qu'un terrain d'entente pourra être trouvé car le Hennuyer est un footballeur très précieux. Avec lui, on peut franchement aller à la guerre et, qu'on le veuille ou non, c'est ce qui va nous attendre. Il faudra vraiment s'arracher et jouer avec ses tripes et qui, mieux que lui, répond à ce critère ? Si tous les Coalisés avaient fait preuve de la même détermination que lui, jamais le club n'aurait culbuté. Habitant Lembeek, non loin de Tubize, j'ai suivi attentivement, ces dernières années, l'évolution de l'AFC, passé à la six-quatre-deux des Provinciales à la D1. Son parcours n'est pas sans présenter des similitudes avec celui du Germinal Ekeren dans les années 80 et 90. Les banlieusards anversois, malgré les appréhensions, se sont inscrits dans la durée parmi l'élite. Je ne vois pas pourquoi les Sang et Or ne pourraient pas s'inspirer de cet exemple. D'autant qu'ils portent déjà les mêmes couleurs ( il rit) ". par bruno govers