A l'instigation de l'équipementier Reebok, soucieux de présenter sa nouvelle bottine de football Sprintfit, une quarantaine de jeunes Européens passionnés du ballon rond furent invités la semaine passée à Londres pour un meet and greet avec les trois grandes locomotives de la marque : Andriy Shevchenko, Thierry Henry et Iker Casillas. Pour la Belgique, cet honneur échut à Ruud Vermaelen (18 ans) et Gerard Leus (19). Après un clinic organisé par Tony Carr, responsable de la Football Academy of West Ham United, le duo eut l'occasion, en notre compagnie, de s'entretenir avec chacun des joueurs. La semaine prochaine, dans ces colonnes, nous reproduirons l'interview de Titi. Dans l'immédiat, honneur à Sheva ainsi qu'au gardien titulaire du Real Madrid (v.p. 62).
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A l'instigation de l'équipementier Reebok, soucieux de présenter sa nouvelle bottine de football Sprintfit, une quarantaine de jeunes Européens passionnés du ballon rond furent invités la semaine passée à Londres pour un meet and greet avec les trois grandes locomotives de la marque : Andriy Shevchenko, Thierry Henry et Iker Casillas. Pour la Belgique, cet honneur échut à Ruud Vermaelen (18 ans) et Gerard Leus (19). Après un clinic organisé par Tony Carr, responsable de la Football Academy of West Ham United, le duo eut l'occasion, en notre compagnie, de s'entretenir avec chacun des joueurs. La semaine prochaine, dans ces colonnes, nous reproduirons l'interview de Titi. Dans l'immédiat, honneur à Sheva ainsi qu'au gardien titulaire du Real Madrid (v.p. 62). Andriy Shevchenko : Oleg Blokhine. C'était la star du Dynamo Kiev, le club où j'ai été formé moi-même, autrefois, sous les ordres de l'entraîneur Valeri Lobanovsky. Si je suis devenu un jour attaquant, c'est grâce à Blokhine, qui a toujours fait figure d'exemple à suivre pour moi. Et si j'ai fait carrière, je le dois à Lobanovsky, qui m'a formé et secondé comme nul autre. Après avoir remporté la Ligue des Champions 2003 avec l'AC Milan, en transformant le tir au but décisif, mon premier souci en rentrant chez moi au pays fut de déposer le trophée sur la tombe de mon ancien entraîneur. C'était son rêve de le rafler un jour mais malheureusement la mort l'a emporté avant qu'il ait pu goûter à cet honneur. Je me disais que là-haut, il se consolerait peut-être en voyant que l'un de ses élèves l'avait gagné et songeait toujours à lui. Non, pour la bonne et simple raison qu'on ne peut comparer que ce qui est comparable. J'ai travaillé pendant treize ans avec Lobanovsky, il est donc tout à fait normal qu'il ait davantage influé sur moi que Mourinho, que je côtoie depuis quelques mois seulement à Chelsea. Entre les deux, il y a Ancelotti, qui m'a dirigé l'espace de cinq années, entre 2001 et 2006 chez les Rossoneri. Pour émettre un jugement pertinent, il faudrait que je m'inscrive dans la durée aussi, à présent, avec Mourinho. C'est possible, dans la mesure où il me reste un contrat de trois ans. Mais reste à voir si lui sera toujours là à ce moment. Dans l'immédiat, il m'est donc difficile de répondre à votre question. Mais si vous me la reposez dans trois ans, je pourrai peut-être faire une petite comparaison avec Ancelotti. Mais pas avec Lobanovsky car il aura toujours des années d'avance ( il rit). Pippo m'a rejoint à Milan en 2001 et j'ai donc passé cinq saisons à ses côtés. Il va de soi que toutes ces années engendrent une complicité qui n'est pas la même qu'avec Drogba, que je n'ai appris à connaître que cette saison. Inzaghi a beau avoir joué pas mal de temps avec moi, ma collaboration était plus pointue encore avec Sergyi Rebrov. Mais quoi de plus normal, en ce sens que jusqu'à mon départ pour l'Italie, en 1999, j'ai formé durant plus d'une décennie un duo offensif avec lui, non seulement au Dynamo Kiev mais également en sélection ukrainienne. Une aussi longue période tisse des liens indéfectibles. Je l'ai vérifié ensuite, dans une autre mesure, avec Pippo. J'espère qu'il en ira de même avec Drogba mais, en raison de notre âge, on n'égalera jamais le record des années que j'ai disputées avec Rebrov. J'ai probablement eu la chance de rejoindre les Rossoneri au bon moment. C'était durant l'été 1999, qui était une année creuse puisqu'il n'y avait ni phase finale d'une Coupe du Monde ni de Championnat d'Europe des Nations. J'ai donc pu me préparer de façon optimale et le reste, sous forme de buts, a suivi : 24, d'emblée, au terme de ma première campagne à San Siro. C'était cinq de plus que mon meilleur score de tous les temps au Dynamo Kiev, en 1999. En ce qui concerne mon passage au sein du football anglais, il s'est produit l'année passée après une très longue saison, ponctuée par une participation de mon pays à la Coupe du Monde en Allemagne. Je n'étais donc pas aussi frais au moment où j'ai débarqué à Chelsea. Et j'ai longtemps traîné cette fatigue en raison du contexte typique du jeu aux Iles. En Italie, à peu de