Avant les réveillons, Charleroi et Mons aimeraient trouver trois points sous leur sapin de Noël. Ce serait la meilleure façon de permettre à leurs supporters de passer de bonnes fêtes de fin d'année. Olivier Suray s'attend à un match fermé. Ce sera, en quelque sorte, une édition footballistique de Trivial Pursuit, chacun tentera de répondre plus vite que l'autre aux questions qui apparaîtront tout au long de ce duel. Qui payera les pots cassés ? Qui gardera la maîtrise de ses nerfs ? Qui posera le mieux son jeu ? Qui fera preuve d'une plus grande présence physique ? Qui effacera, le temps d'une joute, toutes les blessures encaissées depuis le début de la saison ? Qui, de SergioBrio, jeune entraîneur, ou de Robert Waseige, qui coachera pour la 800e fois en D1 belge, décrochera la timbale ? Olivier Suray est mieux placé que personne pour analyser les forces en présence. Acquis à la cause montoise, ce vieux baroudeur de l'élite, originaire de Gedinne, adore Charleroi, où il se fit ses griffes de footballeur pro, et ne pourrait pas être heureux loin de cette ville.
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Avant les réveillons, Charleroi et Mons aimeraient trouver trois points sous leur sapin de Noël. Ce serait la meilleure façon de permettre à leurs supporters de passer de bonnes fêtes de fin d'année. Olivier Suray s'attend à un match fermé. Ce sera, en quelque sorte, une édition footballistique de Trivial Pursuit, chacun tentera de répondre plus vite que l'autre aux questions qui apparaîtront tout au long de ce duel. Qui payera les pots cassés ? Qui gardera la maîtrise de ses nerfs ? Qui posera le mieux son jeu ? Qui fera preuve d'une plus grande présence physique ? Qui effacera, le temps d'une joute, toutes les blessures encaissées depuis le début de la saison ? Qui, de SergioBrio, jeune entraîneur, ou de Robert Waseige, qui coachera pour la 800e fois en D1 belge, décrochera la timbale ? Olivier Suray est mieux placé que personne pour analyser les forces en présence. Acquis à la cause montoise, ce vieux baroudeur de l'élite, originaire de Gedinne, adore Charleroi, où il se fit ses griffes de footballeur pro, et ne pourrait pas être heureux loin de cette ville. Après leur misérable début de championnat, Mons et Charleroi ont changé leur occupation de terrain. L'Albert est passé au 3-5-2, a revu l'organisation de sa défense, cherche sa vérité en attaque, tandis que les Zèbres ont opté pour le 4-4-2. Olivier Suray : " Dans le cas de Mons, il était logique de tenter quelque chose afin de stopper l'hémorragie. Tout entraîneur a ses idées et Sergio Brio a opté pour un 3-5-2 qu'il juge en phase avec les circonstances. Un système défensif avec libero peut être très intéressant et c'est désormais Alberto Malusci qui l'organise tandis que Liviu Ciobotariu et Mustapha Douai s'occupent du marquage. Il est possible de jouer à plat avec un trio défensif. Et cela a donné de bonnes choses durant quelques semaines (nul à La Louvière, succès contre l'Antwerp) avant que la machine ne se bloque par manque de confiance face au stress, surtout après la défaite chez nous contre St-Trond. Le doute s'est installé mais il ne peut pas miner pour toujours le moral d'un joueur professionnel. Or, il y a des fragilités qui nous ont coûté très cher. Dommage car le 5 sur 12 acquis lors des trois premiers matches de l'ère Sergio Brio était prometteur. Sans nos doutes, Mons aurait certainement compté quelques points de plus et on aurait souligné les qualités de nos choix tactiques et de notre volume de travail. Un match n'est jamais perdu à l'avance. On ne se rend pas à Bruges, par exemple, pour déguster des croquettes de crevettes. Celui qui ne supporte pas ce poids hebdomadaire doit abandonner la D1 pour la Promotion. Un 3-5-2 bien animé est intéressant : les trois arrières peuvent occuper toute la base défensive de la pyramide. Il y a un homme de plus dans