"Je n'ai pas l'impression que l'arbitrage est davantage critiqué cette saison qu'au cours des campagnes antérieures", dit Jan Ceulemans, l'entraîneur de Westerlo, finaliste de la Coupe. "J'ai fait mes débuts comme joueur il y a tout juste un quart de siècle et, à cette époque, le directeur de jeu était déjà la cible favorite de tous, joueurs ou entraîneurs. Les hommes en noir exercent une mission très difficile et je suis le premier à admettre que tous ceux qui sont concernés au premier degré par le résultat d'un match, qu'il s'agisse des a...

"Je n'ai pas l'impression que l'arbitrage est davantage critiqué cette saison qu'au cours des campagnes antérieures", dit Jan Ceulemans, l'entraîneur de Westerlo, finaliste de la Coupe. "J'ai fait mes débuts comme joueur il y a tout juste un quart de siècle et, à cette époque, le directeur de jeu était déjà la cible favorite de tous, joueurs ou entraîneurs. Les hommes en noir exercent une mission très difficile et je suis le premier à admettre que tous ceux qui sont concernés au premier degré par le résultat d'un match, qu'il s'agisse des acteurs sur le terrain, ou encore des coaches, ne leur rendent pas toujours la vie facile. Il faut toutefois se rendre à l'évidence : les arbitres influencent souvent dans une grande mesure le cours, voire le résultat final d'une rencontre. Et trop, c'est trop. Je pouvais encore m'en accommoder, tant bien que mal, en tant que joueur. Mais nettement moins comme entraîneur car, dans ce rôle, je suis davantage tributaire des résultats. Il y a eu des matches, cette saison, où les décisions de l'officiel nous ont bel et bien souri. En d'autres occasions, par contre, j'ai eu le sentiment, au même titre que mes joueurs, d'avoir été grugé par le même homme. L'un dans l'autre, on peut donc considérer que tout s'équilibre sur une saison. Au sommet, c'est quelque peu différent. Avec le Club Brugeois, par le passé, j'ai davantage bénéficié de la mansuétude des directeurs de jeu. Mais je présume que c'est le propre d'une équipe qui joue la tête. Il n'en va d'ailleurs pas autrement dans d'autres compétitions... L'une des critiques que l'on peut formuler est que l'arbitre ne sent pas suffisamment le jeu aujourd'hui. Je peux me tromper, mais les hommes en noir lisaient mieux un match autrefois et devinaient mieux, aussi, les véritables intentions d'un joueur. A présent, tout me semble beaucoup plus automatisé. Désolé mais, à mes yeux, un accrochage n'a pas la même valeur selon qu'il est commis après cinq minutes, quand le joueur est parfaitement frais et lucide, qu'au terme de la partie, lorsque le même élément se ressent des généreux efforts qu'il a déployés jusque-là. Jadis, ces fautes étaient davantage considérées comme de mauvais réflexes que comme des interventions méchantes. Et l'arbitre ne sévissait pas outre mesure dans ces conditions. A présent, c'est différent et le tarif reste le même d'un bout à l'autre de la rencontre. Personnellement, je suis favorable à la présence d'un deuxième referee sur le terrain. Pour une équipe de contres, comme la nôtre, le mauvais positionnement de l'arbitre nous a plus d'une fois joué un mauvais tour. Notamment quand le jeu basculait vite d'une surface de réparation à l'autre. Dans ce cas-là, l'homme en noir est souvent à quarante mètres de l'endroit où se passe la charge fautive. Comment peut-il prendre une décision judicieuse dans ces conditions?"