S tijn Stijnen : " Ce que TomislavButina fait, j'en suis capable aussi. Je mérite une place sur le banc, derrière DanyVerlinden. Le Club voulait un gardien expérimenté pour la Ligue des Champions mais tout aurait pu être fini à Dortmund. Tous les gardiens commettent des erreurs, mais Butina, si expérimenté, fait des fautes qu'on ne voulait pas risquer avec un jeune ".

Le jeune Stijnen éveille la sympathie de ses coéquipiers. En leur for intérieur, certains jubilent de la gaffe du clown Butina contre Lokeren et du choix de moins en moins évident de Trond Sollied. La vie est ainsi faite : on aime rire des autres. En plus, le football est une lutte pour les points, pour sa place. Ceux qui gagnent ont raison, les autres ont tort. Avec tant de retard au classement, Sollied a donc moins raison que la saison passée, pour le moment. Il a introduit de nouvelles méthodes d'entraînement, un autre style de jeu et supprimé les règles, en dehors du terrain. Les sceptiques et ses adversaires se font entendre : manque de discipline, entraînements prévisibles, perte de concentration.

C'était déjà arrivé au deuxième tour de sa première saison au stade Jan Breydel et il avait dit à Voetbal International : " Nous avions de facto atteint le championnat à la trêve. Je me suis surpris à m'endormir, à ne plus m'indigner de pertes de points ". De telles déclarations ne passent pas inaperçues et beaucoup de Brugeois trouvent que Sollied aurait dû surveiller ses paroles depuis longtemps. Il manque de respect à René Verheyen, son premier adjoint, quand il déclare au Het Laatste Nieuws, le 15 septembre dernier : " Les supporters veulent-ils à nouveau s'endormir pendant les matches, comme avant mon arrivée ?"

Dans un livre de Jacques Sys, rédacteur en chef de Sport/Voetbal Magazine, il affirme : " Je ne me suis jamais trompé dans l'estimation d'un joueur. C'est un don ". Il ne s'est jamais trompé ? Butina va-t-il s'imposer à Bruges, humainement et sportivement ? RuneLange et Bengt Saeternes atteindront-ils jamais le niveau annoncé par Sollied ? Sergiy Serebrennikov va-t-il s'avérer un transfert réussi ? Ce sujet est sensible à Bruges depuis l'épisode regrettable survenu à l'époque d' Eric Gerets et animé par l'agent de joueurs Ranko Stojic. Aujourd'hui, le Club n'a plus l'intention d'alourdir sa masse salariale avec de coûteux médiocres. Il préfère offrir leur chance à ses jeunes talents.

Trond Sollied est certes capable de mettre en place un système efficace en peu de temps et d'y faire fonctionner les joueurs en perte comme en possession de balle. Il a une vision, une méthode. Joueurs, entraîneurs et journalistes ont appris beaucoup de lui.

L'entrejeu est le c£ur d'une équipe. Dans le concept de Sollied, c'est là que se produisent la récupération, la distribution, c'est là qu'on crée des ouvertures et des infiltrations. Si ce secteur peine cette saison, c'est essentiellement dû à l'indisponibilité quasi constante de Gaëtan Englebert, qui a un énorme champ d'action, comble les brèches, crée des ouvertures, est souvent démarqué et délivre plus d'assists que quiconque. Autre handicap : Nastja Ceh a coincé. Il a éclos la saison passée mais a ensuite été opéré au ménisque du genou droit. Une inflammation l'a empêché de recourir avant le 20 juillet. Il a vite repris sa place dans l'équipe mais pâtit de son retard de préparation. Le week-end dernier, il souffrait des abdominaux. Ce n'est pas un hasard. Deux des trois médians centraux sont donc en méforme. Sollied doit remanier ce secteur, tâtonner, alignant en fonction des circonstances Serebrennikov, Alin Stoica, Ivan Gvozdenovic, Sandy Martens, Gert Verheyen, Olivier De Cock et cie, avec plus ou moins de succès.

La discussion couve depuis l'arrivée de Sollied : pourquoi ne pas aligner, parfois, deux médians défensifs et un offensif ? Les médians contrôleurs limiteraient la pression à laquelle sont soumis les défenseurs centraux et couvriraient mieux les flancs que des arrières ailes aussi offensifs que Peter Van der Heyden et Olivier De Cock. Le médian offensif, lui, bénéficierait de plus de liberté et pourrait mieux soutenir le centre-avant, parfois trop isolé. Qui sait ?