le secteur stratégique du centre du terrain afin notamment de soutenir les attaquants. Un des problèmes de Mons, mais aussi de Charleroi et des autres équipes du bas de classement, réside dans sa difficulté à marquer des buts. A la longue, cela pèse. La saison passée, tout tournait autour de la présence imposante de Cédric Roussel dans le rectangle adverse. Il marquait beaucoup et la confiance était de rigueur dans tout le groupe. Charleroi en est revenu au 4-4-2, le système préféré de Robert Waseige. Mais, là aussi, on devine qu'il ne suffit pas de parler d'un système : il faut les hommes qui conviennent. Et la mentalité, comme dans notre cas, doit être à la hauteur afin d'en tirer des profits. Mons traverse le même genre de crise que Lokeren qui, après s'être qualifié pour l'Europe, est désormais dans les tréfonds de la D1. Il y a quelques années, tout était en place pour que le 4-4-2 soit le grand atout des Zèbres. Dans ce système, beaucoup dépend de l'entente entre les backs et les médians latéraux situés devant eux. Il faut que les coulissements soient parfaits et c'était le cas, par exemple, entre mon amiDante Brogno et moi-même. Les observateurs se demandaient même si j'étais arrière ou médian. A gauche, il en allait de même avec Marco Casto ou Rudy Moury et Raymond Mommens. Je mettais souvent le nez à la fenêtre en me pointant dans le rectangle adverse. Quand je militais dans l'axe défensif, Roch Gérard prenait bien le relais sur le flanc. L'homogénéité des ailes était importante mais il est vrai que le centre de la ligne médiane appartenait à Eric Van Meir et Pär Zetterberg, un duo de très haut vol. Derrière, il y avait aussi un certain Cedo Janevski. Neba Malbasa était un point d'appui formidable en pointe. C'était une machine bien huilée. Dès que Robert Waseige est arrivé au Mambourg, j'ai deviné que Charleroi passerait rapidement au 4-4-2. Les Carolos n'encaissaient pas beaucoup de buts car toute l'équipe était surtout structurée sur le plan défensif. C'était la grande obsession des Zèbres qui éprouvaient dès lors de la peine à changer leur fusil d'épaule quand l'excellent BertrandLaquait encaissait un but. Le seul attaquant de pointe ne pouvait pas renverser le cours des événements. Grégory Dufer a dépanné en avançant d'un cran mais je maintiens que ce joueur, ayant un grand avenir, est d'abord un homme de couloir, surtout dans le 4-4-2 souple de Robert Waseige. Adekanmi Olufade est revenu dans le coup après sa blessure mais il faut trouver les bons fils tactiques avec NamandjanTraoré, Gilson, Alexandre Di Gregorio, etc. Les deux équipes ont beaucoup de pain sur la planche. La peur de perdre devrait jouer un rôle important lors de ce match à six points. Il faudra garder la maîtrise de ses émotions ". La nervosité est grande dans les deux camps. Les deux entraîneurs assumeront logiquement un rôle important. Avec ses 799 matches de D1 belge au compteur, Robert Waseige connaît notre football sur le bout des doigts. Par rapport à ce tableau de chasse unique, Sergio Brio n'en sera qu'à son dixième match à la tête d'une équipe belge. La différence est appréciable. Robert Waseige mise beaucoup sur le dialogue. Par rapport à lui, Sergio Brio ne parle pas couramment français, a besoin de quelques traducteurs autour de lui afin d'expliquer sa pensée. Ce déséquilibre peut-il jouer un rôle important dans la phase de préparation d'un derby régional de cette importance ? Olivier Suray : " Nous allons assister au choc de deux hommes de métier. Robert Waseige connaît tous les joueurs de l'élite, mesure bien leurs atouts sportifs et sait même, à la limite, ce qui se passe dans les têtes. Le coach carolo peut tout dire en un mot. Mais il peut aussi cerner des vérités sportives en parlant du dernier film à la mode ou d'une recette de cuisine. L'échange avec les joueurs est évidemment un de ses atouts. Tout cela ne veut pas dire que Sergio