Été 2007. Pour la toute première fois de ma vie, j'assiste à l'entièreté d'un match de femmes. Et encore bien, dans le légendaire Maracanã de Rio de Janeiro. J'ai attendu l'âge de 41 ans pour vivre cette expérience, alors que j'ai toujours été fou de foot. C'est la finale des Jeux Panaméricains, soit les Jeux Olympiques des Amériques, qui oppose les États-Unis au Brésil.
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Été 2007. Pour la toute première fois de ma vie, j'assiste à l'entièreté d'un match de femmes. Et encore bien, dans le légendaire Maracanã de Rio de Janeiro. J'ai attendu l'âge de 41 ans pour vivre cette expérience, alors que j'ai toujours été fou de foot. C'est la finale des Jeux Panaméricains, soit les Jeux Olympiques des Amériques, qui oppose les États-Unis au Brésil. La Brésilienne Marta est la star incontestée de la partie. Avec ses pieds de velours et sa superbe technique, elle est la Messi féminine. J'ai les yeux bien grands ouverts. Le stade est comble pour pousser la Seleção. Le Brésil s'impose devant un public familial et bruyant. Des hommes supportent des femmes. Je n'avais jamais vu ça. Marta est la seule joueuse qui a eu l'honneur d'avoir les pieds pris en empreintes pour la postérité à l'entrée du Maracanã. Elle est en bonne compagnie, placée entre Pelé, Zico et Garrincha. À l'autre bout du monde, quelques jours avant cette finale, une petite fille du Brabant flamand joue au foot partout et tout le temps. Après avoir dû longtemps insister auprès de ses parents, elle reçoit finalement l'autorisation de s'inscrire à un stage dans son village. Elle est la seule fille de la famille et personne n'est tranquille. Audrey se consacre au foot pendant des années et finit par arriver au top. Pas simple. Parce qu'on parle ici d'une période, pas si lointaine, où le football féminin ne bénéficiait pas vraiment d'un traitement de faveur. Il n'y a pas longtemps que les amateurs masculins de football, grâce aux efforts des médias et de nombreux clubs, suivent le foot des dames. Les préjugés tombent les uns après les autres et on le doit notamment à des stars mondiales comme Marta, à la beauté naturelle et au talent footballistique de joueuses comme l'Américaine Alex Morgan, et à la percée de Tessa Wullaert, icône du foot féminin dans notre pays. Audrey a entre-temps concrétisé son rêve de gamine. Elle est devenue internationale belge (40 caps) et s'est construit un palmarès remarquable. Elle a remporté la BeNeLeague avec le Standard, elle a collectionné sept titres nationaux, et le coach fédéral Ives Serneels la considère comme une des footballeuses les plus brillantes qu'il ait dirigées. Aujourd'hui, Audrey Demoustier est à la tête de six académies de football à Bruxelles, où elle prend en charge des filles de cinq ans et plus. Elle est également la seule femme à coacher en Super League, depuis que son White Star a rejoint l'élite féminine belge. La course contre-la-montre pour rattraper le retard sur les hommes est plus que jamais engagée.