Anderlecht a modifié la structure tactique de sa ligne d'attaque depuis la mi-novembre. En gros, les Bruxellois sont passés de deux à trois artilleurs de métier. Placés en 3-4-3 lors de leurs phases offensives, ils ont misé, de droite à gauche, sur Ivica Mornar, Nenad Jestrovic et Gilles De Bilde à la finition face au GBA de Marc Degryse, fleuri et applaudi par tout le stade. C'était sa dernière apparition au stade Constant Vanden Stock avant la fin de sa carrière.
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Anderlecht a modifié la structure tactique de sa ligne d'attaque depuis la mi-novembre. En gros, les Bruxellois sont passés de deux à trois artilleurs de métier. Placés en 3-4-3 lors de leurs phases offensives, ils ont misé, de droite à gauche, sur Ivica Mornar, Nenad Jestrovic et Gilles De Bilde à la finition face au GBA de Marc Degryse, fleuri et applaudi par tout le stade. C'était sa dernière apparition au stade Constant Vanden Stock avant la fin de sa carrière. L'attaque mauve n'a pas eu la vie facile tant le GBA était parfaitement organisé en défense, solide dans sa ligne médiane... mais distrait à la finition. "Nous savions que ce ne serait pas facile", dit Franky Vercauteren. "Le GBA dispose de gros arguments techniques avec des joueurs très mobiles. Marc Degryse a l'art de faire tourner tout cela. Notre ambition était d'ouvrir la marque au plus vite pour asseoir plus calmement notre jeu. Sans cela, il a fallu cravacher jusqu'au bout avec trois attaquants ne s'étant guère entraînés cette semaine. Mais, quoi qu'il arrive, nous avons opté pour un trio offensif. Même si ce n'est pas toujours évident. Il y a eu des imperfections dans les mouvements collectifs. Anderlecht avance mais il reste du pain sur la planche. L'idée de base n'est pas née avec le retour de Jestrovic. A deux en pointe, Anderlecht manquait de profondeur: la zone de vérité était un peu désertée. Placé en embuscade, Alin Stoica est plus un médian offensif qu'un renard des rectangles". Ils se sont peu entraînésSi le boulot de ce trio ne fut guère compliqué contre La Louvière (5-2), il n'en fut guère de même vendredi passé. "Ils ont eu la malchance de ne pas beaucoup s'entraîner durant la semaine qui précéda la visite du GBA", constate Vercauteren. "Or, cela ne pardonne pas: il faut monter en tours en semaine, se situer sur le terrain, se fondre dans les mouvements collectifs à l'entraînement pour être bon en compétition. Jestrovic s'est blessé à l'épaule contre La Louvière et ne s'est entraîné avec le groupe que jeudi, la veille du dernier match. Quand on a besoin de travail, de temps de jeu et de sensations balle au pied, comme c'est son cas, la perte de temps est embêtante. Mornar est un phénomène. Il se dépense comme personne sur un terrain. Vendredi, contre le GBA, j'ai tout de suite deviné que la différence ne pouvait venir que de lui. Ce fut le cas quand son centre de fin de match fut victorieusement repris de la tête par Walter Baseggio... Mais Moka est sensible aux blessures, c'est connu. Il ne s'est guère entraîné la semaine passée car son genou lui posait des problèmes. Il a du métier à revendre et pèse mais, tactiquement, ce serait meilleur avec plus de présence aux entraînements. De Bilde était une fois de plus incertain car il traîne des blessures au pied depuis des mois. A la longue, cela le marque sur le plan mental. Sa production est bonne mais on sent une crainte qui l'empêche de pousser à fond sur le champignon". Contre le GBA, effectivement, seul Mornar s'est dépensé sans compter de la première à la dernière minute. Cependant, on a aussi constaté le manque de liant entre l'attaque et les autres pans de l'équipe. "Nous n'avons jamais dit que c'était parfait mais c'est un choix qui nous a permis de retrouver des couleurs au classement", lance Vercauteren. "Ils ne réagissent pas encore ensemble ou en même temps. Chacun y va de son effort, dans sa spécialité, malheureusement ce ne sont pas encore des mouvements globaux".Peu de redéployement défensifA ce jeu du placement tactique, Mornar a aidé plusieurs fois Junior sur le flanc