Récemment, le Norvégien a avoué que le Club cherchait un joueur mi-avant, mi-médian, pour lequel il n'y a pas de place dans son 4-3-3 habituel. Est-ce là une idée de Marc Degryse, le nouveau directeur sportif ?

Crise ou pas crise ?

On raconte que Sollied ne conviendrait pas au nouveau président Michel D'Hooghe et à Degryse et que ceux-ci, tout en se taisant, agiraient. Une chose est sûre : Degryse et Sollied ne partagent pas la même conception du jeu. Sollied parle de machine, Degryse de jeu. Si Degryse a quitté Gand pour le GBA, c'est parce que pour Sollied, le système primait l'individu.

Le thème intéresse Michel D'Hooghe : " Récemment, Trond Sollied a dit que le football était un sport collectif, que l'individu devait donc s'effacer devant le groupe. Le paradoxe, c'est que l'individu est très important et que la valeur du collectif dépend de celle des individus. Peut-être devrions-nous accorder plus d'importance à la formation des jeunes. Qu'on permette à un jeune de dribbler une fois de trop, sans l'enfermer dans un carcan tactique, faute de quoi nous aurons bientôt des équipes de robots dépourvues d'inspiration et d'improvisation. Or, ce sont ces initiatives qui pimentent le football ".

Il semble que les divergences dépassent le seul cadre tactique. Sollied n'apprécie pas que Degryse soit son supérieur. " On ne peut passer d'un coup du statut de joueur à celui de directeur. Seuls de mauvais dirigeants permettent ça ", avait-il déclaré au moment des premières rumeurs de son arrivée comme directeur technique.

" Mais qui ne voudrait conserver Sollied ", s'interrogeait Antoine Vanhove en décembre dernier. " Je ne puis croire que les joueurs soient las de lui. Un bail de quatre ans, voire plus, n'est pas excessif, au Club. Henk Houwaart et Hugo Broos ont travaillé six ans ici ".

Les joueurs sont-ils las ? La question a été posée alors que Bruges avait deux têtes d'avance sur les autres et qu'il allait être champion. Et elle s'est reposée lors du dernier match de la saison, qui s'est soldé par un piètre nul contre le GBA.

Sans doute l'entraîneur s'est-il aussi demandé si, après trois ans, il n'était pas temps d'aller voir ailleurs. Sollied a tardé à prolonger son bail mais n'a sans doute reçu aucune offre intéressante d'ailleurs. Peut-être cela changera-t-il, après les exploits du Club en Ligue des Champions, contre Dortmund et Milan ? Il a déclaré qu'un contrat ne servait généralement qu'à fixer l'indemnité de départ. En début de saison, il a lancé l'idée de combiner son travail au Club avec celui de sélectionneur de Norvège. Mais comme ses déclarations sur le dopage, ça n'a pas fait plaisir à son président. En plus, suite à l'arrivée de D'Hooghe et de Degryse, le voilà obligé de prendre des cours de néerlandais au lieu d'apprendre le français et l'espagnol ! Et quelles autres idées ont ses nouveaux dirigeants ?

A Bruges, certains voient en Franky Van der Elst le prochain entraîneur, assisté par Willy Wellens. C'est bien possible. Franky est un clubman et il s'entend bien avec le directeur sportif. Quand ? Au moment où le duo D'Hooghe-Degryse le jugera bon.

Après les défaites à Heusden-Zolder et à Lokeren, Degryse a déclaré : " Nous procéderons à une évaluation pendant la trêve. Pour le moment, je ne décèle pas d'usure de pouvoir. Aux joueurs et à l'entraîneur de réagir ". Depuis, le Club a perdu 0-1 à domicile contre Milan, au terme d'un superbe match. Dimanche, contre le Sporting Charleroi, il s'est imposé sur un maigre 1-0.

Le champion compte 21 points sur 36. Il reste cinq matches d'ici la trêve : au Germinal Beerschot, contre Mouscron, au Standard, contre Mons et au Lierse. Lors des trois premières années de Sollied, le premier tour a toujours été brillant. Le meilleur est-il à venir au deuxième, cette fois ?

