Quand il remporta pour la première fois les Internationaux de France, en 1997, en prenant en finale la mesure de l'Espagnol Sergi Bruguera, Gustavo Kuerten n'avait auparavant jamais gagné un seul tournoi sur le circuit. Sa deuxième victoire, l'année passée, se fit au détriment du Suédois Magnus Norman, au terme d'une finale homérique, une des plus longues de l'histoire de Roland Garros. En demi-finale, c'était contre Juan Carlos Ferrero qu'il s'était imposé. Les Espagnols, souvent impériaux sur la terre battue parisienne ( Carlos Moya, Sergi Bruguera, ...

Quand il remporta pour la première fois les Internationaux de France, en 1997, en prenant en finale la mesure de l'Espagnol Sergi Bruguera, Gustavo Kuerten n'avait auparavant jamais gagné un seul tournoi sur le circuit. Sa deuxième victoire, l'année passée, se fit au détriment du Suédois Magnus Norman, au terme d'une finale homérique, une des plus longues de l'histoire de Roland Garros. En demi-finale, c'était contre Juan Carlos Ferrero qu'il s'était imposé. Les Espagnols, souvent impériaux sur la terre battue parisienne ( Carlos Moya, Sergi Bruguera, Alex Corretja...) avaient trouvé leur maître. Cette année aussi, Gustavo Kuerten a dégoûté les Ibères. Après avoir à nouveau pris la mesure de Juan Carlos Ferrero en demi-finale, dans un match qui ne tint pas toutes ses promesses, c'est Alex Corretja qui fit les frais de la suprématie du Brésilien. Pourtant, Guga avait bien failli passer à la trappe dès le stade des huitièmes de finale, lorsqu'il dut sauver une balle de match dans le troisième set contre le qualifié américain Michael Russell. Ce jeune homme au physique de boxeur avait pourtant connu les pires difficultés pour s'extraire des qualifications. Il avait même dû sauver une balle de match au premier tour, avant de prendre la mesure de Xavier Malisse au troisième tour. Pour parvenir en finale, Alex Corretja avait quant à lui été le bourreau de deux Français, Fabrice Santoro et Sébastien Grosjean, le tombeur d' André Agassi en huitièmes de finale, ainsi que de Roger Federer en quart. Un beau parcours assurément. Mais face à Gustavo Kuerten, numéro 1 mondial, Alex Corretja ne fit pas le poids. Certes, il remporta le premier set au tie-break, en 1h13, mais il avait sans doute, grâce à ses balles hyper-liftées, été moins gêné que Guga par les conditions météorologiques difficiles. Néanmoins, l'Espagnol avait bien gêné Kuerten en l'obligeant à jouer très souvent ses coups au niveau de l'épaule, et en le sortant régulièrement du court. Par la suite, Gustavo Kuerten s'habitua progressivement aux conditions de vent et rentra enfin dans la partie. Il remportait le second set sur le score de 7-5, en 54 minutes. On repartait à zéro dans cette partie qui avait donc déjà duré plus de deux heures. Dans la troisième manche, Gustavo Kuerten passa la vitesse supérieure pour déborder en puissance l'Espagnol. Le vent avait faibli et le match atteignait enfin un niveau digne d'une finale de Grand Chelem. Alex Corretja se défendait bien, mais il ne pouvait pas empêcher Kuerten de faire le break à deux reprises. Guga s'imposait 6-2 et allait s'envoler vers son troisième titre à Paris. En effet, survolté par l'envie de remporter une nouvelle fois son tournoi favori, le Brésilien écrasa Corretja dans la quatrième et dernière manche, durant laquelle ce dernier ne fit que six points. Quant à Kuerten, il réalisa pas moins de trois jeux blancs, pour s'imposer finalement 6-0. Il pouvait alors laisser exploser sa joie et la partager avec le public parisien en dessinant, à l'aide de sa raquette, sur la terre battue, un coeur, afin de remercier la foule qui, depuis son arrivée en 1997, n'a cessé de le soutenir. Grâce à cette victoire dans la centième édition du tournoi masculin de Roland Garros, Gustavo Kuerten conforte ainsi sa place de leader au classement ATP ( entry system) et prend également la première place de l'ATP Champion's race.