En accédant vendredi aux demi-finales de ce quatorzième championnat d'Europe des moins de 17 ans organisé par l'UEFA, nos U17 se sont payé le luxe de déjouer les pronostics les plus optimistes de début de tournoi. Encore hésitante en préparation, la jeune bande de Bob Browaeys s'est sans doute découvert sa principale qualité sur les bords de la mer Noire : celle d'un groupe réceptif capable de se sublimer quand l'effervescence d'un tournoi pointe le bout de son nez.
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En accédant vendredi aux demi-finales de ce quatorzième championnat d'Europe des moins de 17 ans organisé par l'UEFA, nos U17 se sont payé le luxe de déjouer les pronostics les plus optimistes de début de tournoi. Encore hésitante en préparation, la jeune bande de Bob Browaeys s'est sans doute découvert sa principale qualité sur les bords de la mer Noire : celle d'un groupe réceptif capable de se sublimer quand l'effervescence d'un tournoi pointe le bout de son nez. C'est en tout cas l'impression laissée depuis l'entame de ce tournoi par une bande de gamins aussi cools qu'ambitieux. 18 post-ados partis en Bulgarie pour apprendre, mais qui prennent un malin plaisir à gérer les moments les plus délicats d'un match avec un aplomb étonnant. On l'a constaté, un brin circonspect, lors d'un premier tour où la Belgique a su passer outre la leçon de réalisme allemand (0-2) pour enchainer avec deux prestations et autant de victoires contre la République tchèque (3-0) et la Slovénie (1-0). Des victoires construites au détour de chemins parfois imprévus. Bob Browaeys nous avait avoué avant le tournoi ne pas vouloir " se faire battre par le résultat ". Sous- entendu : la Belgique était là pour mettre à l'épreuve sa philosophie de formation. Celle-là même qui avait permis aux U17 de composter leur ticket pour la Bulgarie. Un discours prudent qui n'omettait cependant pas de mentionner l'autre objectif de l'aventure : une qualification pour la Coupe du monde des moins de 17 ans qui se tiendra au Chili à l'automne. A l'heure des premiers bilans, il est réjouissant de se dire que les Diablotins verront bien Santiago. Ce qui a surpris, c'est l'évolution dans le jeu des Diables. Joueuse et naïve contre l'Allemagne, la Belgique a finalement, et Bob Browaeys nous l'avoua, " appris à gérer le résultat " dans ce tournoi. Un choix forcé, mais pas contre nature, qui allait révéler la force d'un groupe capable de changer ses plans. Quitte à légèrement dévier de ses principes de jeu. Les Diables n'ont pas failli, ils ont simplement accepté de grandir pour ne pas mourir. Une décision censée qu'il serait abscons de leur reprocher. Tactiquement au point, mais techniquement un peu en dessous des tout meilleurs, cette génération de Diables ne ressemble pas forcément à la précédente. En 2007, le Championnat d'Europe avait sacré l'Espagne de Bojan Krkic, mais salué l'avènement d'une graine de star, Eden Hazard. À ses côtés, Christian Benteke, Nill De Pauw ou Guillaume François, mais aussi une pléiade d'apprentis footballeurs aujourd'hui reconvertis, souvent par défaut, sur le marché du travail. En 2015, et même si un Ismail Azzaoui concourra certainement en bonne place pour le titre de Golden Player octroyé par l'UEFA, c'est à la naissance d'un groupe que les observateurs attentifs de cet EURO U17 viennent d'assister. Prémonitoires, les premiers mots de Nelson Azevedo-Janelas - arrière gauche de formation (!) - le seront peut-être un jour : " C'est excitant, parce que c'est l'EURO, mais pour nous tous, ce n'est qu'un début. " PAR MARTIN GRIMBERGHS, EN BULGARIEIsmail Azzaoui concourra certainement en bonne place pour le titre de Golden Player octroyé par l'UEFA.