L'agression de Stephen Laybutt

ThomasChatelle : Pour moi, aujourd'hui, l'accident est oublié, physiquement et mentalement. Je remonte sur le terrain sans aucune appréhension et je joue l'esprit libéré. C'est à la fois une belle victoire et un soulagement. C'est tout de même, déjà, ma troisième opération, dont la deuxième dans un laps de temps assez court. Il y a cinq ans, j'avais été opéré de l'épaule. Un an avant cet accident à Gentbrugge, j'avais été opéré d'une pubalgie. Là aussi, j'avais dû effectuer une longue rééducation et passer par des moments de souffrance avant de revenir sur le terrain. Mais cette opération-ci est sans doute celle qui a le plus marqué les esprits. Je n'en veux pas à Stephen Laybutt. Un quotidien néerlandophone aurait d'ailleurs voulu nous réunir à l'occasion d'un reportage et je n'y avais vu aucun inconvénient, mais le défenseur australien s'était désisté, pour incompatibilité d'agenda. Là où je suis plus sceptique, c'est en constatant que rien n'a évolué en matière de sanction, depuis lors. Le recours à la vidéo est toujours refusé. Les arbitres ont une tâche très délicate, et il faudrait pouvoir les aider. Certains joueurs sont tellement habiles dans l'art de simuler une faute dans le rectangle qu'il e...

ThomasChatelle : Pour moi, aujourd'hui, l'accident est oublié, physiquement et mentalement. Je remonte sur le terrain sans aucune appréhension et je joue l'esprit libéré. C'est à la fois une belle victoire et un soulagement. C'est tout de même, déjà, ma troisième opération, dont la deuxième dans un laps de temps assez court. Il y a cinq ans, j'avais été opéré de l'épaule. Un an avant cet accident à Gentbrugge, j'avais été opéré d'une pubalgie. Là aussi, j'avais dû effectuer une longue rééducation et passer par des moments de souffrance avant de revenir sur le terrain. Mais cette opération-ci est sans doute celle qui a le plus marqué les esprits. Je n'en veux pas à Stephen Laybutt. Un quotidien néerlandophone aurait d'ailleurs voulu nous réunir à l'occasion d'un reportage et je n'y avais vu aucun inconvénient, mais le défenseur australien s'était désisté, pour incompatibilité d'agenda. Là où je suis plus sceptique, c'est en constatant que rien n'a évolué en matière de sanction, depuis lors. Le recours à la vidéo est toujours refusé. Les arbitres ont une tâche très délicate, et il faudrait pouvoir les aider. Certains joueurs sont tellement habiles dans l'art de simuler une faute dans le rectangle qu'il est souvent impossible pour l'homme en noir de voir, sur le coup, s'ils se sont laissés tomber ou s'ils ont réellement été accrochés. En sanctionnant, après coup, sur base d'images vidéo, les cas de simulation manifeste qui auraient échappé à l'arbitre, les joueurs réfléchiraient à deux fois avant de retenter le coup. Idem pour les fautes ou les vilains gestes qui auraient échappé au regard de l'homme en noir ou de son assistant. ThomasChatelle : Je me souviens de Mitu lorsqu'il évoluait au Lierse. C'était un joueur créatif comme on en trouve trop peu dans le championnat de Belgique, un régal pour les yeux, une attraction pour le public. Aujourd'hui, où est-il ? Au Metallurh Donetsk ! Je pensais réellement qu'il avait tous les atouts en mains pour devenir l'un des joueurs préférés des supporters anderlechtois. Son style et son talent correspondaient parfaitement à ce que l'on attend à l'ombre de Saint-Guidon. On sait, désormais, qu'on ne le reverra probablement plus jamais au Parc Astrid, pour diverses raisons. L'une est connue : il s'agit, évidemment, du C4 que lui a adressé la direction bruxelloise après les révélations dans l'affaire des matches truqués. L'autre demeure plus mystérieuse. Car, même