Le coronavirus ne desserre pas son étau. Il s'est brutalement abattu sur nous. Au début, une réaction forte et globale constituait la seule solution.
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Le coronavirus ne desserre pas son étau. Il s'est brutalement abattu sur nous. Au début, une réaction forte et globale constituait la seule solution. Nous voilà cinq mois plus tard. Le virus va encore rester présent longtemps. Nous allons donc devoir le gérer avec plus de précision et de réflexion. Ça signifie aussi que les autorités doivent admettre qu'elles ne sont pas omniscientes. Pour surmonter les prochains mois, ou y survivre, il faut écouter attentivement les personnes responsables et trouver des solutions tenables pendant cinq ou six mois, voire davantage. Nous sommes loin d'un tel scénario. La plage d'Ostende peut accueillir 10.000 personnes parce qu'elle peut ainsi faire respecter une distance de 1,5 mètre entre chaque personne. D'accord. Selon les provinces, un stade de football d'une capacité de 30.000 spectateurs ne peut en admettre que cent, voire zéro. Pas d'accord. On peut aller au cinéma à condition de porter un masque et de respecter les règles de distanciation. D'accord. Les gens sont les bienvenus dans les cafés et les restaurants moyennant le respect de quelques mesures de sécurité. D'accord. Mais, selon les provinces, les événements sportifs en salle et les concerts ne peuvent se dérouler que devant cent personnes ou même zéro. Pas d'accord. Pourquoi ne suis-je pas d'accord ? Parce que c'est arbitraire. De fait, il est acceptable et même nécessaire de fixer des objectifs clairs et d'imposer des limites à tous les événements, en salle comme à l'extérieur. Demandez aux organisateurs de tous les événements sportifs et culturels d'établir un protocole, imposez des mesures claires (distance de 1,5 mètre, port du masque, contrôle de la température, inscription obligatoire...). Donnez aux organisateurs sportifs ou culturels la possibilité d'élaborer eux-mêmes une proposition. Ils connaissent leur terrain. Responsabilisez-les, mais acceptez aussi leur responsabilité. S'ils échouent, comme les décideurs centraux l'ont fait en annonçant l'élargissement de la bulle à quinze personnes, retirez-leur votre confiance. Responsabilisez les organisateurs culturels et sportifs. Et quand ils assument leurs responsabilités, offrez-leur du crédit. Je m'adresse aux responsables culturels et sportifs : unissez-vous, agissez ensemble, travaillez en concertation avec les experts, déposez des propositions concrètes et contrôlables. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons traverser cette crise d'une manière acceptable.