Les spams, vous connaissez ? Ce sont ces e-mails indésirables qui inondent votre courrier électronique. La semaine passée, l'un d'eux était particulièrement vachard pour Anderlecht et Bart Goor plus précisément. Il représentait le médian du Sporting affublé d'un maillot d'où le logo du partenaire Fortis avait cédé la place à Zéro, un chocolat bien connu. A la vue de l'image imprimée, le numéro 14 des Mauves n'avait pu réprimer un petit sourire.
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Les spams, vous connaissez ? Ce sont ces e-mails indésirables qui inondent votre courrier électronique. La semaine passée, l'un d'eux était particulièrement vachard pour Anderlecht et Bart Goor plus précisément. Il représentait le médian du Sporting affublé d'un maillot d'où le logo du partenaire Fortis avait cédé la place à Zéro, un chocolat bien connu. A la vue de l'image imprimée, le numéro 14 des Mauves n'avait pu réprimer un petit sourire. Bart Goor : Ce sont des blagues de circonstance, qu'il faut pouvoir encaisser sans sourciller. Vous voulez que je vous en raconte une autre ? Que font les joueurs d'Anderlecht après avoir marqué un but en Ligue des Champions ? Réponse : Ils éteignent leur PlayStation. Pas de problèmes avec cet humour... J'espère que d'autres clichés circulent avec des coéquipiers revêtus de la même vareuse (il rit). D'un côté, j'ai conscience de traverser une mauvaise passe. Depuis ma blessure à l'épaule contre le Club Bruges, je ne suis plus tout à fait moi-même. Même si, pour le moment, je reprends du poil de la bête. Pour le reste, cette absence de points sur la scène européenne fait mal. A notre décharge, je dirai que nous n'avons pas hérité du groupe le plus simple. Chelsea, Liverpool et Séville, c'est du costaud. Il n'est pas anormal que ces clubs nous devancent au bout des poules. En cours de route, on n'en rêve pas moins de l'un ou l'autre coups d'éclat. Voici cinq ans, nous y étions quand même parvenus, sur notre terrain, contre Manchester United, la Lazio et le Real Madrid entre autres. Cette fois, nous n'aurons pas même eu cette consolation. C'est dommage. Je ne partage pas tout à fait cette opinion. Pour moi, les Reds que nous avons rencontrés cette saison ne sont pas plus forts que la bande à Roy Keane autrefois. Et il n'y a pas photo non plus entre le Real Betis et son homologue madrilène. La preuve par la place occupée par les Sévillans dans les tréfonds de la Liga. S'il y a un contraste, d'une époque à l'autre, elle concerne plutôt le Sporting. Je ne prétends pas que le groupe actuel est plus faible, intrinsèquement, que celui de 2000-2001, mais on est moins soudés. A l'époque, un onze de base avait eu tôt fait de se dessiner et c'est à partir de ses composantes et de l'apport de quelques doublures de luxe, comme Alin Stoica par exemple, que nous avions tenu la distance, aussi bien à l'échelon international que sur la scène belge. Nous étions parfaitement rodés et chacun savait à quoi s'en tenir, à tout moment, sur le terrain. A présent, c'est différent. Non seulement le système varie, mais également les hommes. La rotation, c'est un concept ancré solidement à l'étranger. J'ai joué pendant trois ans au Hertha Berlin, où ce système était d'application, et personne n'y trouvait à redire. Dès l'instant où, comme au Sporting, on a envie de se distinguer sur trois tableaux, il est logique de faire souffler l'un ou l'autre. A Westerlo, dernièrement, j'ai dû céder ma place, au même titre que d'autres l'avaient fait dans des circonstances antérieures. A partir du moment où tout le monde est logé à la même enseigne, il n'y a pas de quoi en faire un plat. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que tous les joueurs y sont passés, puisque le roulement était valable aussi pour les gardiens en début de campagne. Ce qui perturbe plus, ce sont les modifications tactiques. Quand, en 2000-2001, nous avions engrangé nos plus beaux succès, tant en Ligue des Champions qu'en Belgique, c'était sur base d'un 4-4-2 très souple. Depuis le départ de la campagne actuelle, il y a déjà eu pas mal de variantes : 4-4-2, 3-4-3 et 3-5-2. Avec, la plupart du temps, d'autres éléments pour l'animer. La question que je me pose est de savoir si toutes ces modifications ne sont pas trop nombreuses pour un noyau qui n'en est