avant ces événements, son temps de jeu avait été pour le moins limité. Frankie Vercauteren avait sans doute ses raisons pour le maintenir sur le banc, mais je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est un beau gâchis, et une perte regrettable pour le football belge, qui a un grand besoin de joueurs de ce type. ThomasChatelle : Je me souviens du superbe premier tour qu'avaient réalisé les protégés d'Albert Cartier. Ils étaient l'une des révélations du championnat et regardaient davantage vers le haut que vers le bas du classement. Puis, le mercato est arrivé et l'exode a commencé. En avril 2005, les Loups n'étaient déjà plus que l'ombre d'eux-mêmes. C'était le début d'une descente aux enfers dont on se demande aujourd'hui où elle va s'arrêter. C'est dommage, car cette équipe avait procuré de grandes joies aux amateurs de football du Centre. La Coupe de Belgique et les deux matches de Coupe de l'UEFA contre Benfica ne datent tout de même pas de l'époque de Mathusalem. C'était en 2003 ! Avec des moyens très limités, La Louvière avait fait le maximum. Il y a rarement eu des erreurs de casting. Que ce soit dans le choix des entraîneurs, avec Ariel Jacobs ou Albert Cartier, ou dans celui des joueurs dont certains font aujourd'hui le bonheur de clubs plus huppés. Ce serait dommage que la D1 perde un club pareil. Les équipes adverses ne se déplaçaient jamais au Tivoli de gaîté de c£ur. Et pas seulement parce que les infrastructures étaient peu attractives et les vestiaires très exigus. Surtout parce qu'elles pouvaient s'attendre à une chaude réception sur le terrain. Qui, par ailleurs, était toujours en très bon état. ThomasChatelle : Je me souviens qu'Anderlecht l'avait emporté 3-2. Mais, si le Sporting visait l'accession à la Ligue des Champions, le Standard devait se contenter de la lutte pour l'UEFA. Vendredi passé, c'était carrément le titre qui était en jeu, et c'est une très bonne chose pour le football belge. Le duel entre les deux grands rivaux suscitera toujours les passions, en raison de la longue tradition. Mais, si ceux-ci sont au sommet sur le plan sportif, c'est encore mieux. Pendant des années, la lutte pour le titre avait surtout concerné Anderlecht et Bruges. Aujourd'hui, le trio historique est en train d'être reconstitué. J'espère que Genk pourra s'y mêler dans les années à venir, mais le retour du Standard au premier plan doit être salué. ThomasChatelle : Aujourd'hui, Gert Verheyen dispute ses dernières minutes dans le championnat de Belgique. Je voudrais saluer la carrière exemplaire du capitaine brugeois, mais aussi, par la même occasion, souligner qu'on assiste à la fin d'une époque du côté de la Venise du Nord. Cela avait déjà été partiellement le cas la saison dernière, avec le départ de Trond Sollied pour l'Olympiacos, et celui de plusieurs joueurs-phares, comme Timmy Simons, Peter Van der Heyden, Hans Cornelis, Nastja Ceh ou David Rozehnal : autant d'hommes qui avaient valu à Bruges d'incarner un candidat au titre pendant de nombreuses années, et de briller à maintes reprises sur la scène européenne également. La transition ne s'est pas faite sans heurt. La politique qui avait été envisagée, et qui consistait à confier les clefs de l'équipe à des anciens de la maison comme Jan Ceulemans, René Verheyen, Franky Van der Elst et Dany Verlinden, a échoué, puisque les deux premiers ont été priés de s'éclipser. Marc Degryse - également un ancien de la maison, soit dit en passant - a confié les rênes à Emilio Ferrera. Je lui souhaite bonne chance de tout c£ur. On a toujours affirmé qu'il était fait pour un club du top. Il reçoit, aujourd'hui, la possibilité de le démontrer. DANIEL DEVOS