Les casernes ont disparu. Le stade s'appelle désormais VeoliaStadion. Ce n'est plus le Malinwa qui y joue, mais - conséquence de la faillite - le YellowRed. Ce sont cependant toujours les mêmes couleurs. La même ferveur populaire. Tout cela rappellera bien des souvenirs à Michel Preud'homme, qui y a vécu de beaux moments. A Steven Defour également, qui y a été formé. Mais ce sera aussi un duel entre Olivier Renard et Andrés Espinoza.
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Les casernes ont disparu. Le stade s'appelle désormais VeoliaStadion. Ce n'est plus le Malinwa qui y joue, mais - conséquence de la faillite - le YellowRed. Ce sont cependant toujours les mêmes couleurs. La même ferveur populaire. Tout cela rappellera bien des souvenirs à Michel Preud'homme, qui y a vécu de beaux moments. A Steven Defour également, qui y a été formé. Mais ce sera aussi un duel entre Olivier Renard et Andrés Espinoza. Olivier Renard : Effectivement. Surtout dans le groupe des joueurs et dans le public. J'assiste encore régulièrement à des rencontres à Sclessin. Il m'arrive d'être invité par le groupe de supporters du Publik Hysterik. Je passe une bonne soirée, puis je rentre chez moi. Cela s'arrête là. J'ai vécu beaucoup de choses positives au Standard, puis il y a eu un gros point noir sur la fin, à propos duquel tout a été dit. Oui, et je retiens surtout le positif de mon passage en bord de Meuse. En cas de titre, j'aurai le sentiment d'y avoir participé, puisque j'ai joué sept matches durant le premier tour. Pas du tout... Je me donnerai à 100 %, comme je le fais à chaque fois. Bien sûr. Et du bon côté, de préférence. Cela dit, j'espère malgré tout que le Standard ne loupera pas le titre pour trois points, en cas de défaite à Malines. Non. J'aurai la satisfaction d'avoir accompli mon boulot avec conscience. Par ailleurs, si le Standard devait échouer, ce ne serait pas uniquement à cause d'un éventuel échec derrière les anciennes casernes. Cela signifierait aussi qu'ils auraient perdu des points ailleurs. Ce sera sans doute un match difficile pour eux. D'autres obstacles se dresseront encore sur leur route par la suite, mais je les crois capables de les surmonter. Les Rouches ont la meilleure équipe, tout simplement. Je les trouve supérieurs à Bruges, par exemple, tandis qu'Anderlecht accuse trop de retard. Appelons un chat, un chat. Lorsqu'on parle de fortes personnalités, on songe en premier à Sergio Conceiçao. Il ne faut pas oublier ce que le Portugais a apporté à l'équipe, dans les vestiaires comme sur le terrain. Il a aussi beaucoup aidé Steven Defour à grandir. Le nouveau capitaine a emmagasiné énormément d'expérience en peu de temps, à ses côtés. Mais lorsque Sergio était présent, 75 % des actions du Standard se déroulaient sur le flanc droit. Aujourd'hui, le danger vient de tous les côtés. Certains joueurs, un peu brimés, se sont sans doute libérés également. C'était deux matches difficiles pour le Standard, qui s'est donné à fond dès le départ, s'est assuré un avantage de deux buts, puis a sans doute eu le tort de trop reculer. Certains joueurs, qui n'avaient pas l'habitude de jouer 90 minutes, ont dû le faire en raison de certaines défections et ont peut-être baissé pied. Je ne le pense pas. Guy Namurois est un très bon préparateur et on ne peut pas lui faire porter le chapeau. Peut-être, oui. Au départ, on le disait trop étriqué, mais des joueurs comme Réginal Goreux et d'autres ont le niveau. Sans parler de Gregory Dufer, qui a étonné beaucoup de monde. J'assume. Lorsque je suis revenu d'Italie, en 2005, mon objectif était déjà d'acquérir du temps de jeu. Cela passait avant les trophées éventuels du Standard. Etre n°2 à Sclessin ne m'intéressait pas. J'ai préféré descendre d'un niveau et retrouver un poste de titulaire. Un club où j'ai été très bien accueilli. Lorsque j'ai signé, j'avais trois objectifs : retrouver du temps de jeu, aider au maintien et retrouver ma place en équipe nationale. Après trois mois, les trois objectifs sont réalisés, puisque le maintien est quasiment assuré et que j'ai été convoqué pour le match des Diables Rouges contre le Maroc. Beaucoup de gens se sont demandés pourquoi je signais à Malines, car le club se situait à quatre points des places descendantes à ce moment-là. Depuis, la situation a bien changé puisqu'on s'est hissé à la 9e place. Lorsque j'ai signé à Malines, Michel m'a félicité en me disant que j'avais choisi un bon club où règne une bonne ambiance. Tout ce qu'il m'avait prédit s'est vérifié. Les supporters ont été tentés de faire le rapprochement, mais hormis le fait que je proviens du Standard et que j'ai les cheveux longs, je ne vois guère de points communs. Le match de samedi sera spécial pour moi, mais encore davantage pour Michel, qui a connu tellement de grands moments ici et sera accueilli comme un dieu par le public malinois. Ce n'est pas à moi de juger. J'espère avoir apporté ma contribution, mais on gagne et on perd en groupe. A Malines, on doit compter sur le groupe davantage que sur les individualités. Déjà au premier tour, je trouvais que Malines jouait bien au