Brio est un bleu. Tout le monde connaît sa carte de visite. C'était le top en tant que joueur et il en est de même en tant que coach. Mais, dès le départ, tout a été présenté négativement. Marc Grosjean est un excellent technicien qui retrouvera à coup sûr du travail en D1. Les médias ont, quelque part, cherché à lui rendre hommage, à le mettre sur un podium, ce qui n'était pas nécessaire, en critiquant tout ce qui se passait à Mons. Quand GeorgesHeylens, Luka Peruzovic ou Robert Waseige se sont installés à Charleroi, le renouveau y est aussi passé par une plus grosse charge de travail. Sergio Brio a aussi obtenu des différences importantes : les terrains mieux soignés, des mises au vert,... Tout le monde a parlé de nos 55 heures de travail par semaine. Ridicule. Non, ce n'est pas Alcatraz, pas du tout. Tout doit rester dans le groupe mais il est possible que certains lâchent un truc marrant à un ami ou à un journaliste. C'est une façon peu intelligente de se donner de l'importance à bon marché. Quand on voit ce que cela déclenche ensuite, surtout dans les médias, il y a de quoi réfléchir. Que ce soit dans le groupe, ou à l'extérieur, ce n'est pas le moment de raconter n'importe quoi. Il n'y a qu'une chose qui importe : le maintien en D1. Il faut parler sur le terrain, pas ailleurs. Et il faut le faire maintenant, pas quand il sera trop tard. Il n'y a que la D1 qui compte mais cet honneur se mérite. On a dit que la mafia était à Mons. Cela nous a fait un tort énorme. Mais est-ce qu'on sait ce que ce mot veut dire ? Sergio Brio voulait que son discours passe le plus vite possible. Dès lors, il était logique que le coach s'entoure de collaborateurs parlant sa langue. A ce rythme-là, on affirmera un jour que toutes les pizzerias sont contrôlées par la mafia car on y parle italien. Sergio Brio en a vu d'autres, heureusement ". Les deux équipes ont un évident accent français et l'influence bleu-blanc-rouge y est importante. Le Trivial Pursuit se prolongera durant la trêve hivernale. L'accent sera d'abord mis sur le recrutement de forces offensives. Ali Lukunku, par exemple, ne joue pas à Galatasaray et est cité à Mouscron mais il serait étonnant que Mons ou Charleroi ne lui fassent pas une offre. Dragons et Zèbres fouilleront dans les listes de joueurs délaissés afin de dénicher, en Belgique ou à l'étranger, les hommes de la différence. Mons est très intéressé par Olivier Doll, Aleksandar Ilic et Dejan Mitrovic. Robert Waseige doit rêver d'un régisseur à la Pär Zetterberg. Ces futurs mouvements, parfois annoncés de longue date, comme à Mons, ne sont-ils pas mal vus par les noyaux ? Olivier Suray : " A mon avis, les deux clubs ont le même problème : la finition. C'est d'abord dans ce secteur que Mons et Charleroi tenteront de se renforcer. N'est-ce pas logique ? Le contraire serait un manque d'ambition. A Charleroi, on aligne Traoré, puis Gilson et enfin Dufer à côté d'Olufade. C'est la preuve qu'on y cherche encore la bonne combinaison. Il est possible que certains ne supportent pas bien la concurrence. Dans le cas de Mons, il faut plus de présence en zone de vérité. Zoran Ban et Emmanuel Kenmogne bougent plus que Roussel autrefois. Ils sont différents : Cédric était l'homme du dernier geste, de la rupture. Zoran se déplace plus, garde bien la balle, cherche la combinaison. J'apprécie l'apport des joueurs français. Ils amènent leur savoir technique dans un football belge très organisé. A Charleroi, Bertrand Laquait brille toutes les semaines. Sans lui, le Sporting posséderait quelques points de moins. La saison passée, LaurentMacquet a fait la différence. Il cherche la forme, un peu comme Eric Joly chez nous. Les deux clubs sont en situation de défi. A mon humble avis, Mons l'emportera de toute justesse : 1-0 ". Pierre Bilic" On dit que la mafia est à Mons. Un jour, on affirmera que toutes les pizzerias sont contrôlées par la mafia... "