"Le football amateur, la base de notre sport ", peut-on lire sur le site de la Fédération belge de football. Le terme de " football amateur " est inapproprié : il fait référence à l'amateurisme. Le concept, du moins comme l'explique l'UB, semble opérer un distinguo avec le " football professionnel ". Ce n'est pas tout à fait exact non plus. Chaque club de première nationale, la plus haute division en dehors de la Pro League, doit comporter au moins cinq joueurs disposant du statut de sportif rémunéré, à partir d'un certain moment. Donc, des amateurs sont parfois (semi) profe...

"Le football amateur, la base de notre sport ", peut-on lire sur le site de la Fédération belge de football. Le terme de " football amateur " est inapproprié : il fait référence à l'amateurisme. Le concept, du moins comme l'explique l'UB, semble opérer un distinguo avec le " football professionnel ". Ce n'est pas tout à fait exact non plus. Chaque club de première nationale, la plus haute division en dehors de la Pro League, doit comporter au moins cinq joueurs disposant du statut de sportif rémunéré, à partir d'un certain moment. Donc, des amateurs sont parfois (semi) professionnels. Les dirigeants des différentes fédérations ont compris qu'il fallait bannir le terme de football amateur. On parle maintenant de première nationale et de deuxième et troisième ACFF. De facto, la première nationale est devenue l'échelon le plus élevé que peuvent viser nos clubs. La Pro League est devenue inaccessible. Pour pouvoir s'asseoir à sa table, il faut répondre à des conditions sévères. Des conditions trop sévères. On ne peut pas non plus s'y frayer une place : il faut demander à pouvoir faire partie de ce " club de l'élite ". Il faut lui promettre une fidélité éternelle. Parfois, il faut acheter des indulgences pour que le buffet puisse être étendu de seize à 18 convives. Mais une fois la porte divine ouverte, c'est l'opulence. Les patrons des chaînes TV sportives servent généreusement les invités de la table d'honneur, à l'exception de ceux qui y sont arrivés grâce à leur indulgence. On peut acquérir les cuillers en or pour des cacahuètes auprès de l'État belge. Mais, pour citer Cruijff, " tout inconvénient a son avantage ". Maintenant, les joueurs et les clubs du " football amateur " savent au moins à quelles fins ils jouent. Car celui qui achève la saison en tête est, pour un an, le champion du football national. Pendant ce temps, Dieu semble avoir oublié que nos clubs, avec leurs nombreux jeunes et volontaires, forment bel et bien la base du football, comme Il le proclame lui-même sur son site. Seulement, beaucoup de clochers risquent de disparaître. Seules les grandes cathédrales fastueuses tiennent bon. Les supporters, ces croyants, ne trouvent plus le chemin de l'église du village. Mais pas de souci : ils peuvent suivre l'eucharistie hebdomadaire de leur divan, du vendredi soir au lundi soir. Et en ces temps de pandémie, les fidèles ont même un autre choix : celui de se passer des chants grégoriens en arrière-fond. Dieu, ton Église est en feu, tes paroisses risquent de perdre beaucoup de fidèles. Elles ne peuvent plus chauffer ni entretenir leur chapelles. Elles ont un mal fou à fournir une formation digne de ce nom à leurs jeunes acolytes. Mais préserve-nous d'un schisme. Car ton infinie bonté vaut pour tout le monde, non ? Amen.