Internat Saint-Antoine. Après l'entraînement, c'est là que se retrouvent les Montois, pour se doucher et déjeuner. Depuis que Sergio Brio a succédé à Marc Grosjean, leur régime est spartiate on le sait. Kris Van de Putte et Ivan Willockx s'y font : " Il suffit de tourner la page. Le nouvel entraîneur n'est pas si dur finalement ".
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Internat Saint-Antoine. Après l'entraînement, c'est là que se retrouvent les Montois, pour se doucher et déjeuner. Depuis que Sergio Brio a succédé à Marc Grosjean, leur régime est spartiate on le sait. Kris Van de Putte et Ivan Willockx s'y font : " Il suffit de tourner la page. Le nouvel entraîneur n'est pas si dur finalement ". Kris Van de Putte : Oui mais j'aime jouer ici et la saison dernière a été superbe. Evidemment, chez moi, on me demande parfois où je joue. Ivan Willockx : Ma grand-mère conserve tous les articles me concernant. Elle a rempli quatre fardes sur moi quand j'étais à Malines. Depuis que je suis à Mons, je crois qu'elle a gardé un article. ( Sérieux) J'ai dû trouver mes marques après 16 ans à Malines. Quel qu'ait été mon nouveau club, j'aurais dû affronter un grand changement. Willockx : Parfois, c'est marrant (il rit). Nous pouvons parler de nos coéquipiers, puisqu'ils ne comprennent rien, surtout si nous parlons en dialecte. Certains maîtrisent le néerlandais mais, je crois que c'est typique des Wallons, ne se donnent pas la peine de le parler alors qu'à Malines, nous parlions en français aux francophones. Van de Putte : Je n'irais pas jusque-là mais nous nous faisons comprendre. Parfois, ils oublient de nous dire quelque chose : qu'il y a un drink le soir ou un truc de ce genre... Willockx : Et nous y assistons en survêtement car nous ne pouvons évidemment rentrer nous changer à la maison ! Van de Putte : Ce n'est pas comme en Flandre. J'ai joué à Ostende et à Beveren ainsi qu'à Molenbeek. La mentalité bruxelloise est différente. Si j'avais été transféré directement ici, l'étape aurait été plus importante. Les joueurs et leur entourage vivent le football différemment. Willockx : On est plus vite content ici, même si on peut être très critique. Indépendamment du sport, on peut parler de deux pays différents. Ici, la Ville ou la Province s'occupent des infrastructures, par exemple. Van de Putte : Je ne sais pas si le club doit payer quelque chose pour l'internat... Quel club flamand peut disposer de ça ? Une belle salle pour manger, des terrains d'entraînement juste derrière, une maison avec des lits superposés... Aujourd'hui, nous nous entraînons à Jemappe. Un chauffeur de l'internat se libère pour nous conduire. Les clubs flamands devraient payer. Willockx : Ça s'appelle une question rhétorique ? Disons qu'elles sont aussi contentes que nous... Van de Putte : Quand on doit passer 55 heures par semaine au club, auxquelles il faut ajouter deux heures de route par jour, pour nous, on n'a plus de vie sociale, mais ce n'est quand même pas si dur. L'entraîneur sait que nous venons de loin et ne fait pas de problème quand nous sommes en retard. C'est arrivé pour la première fois il y a une semaine et c'est grâce à ça qu'il sait que nous habitons loin ! Il est compréhensif. En revanche, on mange à une heure seulement et il n'est pas question d'avaler quelque chose avant. Willockx : Il y a plus d'entraînements, plus longs, mais paradoxalement, nous avons l'impression d'avoir moins de séances spécifiques aux gardiens. Il y a le repos obligatoire. Le vendredi, nous mangeons ici à sept heures et demie du soir. Nous sommes chez nous à neuf heures et le lendemain, nous avons rendez-vous ici à midi. Van de Putte : Le vendredi, beaucoup de joueurs ont l'impression d'être en retenue mais la majorité sont assez professionnels pour savoir que sortir la veille d'un match n'est pas acceptable. C'est vrai que j'aime passer le vendredi soir avec ma femme et mes enfants. Avec Grosjean, nous étions à la maison à une heure. J'allais chercher les enfants à l'école, j'entreprenais quelque chose avec eux. Il faut tourner la page. Les points donnent tort à Marc Grosjean mais compte tenu de nos adversaires, nous aurions sans doute pris ces points avec lui aussi. Enfin, c'est la direction qui décide. Willockx : Le début de saison n'était pas facile. Au Cercle, pour notre dernier match avec Grosjean, nous avons fait un nul blanc mais nous avons tiré sur le montant. Sans cela, il serait peut-être toujours notre entraîneur. Willockx : Honnêtement, non. Van de Putte : Moi non plus. Ce n'est que le soir que j'ai entendu parler de sa carrière de joueur. Willockx : J'ai d'abord cru qu'ils avaient pris un entraîneur des jeunes. Il est arrivé en beau costume, avec des lunettes solaires, les cheveux bien peignés, typiquement italien. Van de Putte : Il est difficile d'avoir une conversation avec lui, puisque tout doit être traduit. OK, portieri, je comprends. Mais certains joueurs ont parfois besoin de parler avec l'entraîneur. Son français va sans doute s'améliorer. Comme le nôtre ! Willockx : Il faut trouver un équilibre entre efforts et détente. Chacun doit s'adapter à l'autre. Nous à lui et, dans une moindre mesure, lui à nous. Van de Putte : Oui mais ce n'est pas parce qu'on s'entraîne deux heures et demie que l'effort est intense. On peut le faire en une heure et demie. Un gardien peut être vidé après une heure. C'est l'intensité qui compte. Mais c'est un fait, nous courons plus maintenant. Willockx : Surtout en endurance alors que les gardiens entraînent généralement l'explosivité. Nous devons nous y faire. Soumettez un joueur de champ à notre entraînement : il sera vite fatigué aussi. Nous devons nous entraîner davantage avec le groupe. Ce n'est pas mauvais pour notre technique. Van de Putte : C'est vrai mais l'essentiel est quand même d'intercepter le ballon. Van de Putte : Il faut gagner quelques matches pour retrouver une certaine sérénité et pouvoir soigner notre football. Nous pouvons rééditer nos performances passées. Willockx : C'est aussi mon avis. Le ventre mou est énorme et toutes les équipes se tiennent dans un mouchoir de poche. Le classement peut fluctuer de semaine en semaine, au sein de ce groupe. Van de Putte : Roussel avait marqué 23 buts. Son départ est le plus gros problème. Je pense que Joly était le deuxième buteur, avec quatre ou cinq réalisations. Nous avons souvent gagné par le plus petit écart grâce à Cédric. Nous pouvions compter sur son coup de patte et maintenir le nul en attendant alors que maintenant, il faut travailler davantage pour marquer.