Devenu patron du plus ancien club de Hongrie, Roderick Duchâtelet a été confronté à quelques mauvaises surprises. " A tous les niveaux, le club était plus bas que nous le pensions. Après la reprise, l'ancien manager général a continué à signer des contrats antidatés avec des sociétés offshore. Elles nous ont réclamé des millions. Nous avons dû mettre l'ancienne société en faillite pour repartir de zéro. Non sans sacrifices : nous avons gagné la Coupe de Hongrie mais suite au changement de société, nous avons été considérés comme un autre club et privés de l'Europa League. "
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Devenu patron du plus ancien club de Hongrie, Roderick Duchâtelet a été confronté à quelques mauvaises surprises. " A tous les niveaux, le club était plus bas que nous le pensions. Après la reprise, l'ancien manager général a continué à signer des contrats antidatés avec des sociétés offshore. Elles nous ont réclamé des millions. Nous avons dû mettre l'ancienne société en faillite pour repartir de zéro. Non sans sacrifices : nous avons gagné la Coupe de Hongrie mais suite au changement de société, nous avons été considérés comme un autre club et privés de l'Europa League. " Duchâtelet essaie maintenant de faire ce pour quoi il a repris le club en octobre 2011. " Installer une base de notre réseau en Hongrie car c'est un pays très intéressant, qui a une longue tradition footballistique. Toutefois, chaque compétition a ses particularités et, au début, nous avons commis des erreurs sportives. Depuis, nous connaissons mieux le marché local et nous effectuons de meilleurs transferts. Progressivement, nous créons une plus-value. " Cette semaine, les autorités entament la rénovation du stade Szusza Ferenc, qui répondra aux normes UEFA B. L'arène sera prête en avril. " Elle comprendra un bloc VIP, un grand café avec une cuisine plus saine, une boutique et un bloc sanitaire pour les supporters. " La capacité reste à 13.500 places, ce qui est plus que suffisant. " Nous avons le meilleur terrain du championnat ", affirme Duchâtelet. " Après l'EURO U19, l'UEFA nous a même complimentés. " Il nous pilote à travers l'espace sportif, dans les catacombes. Sauna, jacuzzi, bain de glace, vaste salle de fitness, médecin à temps plein. " Beaucoup de clubs belges de D1 se contentent de moins ", précise l'ancien actionnaire du Germinal Beerschot. " Tout est mis en oeuvre pour faire progresser les joueurs mais sans luxe. " Deux compatriotes sont côte à côte dans le vestiaire : Kylian Hazard (20 ans) et Jonathan Heris (25 ans). " Quand nous avons pris des renseignements sur Kylian en Belgique, on nous a dit qu'il ne valait rien mais il n'avait que 19 ans. Ici, il peut être lui-même, travailler en toute tranquillité à son talent, qui est réel. Il a été très bon contre Debrecen mais il manque encore de régularité. Quand il y aura remédié, il ne s'attardera pas ici. Jonathan, lui, vient de Tubize. Il a déjà éveillé l'intérêt de quelques clubs belges de D1 mais il a une amie hongroise et a décidé de rester chez nous. " Ils vivent au foyer des joueurs. C'est un bloc peint en mauve et blanc, à cinq minutes du stade. Il comporte seize appartements. " La concierge et quinze joueurs y résident. Nous mettons un appartement à la disposition de nos joueurs ainsi qu'une Polo par quatre footballeurs. Ça stimule l'interaction et l'intégration des joueurs comme de leurs femmes. " Il nous montre la terrasse, la piscine et les espaces de jeux. L'immeuble est proche d'un supermarché. " S'ils veulent faire la fête, je préfère qu'ils la fassent ici ", rit-il. " Nous avons un projet similaire en ville mais il est réservé aux joueurs plus anciens, qui mènent une vie familiale stable. " C'est aussi un projet social, dans un quartier ouvrier au taux de chômage élevé, suite à la détérioration des vieilles usines. " L'immeuble était en ruines. Les supporters ont tout reconstruit en trois mois. Des hommes qui se sont fait tatouer Ujpest FC dans le cou ou sur le front. Ils se sont permis quelques fantaisies, comme l'éclairage mauve mais je le leur grée bien. " Le noyau dur d'Ujpest n'est pas composé d'enfants de choeur. " Il est important de communiquer avec eux. " Duchâtelet rappelle le passé communiste de la Hongrie. " Jadis, le football était leur seule soupape, le seul endroit où les gens pouvaient être eux-mêmes. Maintenant, le football devient un événement familial. Genk constitue un exemple à suivre. " Ujpest vise le top trois mais son début de saison a été pénible et il est sixième sur douze. A cause d'un changement de règlement. " Nous ne pouvons offrir de contrat qu'à sept étrangers et ils ne peuvent jamais être plus de trois sur le terrain en même temps. La répartition des droits TV nous encourage à aligner des U20 hongrois. Nous avons donc dû chercher des Hongrois de bon niveau en vitesse. D'autres clubs étaient mieux préparés. " Ujpest dépendait de la coupole omnisports pour l'éclosion des jeunes. Il possède maintenant ses propres équipes U17 et U19. Le club a acquis une vaste maison qui abrite les neuf plus grands talents. Duchâtelet a aussi acquis une installation sportive de 44.000 mètres carrés qui appartenait à une entreprise pharmaceutique. " Nous allons aménager quatre terrains. Le concierge de la maison est cuisinier. C'est important car il faut apprendre aux jeunes Hongrois à vivre sainement, pour leur sport. Ils sont en retard sur les autres Européens. Le monde politique veut d'ailleurs éloigner les jeunes de la rue grâce au sport. On construit des stades et on a dû aménager 200 terrains en un an. Le pays est dynamique. Le stade ultra moderne de Ferencvaros a été prêt en un an, de la décision à l'inauguration. Ici, ça bouge. Ainsi, la fédération a fait appel au Double Pass belge pour améliorer le fonctionnement des écoles de jeunes. " PAR CHRISTIAN VANDENABEELE A BUDAPEST - PHOTO BELGAIMAGE