Sollied parle de machine, Degryse de jeu

S tijn Stijnen : " Ce que TomislavButina fait, j'en suis capable aussi. Je mérite une place sur le banc, derrière DanyVerlinden. Le Club voulait un gardien expérimenté pour la Ligue des Champions mais tout aurait pu être fini à Dortmund. Tous les gardiens commettent des erreurs, mais Butina, si expérimenté, fait des fautes qu'on ne voulait pas risquer avec un jeune ". Le jeune Stijnen éveille la sympathie de ses coéquipiers. En leur for intérieur, certains jubilent de la gaffe du clown Butina contre Lokeren et du choix de moins en moins évident de Trond Sollied. La vie est ainsi faite : on aime rire des autres. En plus, le football est une lutte pour les points, pour sa place. Ceux qui gagnent ont raison, les autres ont tort. Avec tant de retard au classement, Sollied a donc moins raison que la saison passée, pour le moment. Il a introduit de nouvelles méthodes d'entraînement, un autre style de jeu et supprimé les règles, en dehors du terrain. Les sceptiques et ses adversaires se font entendre : manque de discipline, entraînements prévisibles, perte de concentration. C'était déjà arrivé au deuxième tour de sa première saison au stade Jan Breydel et il avait dit à Voetbal International : " Nous avions de facto atteint le championnat à la trêve. Je me suis surpris à m'endormir, à ne plus m'indigner de pertes de points ". De telles déclarations ne passent pas inaperçues et beaucoup de Brugeois trouvent que Sollied aurait dû surveiller ses paroles depuis longtemps. Il manque de respect à René Verheyen, son premier adjoint, quand il déclare au Het Laatste Nieuws, le 15 septembre dernier : " Les supporters veulent-ils à nouveau s'endormir pendant les matches, comme avant mon arrivée ?" Dans un livre de Jacques Sys, rédacteur en chef de Sport/Voetbal Magazine, il affirme : " Je ne me suis jamais trompé dans l'estimation d'un joueur. C'est un don ". Il ne s'est jamais trompé ? Butina va-t-il s'imposer à Bruges, humainement et sportivement ? RuneLange et Bengt Saeternes atteindront-ils jamais le niveau annoncé par Sollied ? Sergiy Serebrennikov va-t-il s'avérer un transfert réussi ? Ce sujet est sensible à Bruges depuis l'épisode regrettable survenu à l'époque d' Eric Gerets et animé par l'agent de joueurs Ranko Stojic. Aujourd'hui, le Club n'a plus l'intention d'alourdir sa masse salariale avec de coûteux médiocres. Il préfère offrir leur chance à ses jeunes talents. Trond Sollied est certes capable de mettre en place un système efficace en peu de temps et d'y faire fonctionner les joueurs en perte comme en possession de balle. Il a une vision, une méthode. Joueurs, entraîneurs et journalistes ont appris beaucoup de lui. L'entrejeu est le c£ur d'une équipe. Dans le concept de Sollied, c'est là que se produisent la récupération, la distribution, c'est là qu'on crée des ouvertures et des infiltrations. Si ce secteur peine cette saison, c'est essentiellement dû à l'indisponibilité quasi constante de Gaëtan Englebert, qui a un énorme champ d'action, comble les brèches, crée des ouvertures, est souvent démarqué et délivre plus d'assists que quiconque. Autre handicap : Nastja Ceh a coincé. Il a éclos la saison passée mais a ensuite été opéré au ménisque du genou droit. Une inflammation l'a empêché de recourir avant le 20 juillet. Il a vite repris sa place dans l'équipe mais pâtit de son retard de préparation. Le week-end dernier, il souffrait des abdominaux. Ce n'est pas un hasard. Deux des trois médians centraux sont donc en méforme. Sollied doit remanier ce secteur, tâtonner, alignant en fonction des circonstances Serebrennikov, Alin Stoica, Ivan Gvozdenovic, Sandy Martens, Gert Verheyen, Olivier De Cock et cie, avec plus ou moins de succès. La discussion couve depuis l'arrivée de Sollied : pourquoi ne pas aligner, parfois, deux médians défensifs et un offensif ? Les médians contrôleurs limiteraient la pression à laquelle sont soumis les défenseurs centraux et couvriraient mieux les flancs que des arrières