droit. En début de match, Moka se replia très profondément dans son camp pour récupérer un ballon et lancer un effort offensif de 80 mètres. "C'est trop rare chez nos attaquants", dit Vercauteren. "Quand le trio d'attaque est placé dans les meilleures conditions, il doit se rendre compte que ça demande de gros efforts de la part des autres dans le travail de récupération. Pour nos trois attaquants, ce redéployement défensif ne semble pas primordial. En perte de balle, ils ne bougent pas assez et cela crée forcément des espaces entre l'attaque et la ligne médiane. Ils attendent. Or, on ne peut jamais subir les événements sur un terrain. Il faut les susciter et pour cela, un attaquant doit aussi assumer ses responsabilités défensives. Cela consiste parfois à se déplacer simplement de 20 ou 30 mètres à gauche ou à droite. C'est peu de choses pour un joueur mais c'est important pour une équipe. Mornar ne regarde pas toujours la balle quand le gardien adverse la dégage. Cela peut se matérialiser par un manque de réaction dans son chef et un pan qui s'ouvre pour l'équipe adverse. Jestrovic adore aussi rester en pointe mais attaquer ne suffit pas à ce niveau. Il doit aussi participer à la récupération. De Bilde est probablement le plus fort sur le plan technique. Mais comme les deux autres, il doit soigner le jeu sans ballon. En fait, les trois attaquants bougent bien quand l'équipe est en possession de la balle: ce n'est pas le cas en phase défensive, la pression est beaucoup plus forte sur Walter Baseggio et Yves Vanderhaeghe. Et c'est la qualité du ravitaillement de l'attaque qui est hypothéquée. Je pourrais dire que tout est parfait car nous gagnons souvent mais ce n'est pas exact. Ce n'est pas une question de mauvaise volonté. Je crois que leurs habitudes tactiques sont innées. Il y a des attaquants qui pensent au redéployement, d'autres n'ont jamais eu l'habitude de le faire. C'est là que se situe cette difficulté. Et ce n'est certainement pas de l'égoïsme. D'autre part, si nos trois attaquants sont complémentaires, je ne vois pas encore de double une-deux ou de grandes actions qui déstabilisent l'adversaire. Quand l'un d'eux déborde sur l'aile, ça ne signifie pas pour autant que l'autre ailier rentre automatiquement dans le jeu et offre des solutions. Chacun reste à sa place... alors que les permutations sont des sources de migraine pour l'adversaire".Bientôt plus de concurrence.Il est assez rare de voir De Bilde à droite ou Mornar à gauche. Chacun reste un peu trop cantonné dans sa zone préférée. Si le ménage à trois restera d'actualité jusqu'en fin de saison, les trois heureux élus du moment ne sont cependant pas installés à vie à leur place. Alin Stoica est monté au jeu à la 74e minute de jeu en lieu et place de Jestrovic contre le GBA. Où se situe le petit magicien roumain dans ce concert? Est-il sélectionnable quand le trio d'attaquants Mornar-Jestrovic-De Bilde est sur la ligne de départ? "Tout à fait. Au moment de monter, nous lui avons demandé de prendre place entre le duo Vanderhaeghe-Baseggio et l'attaque", certifie Vercauteren. "Il y avait un vide à combler, nos avants étant trop statiques. Le GBA s'était installé au coeur de ce vide. Alin a fait son boulot. En 4-4-2, il peut jouer en deuxième attaquant ou en soutien d'attaque. En pointe, il n'offre pas assez de profondeur et se replie naturellement vers le centre de la pelouse. Dans l'autre système, Alin Stoica peut très bien occuper une position nettement plus excentrée vers la gauche. Il a déjà occupé cette place qui cadre bien avec ses potentialités". Vercauteren se réjouit déjà du retour d' Aruna Dindane de la CAN et n'a pas oublié les atouts de Seol: "Aruna peut nous rendre des services tant à droite qu'en pointe et Seol est d'abord un homme de rectangle à l'image de Nenad. Quand tout le monde sera à pied d'oeuvre, il y aura d'autres solutions pour les trois places d'attaquant. Tous devront garder l'oeil ouvert afin de ne pas être surpris par la concurrence qui doit forcément régner dans un groupe comme à Anderlecht". Dia 1Pierre Bilic,reporters gouverneur