choses près, on se prépare en fonction d'un match par semaine, hormis les soirées européennes. Ici, j'ai appris ce que signifiait réellement une semaine anglaise ( il rit). C'est bien simple, on joue tout le temps. Et jamais pour du beurre. Toutes les compétitions, qu'il s'agisse du championnat, de la Cup ou de la Coupe de la League sont prises avec sérieux. Et j'en viendrais presque à oublier la Ligue des Champions. Tous ces facteurs ont contribué à une mise en train laborieuse. Ce n'est que depuis le début de cette année que je me sens revenir peu à peu à mon meilleur niveau. La presse en a fait état mais cette pensée ne m'a jamais effleuré. Je ne suis pas du genre à m'avouer facilement vaincu. Et Michael Ballack est coulé dans le même moule. Lui aussi a été la cible des critiques durant des mois mais il a continué à travailler dur à l'entraînement. Aujourd'hui, il en est récompensé aussi sous la forme de bonnes performances. Nous avons la chance, lui et moi, de retrouver toutes nos sensations à un moment crucial de la saison puisque d'ici au 23 mai, les prix seront distribués dans les différentes épreuves du calendrier. Nous en avons déjà remporté un, la Coupe de la Ligue, face à Arsenal, le 25 février passé. Personnellement, il me plairait d'en engranger trois autres : championnat, Cup et Ligue des Champions. Les Reds, c'est d'abord un très mauvais souvenir à effacer. Je n'ai toujours pas oublié qu'il y a deux ans, en finale de cette compétition, nous avions dû nous incliner face à cette équipe. De surcroît, j'avais cette fois loupé le tir au but décisif après que Vladimir Smicer eut porté les siens aux commandes : 2-3. C'était d'autant plus navrant que la victoire n'aurait jamais dû nous échapper ce soir-là, à Istanbul. Chacun se souviendra très certainement que nous menions 3-0 à la mi-temps avant que Liverpool ne revienne à notre hauteur en deuxième mi-temps avant de s'imposer, finalement, à partir du point de penalty. Dans ces conditions, il va sans dire que j'aspire à une revanche. Mais les Reds ne sont pas des clients. Surtout dans une épreuve à élimination directe. Cette saison, ils n'ont peut-être pas toujours répondu présent en championnat, même s'ils ont livré quelques matches d'anthologie dans ce cadre. Je songe par exemple à leur récent 4-1 contre Arsenal. En revanche, ils se subliment toujours en Coupe. Ils l'ont prouvé contre nous en Turquie et en ont encore donné un aperçu, cette année, contre le FC Barcelone. La manière dont ils ont joué au Barça, c'était du très grand art. Il faudra être vraiment très fort pour les battre. Le nouveau stade de Wembley n'aurait évidemment pu rêver de plus belle affiche que celle entre les deux premiers du championnat pour son inauguration officielle devant 90.000 personnes. A mes yeux, nos chances sont égales. En championnat, Manchester United possède toujours un petit avantage mais il n'est pas interdit de penser que nous pouvons coiffer les Red Devils sur le poteau. Nous avons des ressources, comme nous l'avons démontré à plus d'une reprise déjà, cette saison, en nous imposant in extremis dans pas mal de confrontations. Cette capacité de s'imposer sur le fil sera peut-être notre atout, aussi, dans une compétition de longue haleine comme le championnat. Je vise la passe de quatre en tout cas. J'aurai près de 36 ans à ce moment-là. Ce serait franchement beau d'y arriver mais, pour un attaquant, c'est un âge canonique. Au fond de moi-même, j'espère toujours jouer à ce moment. Mais sera-ce toujours au sommet, that's the question ( il rit). L'important, ce n'est pas mon propre sort, de toute façon. Ce qui est formidable, dans ce cas de figure précis, c'est que deux pays, qui ne sont jamais entrés en considération pour la mise sur pied d'un grand tournoi, ont l'occasion maintenant de prendre la balle au bond. Je suis mal placé pour parler de la Pologne, que je ne connais guère, mais je suis d'ores et déjà certain de l'impact bénéfique que cette manifestation aura dans mon pays. Tout d'abord en ce qui concerne les infrastructures. Les stades de Lvov, Odessa et Kharkov vont être modernisés et une enceinte flambant neuve sera construite à Dniepropetrovsk. Et c'est bien connu qu'une modernisation d'un outil de travail entraîne un nouvel essor pour ceux qui l'utilisent. D'autre part, l'organisation de l'Euro 2012 va booster l'économie du pays. C'est du pain béni. Si je ne vis pas l'événement comme joueur, c'est sûr que je le vivrai comme spectateur. L'Ukraine est et restera toujours ma patrie. Même si mes années italiennes m'ont marqué elles aussi. La qualité de la nourriture. Une pizzeria anglaise ne soutient pas la comparaison avec une italienne, c'est sûr. En revanche, les restos japonais et indiens sont meilleurs. J'y vais de temps en temps. Je me suis mis assidûment au golf également. Mon handicap est descendu à 7. Je commence à faire partie des meilleurs de l'équipe, comme au foot ( il rit). par bruno govers - photo: reporters