ailes aussi offensifs que Peter Van der Heyden et Olivier De Cock. Le médian offensif, lui, bénéficierait de plus de liberté et pourrait mieux soutenir le centre-avant, parfois trop isolé. Qui sait ? Récemment, le Norvégien a avoué que le Club cherchait un joueur mi-avant, mi-médian, pour lequel il n'y a pas de place dans son 4-3-3 habituel. Est-ce là une idée de Marc Degryse, le nouveau directeur sportif ? On raconte que Sollied ne conviendrait pas au nouveau président Michel D'Hooghe et à Degryse et que ceux-ci, tout en se taisant, agiraient. Une chose est sûre : Degryse et Sollied ne partagent pas la même conception du jeu. Sollied parle de machine, Degryse de jeu. Si Degryse a quitté Gand pour le GBA, c'est parce que pour Sollied, le système primait l'individu. Le thème intéresse Michel D'Hooghe : " Récemment, Trond Sollied a dit que le football était un sport collectif, que l'individu devait donc s'effacer devant le groupe. Le paradoxe, c'est que l'individu est très important et que la valeur du collectif dépend de celle des individus. Peut-être devrions-nous accorder plus d'importance à la formation des jeunes. Qu'on permette à un jeune de dribbler une fois de trop, sans l'enfermer dans un carcan tactique, faute de quoi nous aurons bientôt des équipes de robots dépourvues d'inspiration et d'improvisation. Or, ce sont ces initiatives qui pimentent le football ". Il semble que les divergences dépassent le seul cadre tactique. Sollied n'apprécie pas que Degryse soit son supérieur. " On ne peut passer d'un coup du statut de joueur à celui de directeur. Seuls de mauvais dirigeants permettent ça ", avait-il déclaré au moment des premières rumeurs de son arrivée comme directeur technique. " Mais qui ne voudrait conserver Sollied ", s'interrogeait Antoine Vanhove en décembre dernier. " Je ne puis croire que les joueurs soient las de lui. Un bail de quatre ans, voire plus, n'est pas excessif, au Club. Henk Houwaart et Hugo Broos ont travaillé six ans ici ". Les joueurs sont-ils las ? La question a été posée alors que Bruges avait deux têtes d'avance sur les autres et qu'il allait être champion. Et elle s'est reposée lors du dernier match de la saison, qui s'est soldé par un piètre nul contre le GBA. Sans doute l'entraîneur s'est-il aussi demandé si, après trois ans, il n'était pas temps d'aller voir ailleurs. Sollied a tardé à prolonger son bail mais n'a sans doute reçu aucune offre intéressante d'ailleurs. Peut-être cela changera-t-il, après les exploits du Club en Ligue des Champions, contre Dortmund et Milan ? Il a déclaré qu'un contrat ne servait généralement qu'à fixer l'indemnité de départ. En début de saison, il a lancé l'idée de combiner son travail au Club avec celui de sélectionneur de Norvège. Mais comme ses déclarations sur le dopage, ça n'a pas fait plaisir à son président. En plus, suite à l'arrivée de D'Hooghe et de Degryse, le voilà obligé de prendre des cours de néerlandais au lieu d'apprendre le français et l'espagnol ! Et quelles autres idées ont ses nouveaux dirigeants ? A Bruges, certains voient en Franky Van der Elst le prochain entraîneur, assisté par Willy Wellens. C'est bien possible. Franky est un clubman et il s'entend bien avec le directeur sportif. Quand ? Au moment où le duo D'Hooghe-Degryse le jugera bon. Après les défaites à Heusden-Zolder et à Lokeren, Degryse a déclaré : " Nous procéderons à une évaluation pendant la trêve. Pour le moment, je ne décèle pas d'usure de pouvoir. Aux joueurs et à l'entraîneur de réagir ". Depuis, le Club a perdu 0-1 à domicile contre Milan, au terme d'un superbe match. Dimanche, contre le Sporting Charleroi, il s'est imposé sur un maigre 1-0. Le champion compte 21 points sur 36. Il reste cinq matches d'ici la trêve : au Germinal Beerschot, contre Mouscron, au Standard, contre Mons et au Lierse. Lors des trois premières années de Sollied, le premier tour a toujours été brillant. Le meilleur est-il à venir au deuxième, cette fois ? Sollied parle de machine, Degryse de jeu