qu'au début de son processus d'apprentissage. Personnellement, je n'ai pas l'impression qu'on est tous capables d'emmagasiner autant de matière. S'il entendait par là la faculté de résoudre tel ou tel problèmes dans l'une ou l'autre situations, je ne peux pas lui donner tout à fait tort. Il ne faut quand même pas oublier qu'à un moment donné, le Sporting a évolué avec l'arrière-garde la plus jeune de toutes les formations engagées en Ligue des Champions : Silvio Proto, Anthony Vanden Borre, Mark De Man, Lamine Traoré et Olivier Deschacht. Dans ces conditions, il n'est pas anormal de manquer de repères. Moi-même, j'avais 27 ans lorsque je suis entré en Ligue des Champions avec Anderlecht. Et malgré toute mon expérience, j'ai été étouffé par le rythme lors du premier déplacement à Old Trafford. Dès lors, je me mets à la place des jeunes qui ont encore tout à découvrir. A priori, s'ils sont amenés à devoir s'exprimer à plusieurs places comme Mark De Man, par exemple. Ceci dit, je comprends aussi les motivations de l'entraîneur. Lorsque Vincent Kompany ou Hannu Tihinen manquent à l'appel, la titularisation de Mark en défense coule de source. D'autre part, si du volume de jeu s'impose dans la ligne médiane, il songe au même joueur comme il en a été au Slavia Prague. Il n'empêche : c'est peut-être beaucoup pour un seul homme à un stade précoce de son développement. Un ensemble de circonstances. J'étais tellement heureux de revenir au Parc Astrid après l'entame de saison mouvementée que j'avais connue à Feyenoord, que j'ai passé la surmultipliée dès mon arrivée. Peut-être ai-je même présumé de mes forces. Mais je voulais absolument disputer la Ligue des Champions et c'est la raison pour laquelle j'étais l'un des Sportingmen les plus affûtés à l'heure des premières échéances. Olivier éprouvait lui aussi, à ce moment-là, de bonnes sensations. Il en résultait que le flanc gauche de l'équipe était particulièrement percutant. Sur l'autre flanc, par contre, c'était un peu plus laborieux avec Anthony qui éprouvait encore des difficultés à entrer de plain-pied dans ses matches et Christian Wilhelmsson qui cherchait en vain la bonne carburation. Depuis, la donne a tout à fait changé : Oli et moi avons traversé une période de turbulences alors que l'autre aile pétait des flammes. D'ailleurs, la plupart des buts inscrits ces dernières semaines étaient la conséquence d'une élaboration à droite. Je me fais fort toutefois que tout s'équilibrera un jour et que les deux côtés seront alors des plus performants. Pour être souverain, il faut faire preuve de maîtrise partout. Or, chaque secteur a eu sa part de flottement. Notre attaque n'a pas toujours été à la hauteur à l'extérieur, l'entrejeu ne s'est guère signalé non plus par une mainmise de tous les instants et le secteur défensif n'a pas donné non plus tous les signes d'apaisement. Tous ces petits manquements alignés à la suite expliquent sans doute pourquoi nous n'avons pas encore pris nos distances à l'échelon belge. En Europe, les grands sont sans pitié : ils se contentent du minimum mais, dans le même temps, ils ne nous donnent pas la moindre occasion de développer notre football et, encore moins, de marquer. Nous, en revanche, sommes beaucoup trop bonasses. Nous sommes trop coulants dans le jeu et nous manquons d'intransigeance derrière. Ce laxisme n'est pas seulement perceptible en Ligue mais aussi en Belgique. C'est fou, par exemple, le nombre de buts que nous encaissons sur des phases arrêtées. Pourtant, ce n'est pas faute d'exercices à l'entraînement. Mais, en match, on accuse un déficit en matière de rigueur. Je jette la pierre aux défenseurs et à la ligne médiane : on ne met pas le pied. Nous sommes tous trop mous. Dix fautes sur l'ensemble du match, contre Chelsea : c'est normal qu'il n'y ait pas eu combat. Un peu plus de hargne serait une bonne chose. Et, aussi, la faculté de faire la faute au moment approprié. En fin de match, Michael Essien et ses coéquipiers se sont retrouvés pour la toute première fois hors position suite à une balle perdue. Et qu'a fait le Ghanéen ? Un petit accrochage, synonyme de faute légère, afin que chacun de ses partenaires reprenne sa place. Chez nous, dans le même cas de figure, l'action se poursuivait. Avec toutes les conséquences fâcheuses que l'on devine. Je