football, mais n'en avait pas toujours été récompensé. Je me souviens notamment du tout premier match de la saison, lorsque l'équipe avait bousculé Anderlecht avant de s'incliner à la dernière minute sur un coup franc. En 2008, on a été battu 1-0 au stade Constant Vanden Stock et 2-0 au stade Jan Breydel, mais surtout, on a battu Mons, Mouscron et Dender, des concurrents directs. Même si c'est difficile à expliquer aux supporters, ces rencontres-là sont beaucoup plus importantes que des matches de prestige comme Anderlecht, Bruges... ou le Standard. La plupart des joueurs sont jeunes et inexpérimentés. L'effectif de D2 a été conservé dans les grandes lignes. C'était une volonté du club et cela a bien fonctionné. Seul Kristof Imschoot et moi-même avons l'expérience de la D1. Certains autres ont joué parmi l'élite, mais de façon très brève. On doit donc faire bloc et jouer de façon enthousiaste. Il en a les caractéristiques, en effet. C'est un attaquant solide, qui trouve désormais le chemin des filets avec facilité, ce qui n'était pas le cas en début de saison. Le contexte ne s'y prêtait peut-être pas. A Malines, il a trouvé une belle complémentarité avec Vleminckx. Sa vivacité fait merveille et lui aussi marque désormais facilement. Il en a raté un contre le Germinal Beerschot, tout arrive. Mais c'est surtout un défenseur très solide, qui forme une bonne paire avec Jeroen Mellemans, que j'ai appris à bien connaitre puisqu'on fait régulièrement la route ensemble : il habite Saint-Trond et moi Hasselt. Je pourrais aussi vous parler de Koen Persoons, un joueur de classe. Je ne comprends pas comment Dender a pu le lâcher. Mais je m'en voudrais de citer quelques joueurs individuellement, car je pourrais en oublier et la force de Malines, c'est d'abord le groupe. C'est mon franc-parler naturel qui a prévalu. Sur le terrain, je ne m'étais pas rendu compte de la gravité de ce geste. L'arbitre non plus puisqu'il n'a pas sifflé de faute. Mais le lundi matin, j'avais vu la photo dans la presse. C'était effectivement un geste très dangereux. L'honnêteté me poussait à reconnaître que ce geste méritait l'exclusion, qu'il s'agissait d'un équipier ou pas. Mais, ce que je voudrais aussi souligner, c'est que Geudens n'est pas coutumier du fait. C'est un joueur très calme, que l'on ne peut certainement pas classer dans la catégorie des brutes, comme on en trouve parfois sur les terrains. Ce qu'il a fait est exceptionnel, et il est d'ailleurs très ennuyé pour la réputation que cela risque de lui causer, mais il l'a fait et il doit assumer. Totalement différent de Preud'homme, qui est très posé. A l'entraînement, Maes crie beaucoup. Les supporters qui observent du bord du terrain sont parfois surpris par autant d'agressivité. Mais il ne travaille pas avec le même groupe que Preud'homme, et pour se faire respecter par cette bande de jeunes, il a sans doute raison de ne rien laisser passer. Il doit tout corriger. Il a joué trois ans au Standard et cinq à Anderlecht, même si c'était souvent en qualité de doublure. Sa carrière incite au respect. Peut-être pas. Ils ont eu, toute leur carrière durant, tout le jeu devant eux, et ont pu observer beaucoup de choses. Ils ont aussi eu l'habitude de beaucoup parler, pour diriger leur défense. Tout cela leur a sans doute été utile pour le métier d'entraîneur. Pourquoi pas ? Mais je n'ai que 28 ans, c'est encore un peu tôt pour y songer. En tout cas, le fait d'avoir eu d'anciens gardiens comme entraîneur principal m'a été très utile. Non, pas du tout. Ne me comprenez pas mal. Veloso m'a très bien préparé au Standard, comme le fait aujourd'hui Duville à Malines. Mais ils s'occupent du travail spécifique. Preud'homme et Maes doivent s'occuper de tout le groupe. Les deux clubs ont de très bons supporters : fanatiques, enthousiastes, prêts à encourager de la voix pendant 90 minutes. La différence, c'est qu'au Standard ils sont plus nombreux, parce que la capacité du stade le permet. Mais à Malines aussi, ils sont présents en nombre à chaque match, même en déplacement. Et le jour où Malines possèdera un nouveau stade, rien ne dit que leur nombre ne s'accroîtra pas également. J'ai d'ailleurs appris que, lorsque le club a connu des problèmes financiers, les supporters malinois s'étaient mobilisés et avaient organisé eux-mêmes des actions afin de récolter les fonds nécessaires. C'est fantastique. Des représentants des supporters sont d'ailleurs présents au comité de direction. L'attente des supporters est évidemment moins grande qu'au Standard. Ici, ils n'espèrent pas le titre. La 9e place, synonyme de maintien aisé, suffit à leur bonheur. Peut-être, mais je connais des clubs où l'on visait le titre et où l'on se retrouve 12e. Charleroi, oui. Un président se doit d'être ambitieux, mais en parlant du titre, il a mis une pression exagérément élevée sur les joueurs et l'entraîneur de l'époque, Philippe Vande Walle. Parler d'une place européenne aurait été plus réaliste. Je reste persuadé que le Sporting, avec de très bons joueurs français, a les moyens de viser le Top 6, sans doute pas plus haut. par daniel devos - photos: reporters