La Jupiler Pro League a été fortement critiquée pour n'avoir pas repris le championnat, arrêté en mars, contrairement à d'autres pays. Sur base du nombre de blessures encourues ailleurs, on peut dire que c'était une sage décision. Que ressort-il de ces données ? Après une pause de près de deux mois, l'Espagne a disputé les onze dernières journées de la saison passée cet été. Durant cette période, on a recensé 116 blessures alors qu'en temps normal, il n'y en a que 80. 82 des 116 blessures étaient des atteintes musculaires. Celles-ci ont ...

La Jupiler Pro League a été fortement critiquée pour n'avoir pas repris le championnat, arrêté en mars, contrairement à d'autres pays. Sur base du nombre de blessures encourues ailleurs, on peut dire que c'était une sage décision. Que ressort-il de ces données ? Après une pause de près de deux mois, l'Espagne a disputé les onze dernières journées de la saison passée cet été. Durant cette période, on a recensé 116 blessures alors qu'en temps normal, il n'y en a que 80. 82 des 116 blessures étaient des atteintes musculaires. Celles-ci ont doublé. Les statistiques de la Bundesliga révèlent que dans des conditions normales, on déplore 0,27 blessure par match. Ce chiffre est passé à 0,88 par match, soit trois fois plus, après la reprise de la compétition. On ne dispose pas encore de données sur la nouvelle saison, mais des collègues m'ont dit qu'ils dénombraient plus de blessures qu'en temps normal. Nous avons cherché des explications. L'une d'entre elles pourrait être que les joueurs ont beaucoup couru pendant le printemps, qu'ils ont suffisamment entretenu leur condition cardio-vasculaire, mais pas assez le travail mécanique. Démarrer, s'arrêter, courir, sprinter, travailler les muscles de manière concentrique et excentrique, comme en match, en fait. On ne peut pas stimuler cet aspect dans des séances de course, surtout quand elles sont dirigées à distance. Le mental est un autre aspect. Le repos est positif, mais seulement si on s'est entraîné. Un silent workout n'est possible qu'après un effort. Or, celui-ci n'a pas été accompli. Nos clubs professionnels se sont préparés différemment. Cette préparation a généralement été plus longue - huit semaines au lieu de six, mais avec peu de matches amicaux, pas plus de trois ou quatre alors que d'habitude, les équipes disputent neuf rencontres. Amenés progressivement à disputer nonante minutes, les joueurs titulaires sont ainsi mieux préparés à l'intensité des rencontres de championnat et aux duels. L'aspect mental joue un rôle : peu de contacts, pas de douche, des matches organisés différemment, à une autre intensité, et l'obligation permanente d'éviter toute contamination. L'absence de matches a épargné cet aspect aux amateurs et aux séries provinciales. En semaine, les équipes périodisent pour être performantes, mais les matches du week-end peuvent être subitement reportés. Il est difficile de programmer des matches amicaux. À terme, ce manque de régularité accroît le risque de blessures. Sans pic, comment préparer le match suivant ? Beaucoup d'entraîneurs sont confrontés à ce problème actuellement.