Dimanche, Pont-Château accueille le championnat du monde de cyclocross, qui s'apparente à un championnat de Belgique open, car il y a de fortes chances pour que la Belgique rafle le titre pour la quatrième fois de suite et la sixième en sept éditions.
...

Dimanche, Pont-Château accueille le championnat du monde de cyclocross, qui s'apparente à un championnat de Belgique open, car il y a de fortes chances pour que la Belgique rafle le titre pour la quatrième fois de suite et la sixième en sept éditions. Le sélectionneur, Rudy de Bie (48 ans) : " Rien ne peut aller de travers, sur base des résultats de cette saison... même s'il ne faut jamais dire jamais. La course devrait être rapide mais dure, même si les conditions sont bonnes. Le parcours est attractif, avec plein de côtes. En plus, il y a un obstacle dans une côte, ce qui oblige les coureurs à descendre de vélo. C'est un des points forts de Bart Wellens mais à voir la façon dont il roule cette saison, le parcours n'est pas important ". Rudy De Bie : Bart a toujours eu du talent mais il est plus sérieux depuis deux ans. Pendant la saison de route, il se préparait très bien. Je n'aurais quand même pas imaginé pareille domination. Roland Liboton a dominé toutes les courses durant sa période de gloire. Si Bart s'empare de la tête dès le début d'une course, c'est monotone... pour les autres. Il faut prendre ses propos avec les réserves d'usage. Le lundi, il a couru à Otegem. Il a abandonné mais il a bien roulé. Il a pris trois jours de repos, s'est réentraîné le vendredi et a reconnu le parcours de Nommay sous la pluie. Il n'était donc pas vraiment démotivé. Sinon, il n'aurait pas gagné. Il essaie de se défaire de la pression mais tous les regards seront tournés vers lui. Mario De Clercq, qui a bien résisté au championnat de Belgique, alors que Bart était dans un grand jour. Mario sait se préparer et au sprint, il est imbattable. Comme il a moins couru que les autres, il est frais. Surtout parce qu'il est un adversaire difficile et que ses déclarations sont parfois vexantes. Ça fait partie de sa tactique pour intimider les autres. Non. Le premier tour va clarifier les rapports de force. Si Mario est toujours dans le peloton de tête, il prendra sans doute l'initiative, pour éviter que les autres ne reviennent. Les coureurs de tête devront se livrer à fond pour éviter que Mario n'émerge au sprint. Personne n'a envie de renoncer à ce titre et à son enjeu financier : ni le coureur ni son sponsor. Chacun a le droit de faire sa course, mais si un étranger devient candidat à la victoire, j'attends de mes coureurs qu'ils forment un bloc afin qu'un Belge monte sur la plus haute marche du podium. Ça, c'est convenu. Les coureurs devront décider entre eux qui envoyer comme finisseur car en cyclocross, un sélectionneur n'a pas une bonne vision de la course et ne peut intervenir comme sur route. Il faut reconnaître que Groenendaal était le plus fort. Et non, je ne crains pas pareil scénario. Sven Nys était encore jeune, naïf sans doute. Il est ultra-motivé, maintenant. Il serait dommage que ce titre manque à son palmarès. Groenendaal est toujours son coéquipier mais je ne pense pas que Sven soit prêt à revivre pareil tollé. Sven a gagné trois manches de la Coupe du Monde, il va peut-être gagner le classement général. Cependant, courir une saison avec le maillot arc-en-ciel confère une aura supplémentaire. Il en a les capacités. A plusieurs reprises, il a échoué. A cause du stress ? Je n'en sais rien. Peut-être réussira- t-il au moment où on ne le pointera pas comme favori. Ce n'est pas une question de condition. On lui reproche souvent d'être trop gentil mais je balaie cet argument quand je vois quelles courses il a gagnées. Il a du caractère mais peut-être pas l'agressivité d'un Wellens ou d'un De Clercq. Sven voulait quelqu'un qui lui explique clairement ce qui n'allait pas. A mes yeux, c'est un soutien mental. Sven émarge à l'élite depuis un moment. Il sait comment il y est parvenu. Il consigne tous ses entraînements dans un carnet. Pourquoi changerait-il de méthode ? Il peut modifier certains détails mais il a posé les jalons de sa réussite il y a longtemps. Ben Berden a été considéré comme le numéro trois puis il est tombé malade et depuis, il peine. Il s'est beaucoup entraîné avant Nommay et a manqué de fraîcheur dans cette épreuve mais ça peut porter ses fruits à Pont-Château. Erwin Vervecken a déçu au championnat de Belgique mais il revient. Sven Vanthourenhout est le plus grand espoir. A son âge, faire souvent jeu égal avec les meilleurs... A Coxyde, il a fallu un brillant Ben Berden pour le battre et à Nommay, deux semaines avant le Mondial, seul Wellens était meilleur. Avant sa victoire à St-Michielsgestel, il n'avait pas gagné grand-chose. J'espère que l'histoire ne va pas se répéter. N'oublions pas non plus les Français, sur leurs propres terres. Si le parcours reste roulant, John Gadret et Francis Mourey se mêleront à la lutte. Je n'ai pas dit qu'ils gagneront ! Mais pour notre sport, il serait bon qu'ils luttent pour la victoire. D'abord, je ne crois pas qu'elle trouvera tous ces pays. Comme les gens n'y ont pas de star locale, ils ne se déplaceront pas. Ensuite, le système ne change pas : neuf Belges peuvent prendre le départ. Cette domination peut même s'accroître. D'autres pays vont devoir aligner des jeunes, au détriment des compétitions des espoirs, indispensables à l'apprentissage de ceux-ci. En offrant plus de possibilités aux juniors et aux espoirs des autres pays, en finançant et en encourageant la formation. Il faut aussi des retransmissions télévisées en direct, pour attirer les sponsors et permettre aux coureurs de gagner leur vie sans se tourner vers la route. Roel Van den Broeck