Max Merkel ne se tracasse même pas. Au printemps 1966, l'entraîneur autrichien est bien parti pour écrire une page d'histoire avec le TSV Munich 1860. À l'haleine de Hans Küppers et Rudi Brunnenmeier, il comprend que la nuit a été longue mais il sait que, le week-end, il pourra compter sur ses deux stars. Il adore Küppers, le cerveau, et Brunnenmeier, le meilleur buteur, et aime terminer l'entraînement par un petit match : " Les meilleurs clients du bistrot Zwickmühle face aux casaniers. " Une demi-heure plus tard, sourire aux lèvres, il annonce : " Les alcooliques l'ont emporté 8-1 ! Je l'ai toujours dit : continuez à boire ! "

Merkel avait franchi pour la première fois la porte du Städtisches Stadion à la Grünwalder Strasse en 1961 et rien ne l'avait impressionné. L'équipe était très moyenne, le club n'était pas bien organisé et il n'y avait pas beaucoup d'argent. Jusqu'à ce que, au milieu des années '60, le président Adalbert Wetzel, hypothèque sa maison et fasse de Munich 1860 un des clubs les plus puissants du football allemand. Merkel et lui s'entendaient comme larrons en foire.

Plus jeune, en traversant l'Amérique du Sud, Wetzel a été attaqué à la machette par un indien. Merkel, lui, était un meneur d'hommes. Le terme people manager n'existait pas encore mais lui aurait parfaitement convenu. Il laissait son gardien, PetarRadenkovic, commettre tous les excès et il rigolait quand celui-ci chantait " Bin i Radi, bin i König " (" Je suis Radi, je suis le roi "). Mais le dimanche après-midi, le gardien yougoslave arrêtait tout.

Küppers battait la mesure et son compère Brunnenmeier marquait les yeux fermés. C'est lui qui a fait 2-0 en finale de la Coupe d'Allemagne 1964, face à l'Eintracht Francfort. Un an plus tard, il avait été sacré meilleur buteur de Bundesliga (24 buts). La finale de la Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe 1965 face à West Ham s'est moins bien passée (défaite 2-0) mais en 1966, c'était lui qui offre aux Löwen leur premier (et seul) titre de champion d'Allemagne.

Cette saison-là, le Bayern ne termine que troisième et en 1967 aussi, il termine derrière Sechzig ('60), deuxième. Le président Wetzel avertit son rival. " Attention Bayern, nous risquons de vous démolir. " Deux ans plus tard, en 1969, le Bayern décrochait son premier titre en Bundesliga. Le début d'un règne qui dure toujours.

1860, lui, est rentré dans le rang et doit se contenter d'une place dans l'ombre du grand frère, avec qui il devait partager, contre son gré, l'Olympiastadion et l'Allianz Arena. Celle-ci coûtait trop cher mais les fans restaient fidèles. Lors de la dernière journée de la saison 2016/17, alors que le club luttait pour son maintien en D2, plus de 40.000 spectateurs se pressaient à l'Allianz Arena.

Dix jours plus tard, ils étaient 62.200 à assister à la défaite contre Jahn Regensburg, qui précipitait le club en D3. Qui plus est, le propriétaire jordanien, Hasan Ismaik, refusait de payer la caution de onze millions. Le club chutait donc encore d'un étage. Mais le fait de jouer en Regionalliga Bavière a un avantage : Sechzig a pu réintégrer le stade de la Grünwalder Strasse. Il retrouve ainsi ses racines. Comme les supporters le disaient après le titre en D4 (2018) : " Quitte à mourir, autant que ce soit chez nous. "

TSV 1860 Munich

Fondation

17 mai 1860

Ville

Munich (1.470.000 habitants)

Couleurs

bleu-blanc

Stade

Städtisches Stadion an der Grünwalder Strasse (15.000)

Max Merkel ne se tracasse même pas. Au printemps 1966, l'entraîneur autrichien est bien parti pour écrire une page d'histoire avec le TSV Munich 1860. À l'haleine de Hans Küppers et Rudi Brunnenmeier, il comprend que la nuit a été longue mais il sait que, le week-end, il pourra compter sur ses deux stars. Il adore Küppers, le cerveau, et Brunnenmeier, le meilleur buteur, et aime terminer l'entraînement par un petit match : " Les meilleurs clients du bistrot Zwickmühle face aux casaniers. " Une demi-heure plus tard, sourire aux lèvres, il annonce : " Les alcooliques l'ont emporté 8-1 ! Je l'ai toujours dit : continuez à boire ! " Merkel avait franchi pour la première fois la porte du Städtisches Stadion à la Grünwalder Strasse en 1961 et rien ne l'avait impressionné. L'équipe était très moyenne, le club n'était pas bien organisé et il n'y avait pas beaucoup d'argent. Jusqu'à ce que, au milieu des années '60, le président Adalbert Wetzel, hypothèque sa maison et fasse de Munich 1860 un des clubs les plus puissants du football allemand. Merkel et lui s'entendaient comme larrons en foire. Plus jeune, en traversant l'Amérique du Sud, Wetzel a été attaqué à la machette par un indien. Merkel, lui, était un meneur d'hommes. Le terme people manager n'existait pas encore mais lui aurait parfaitement convenu. Il laissait son gardien, PetarRadenkovic, commettre tous les excès et il rigolait quand celui-ci chantait " Bin i Radi, bin i König " (" Je suis Radi, je suis le roi "). Mais le dimanche après-midi, le gardien yougoslave arrêtait tout. Küppers battait la mesure et son compère Brunnenmeier marquait les yeux fermés. C'est lui qui a fait 2-0 en finale de la Coupe d'Allemagne 1964, face à l'Eintracht Francfort. Un an plus tard, il avait été sacré meilleur buteur de Bundesliga (24 buts). La finale de la Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe 1965 face à West Ham s'est moins bien passée (défaite 2-0) mais en 1966, c'était lui qui offre aux Löwen leur premier (et seul) titre de champion d'Allemagne. Cette saison-là, le Bayern ne termine que troisième et en 1967 aussi, il termine derrière Sechzig ('60), deuxième. Le président Wetzel avertit son rival. " Attention Bayern, nous risquons de vous démolir. " Deux ans plus tard, en 1969, le Bayern décrochait son premier titre en Bundesliga. Le début d'un règne qui dure toujours. 1860, lui, est rentré dans le rang et doit se contenter d'une place dans l'ombre du grand frère, avec qui il devait partager, contre son gré, l'Olympiastadion et l'Allianz Arena. Celle-ci coûtait trop cher mais les fans restaient fidèles. Lors de la dernière journée de la saison 2016/17, alors que le club luttait pour son maintien en D2, plus de 40.000 spectateurs se pressaient à l'Allianz Arena. Dix jours plus tard, ils étaient 62.200 à assister à la défaite contre Jahn Regensburg, qui précipitait le club en D3. Qui plus est, le propriétaire jordanien, Hasan Ismaik, refusait de payer la caution de onze millions. Le club chutait donc encore d'un étage. Mais le fait de jouer en Regionalliga Bavière a un avantage : Sechzig a pu réintégrer le stade de la Grünwalder Strasse. Il retrouve ainsi ses racines. Comme les supporters le disaient après le titre en D4 (2018) : " Quitte à mourir, autant que ce soit chez nous. "