La semaine dernière, notre chroniqueur sans peur et sans reproche Bernard Jeunejean avait mentionné sa visite du site webelieve.be (trad. : nouscroyons.be), la dernière campagne de communication de l'Union Belge. Grâce à son acuité visuelle digne d'un lynx du Luxembourg, Maître Bernard avait évoqué des erreurs de français monstrueuses. Facile ! On a vérifié les textes jusqu'à dimanche soir et toujours relevé 24 fautes sur 29 lignes ! Monstrueux. Illisible. Scandaleux, d'autant plus que le Sport/Foot Mag sortant le mercredi, l'Union Belge avait bien le temps de mettre un texte corrigé avant le week-end. Et bien non, le moment de honte se prolonge.
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La semaine dernière, notre chroniqueur sans peur et sans reproche Bernard Jeunejean avait mentionné sa visite du site webelieve.be (trad. : nouscroyons.be), la dernière campagne de communication de l'Union Belge. Grâce à son acuité visuelle digne d'un lynx du Luxembourg, Maître Bernard avait évoqué des erreurs de français monstrueuses. Facile ! On a vérifié les textes jusqu'à dimanche soir et toujours relevé 24 fautes sur 29 lignes ! Monstrueux. Illisible. Scandaleux, d'autant plus que le Sport/Foot Mag sortant le mercredi, l'Union Belge avait bien le temps de mettre un texte corrigé avant le week-end. Et bien non, le moment de honte se prolonge. Petit rappel des faits : début septembre, la campagne est lancée en grande pompe par Roland Louf, le directeur marketing et communication de l'UB qui insiste dans nos pages : " le message n'est pas exclusivement lié aux Diables Rouges. Par cette campagne, l'Union Belge veut promouvoir sa candidature pour la Coupe du Monde 2018, la formation des jeunes, rendre de la visibilité à nos sponsors, susciter l'enthousiasme, redonner un public fidèle aux Diables... " Etc. Bref, on voulait demander aux Belges de believe dans leur football. Mais le résultat est qu'on est parti dans un véritable délire médiatique. D'abord, il y a la version foireuse du texte en français. Ensuite, une ambiance visuelle ambiguë (des portraits en noir et blanc de quelques anciens Diables qui a fait dire à certains : - C'est un pub pour Damart ou Viagra ?). Et puis, il y eut le flop de la bande sonore, confiée au jazzman Toots Thielemans. Toots est un monstre... pour les jazzmen. Mais demandez-lui de remixer la Brabançonne à l'harmonica et il a fait mourir de rire plusieurs Diables lors de l'exécution des hymnes dans le cadre des premiers matches de qualification pour le Mondial 2010. Evidemment, ils écoutent autre chose. Et la majorité des supporters aussi... Cette Brabançonne-là faisait plus penser à la musique plaintive d'un film dépressif qu'à un chant destiné à remonter les bretelles de guerriers avant l'assaut. Bref, contre l'Espagne, on a mis Toots au placard et on est revenu à une classic Brabançonne. En attendant les réaménagements inévitables et bienvenus de cette campagne, on réalise qu'elle est à la hauteur de ce qu'on peut généralement attendre de notre fédération. Mal pensée... Parmi les déclarations surréalistes de notre ineffable président fédéral François De Keersmaecker, il n'y en a qu'une qui valait plus le déplacement que d'autres. Lorsqu'il fut élu, il termina l'interview qu'il avait donnée à Pierre Bilic par un -Je serai un bon président si les Diables Rouges font des bons résultats. Au-delà de la tentative de bon mot, il fallait plutôt y voir l'expression d'un espoir. Les Diables commencent à donner des signes de survivance mais le président ne devient pas nécessairement meilleur. Idem avec René Vandereycken qui a la chance d'avoir sous la main un groupe jeune, certes, mais extrêmement talentueux et de jouir d'un crédit anormalement illimité de son employeur. Les Diables commencent à faire des résultats malgré lui. Une fois de plus, il faut rappeler ce que le foot belge a perdu en repoussant le ticket Roger Vanden Stock- Michel Preud'homme. Le président anderlechtois (qui a tout le temps voté contre Vandereycken) aurait nettoyé la Maison de Verre pour quelques années. C'est évidemment de cela dont pas mal de gens ont eu peur en faisant tout pour qu'il ne devienne pas président. Idem pour un Preud'homme qui aurait voulu avoir les mains totalement libres dans son travail de directeur technique. Mais les regrets seront d'autant plus éternels que le foot belge est engagé dans un début de Guerre de Sécession (ici, la Brabançonne funèbre de Toots aurait sa place...). Cette guerre a commencé avec l'exigence de splitsing de la part de la Communauté flamande pour doter " ses " clubs de subsides. Avec tous les dangers que ça comporte : manque d'unité symbolique et psychologique, négation même de l'entraide, séparation des compétitions pour jeunes : la liste des méfaits potentiels est longue. Avec le Belgicain Vanden Stock à la tête de la fédé, on a l'impression que le pire aurait pu être évité. En attendant, Anderlecht s'abstient quand la Ligue Pro vote sur le projet. Même si la région de Bruxelles Capitale trouve les demandes de la Communauté flamande nauséabondes pour le foot. Comme Lucien D'Onofrio, le boss du Standard, qui s'inquiète et s'exprime avec raison. PAR JOHN BAETE