me dis d'abord qu'on ne commettra pas éternellement des péchés de jeunesse. Tôt ou tard, la rigueur sera là. J'ai le sentiment aussi qu'en prévision de 2006, le club a bien anticipé. Avec Roland Juhasz, il a recruté un défenseur sobre, qui s'annonce comme le digne successeur de Tihinen. En la personne de Nicolas Frutos, le RSCA a même fait coup double selon moi. A l'entraînement, l'Argentin fait bonne impression en tant que point d'ancrage devant. C'est un garçon qui pèse sur une défense et présente la particularité de bien conserver le ballon dans l'attente de l'appui de ses partenaires. Et, ce qui ne gâte rien non plus, il est grand et très fort de la tête. Non seulement sur le plan offensif mais défensif aussi. Je ne prétends pas que c'est le nouveau Jan Koller mais il y a quand même des similitudes. Jantje n'avait pas son pareil pour soulager la défense en prenant position dans nos 16 mètres sur toutes les phases arrêtées. A l'époque, neuf fois sur dix, c'est lui qui, d'un heading vigoureux, déviait tous les ballons destinés au petit carré. Il n'y avait pas plus précieux pour alléger le travail de l'arrière-garde. Nico est un peu du même type. Je pense qu'il nous sera d'un concours précieux dans les mêmes circonstances. Sans compter que son front puissant devrait nous valoir de temps à autre un goal également. Vous n'avez pas tort. Bizarrement, malgré l'ampleur du noyau, nous manquons peut-être de joueurs qui distillent de bons ballons dans des situations pareilles. Décrié, Mark Hendrikx présentait pourtant cette particularité. A présent, on manque de spécialistes. Mais il ne suffit pas de délivrer des centres adéquats. Il faut aussi pouvoir tabler sur des garçons qui jaillissent au moment opportun ou qui coupent habilement les trajectoires. Dans ce domaine-là, on peut encore s'améliorer aussi. Je n'y vois pas le moindre inconvénient. Je viens d'évoquer le cas de Koller, qui faisait le ménage dans notre surface. Pourquoi un autre avant ne serait-il pas en mesure d'en faire de même ? Contrairement à ce qui s'était passé contre les Reds où Mbo avait été associé à Djibril Cissé, il avait été commis, face aux Londoniens, à la garde d'un joueur censé être moins dangereux : Ricardo Carvalho. Le hic, contre des équipes anglaises, c'est qu'aucun de leurs joueurs n'est malhabile de la tête. Frank Lampard, Hernan Crespo, John Terry : tous ces gars ont le feeling nécessaire sur les phases arrêtées. Loin de moi l'idée de jeter la pierre à qui que ce soit, dans ces conditions. La seule chose qu'on peut regretter, c'est peut-être que le défenseur portugais n'ait pas suffisamment été gêné. Non seulement au moment de sa frappe mais, auparavant déjà, sur la déviation de la tête d'Hernan Crespo. A ce moment-là déjà, l'intransigeance faisait défaut. Huub Stevens, l'entraîneur hollandais que j'ai connu au Hertha Berlin disait toujours que si un joueur n'était pas capable de rivaliser dans les airs avec son adversaire direct, il devait faire en sorte de l'en empêcher. Soit en tirant son maillot, soit en mettant le pied sur le sien. Chez nous, on est trop bien élevés pour ça. Il faut y remédier. C'est une invention pure et simple de journalistes. On a déformé les propos qu'Yves Vanderhaeghe et moi-même avions tenus le soir de la défaite à Westerlo à l'émission Studio 1 à la VRT. Nous nous étions plu, soi-disant, à tirer à boulets rouges sur les jeunes et Anthony en particulier. Quiconque a vu ce programme sait que la réalité était tout autre. Yves a simplement dit, à un moment donné, que titularisé à sa place dans l'entrejeu, Anthony n'avait sûrement pas fait mieux que lui dans le cadre de ce match. Rien d'autre. Pour je ne sais quelle raison, il fut question dans un journal, le lendemain, de nonchalance, de boucles d'oreilles, et patati et patata. Sans qu'on y ait fait référence. Deux jours plus tard, sur base des mêmes informations tronquées, cette histoire s'est répandue comme une traînée de poudre alors qu'il ne s'était rien passé. On en est finalement arrivés à la situation aberrante où Yves et Anthony ont dû s'expliquer à propos de choses qui n'avaient jamais été dites. Tout a été aplani mais on se serait bien passé de ce fait divers. Pour le reste, tout va bien, merci (il rit). BRUNO GOVERS " LE SPORTING ACTUEL EST MOINS SOUDÉ QU'EN 2000 "