Imaginez-vous... Vous êtes une personne puissante, mais chaque matin, vous vous levez avec la même obsession : comment vais-je survivre à cette journée ? C'était l'état d'esprit de Sénèque, philosophe brillant, auteur, mais aussi principal conseiller de l'empereur romain Néron dans les années 50 après J.-C. Sénèque avait un boulot de dingue pour couvrir les frasques de son patron. Mais - par opportunisme - il l'aidait aussi à prendre des décisions dramatiques.
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Imaginez-vous... Vous êtes une personne puissante, mais chaque matin, vous vous levez avec la même obsession : comment vais-je survivre à cette journée ? C'était l'état d'esprit de Sénèque, philosophe brillant, auteur, mais aussi principal conseiller de l'empereur romain Néron dans les années 50 après J.-C. Sénèque avait un boulot de dingue pour couvrir les frasques de son patron. Mais - par opportunisme - il l'aidait aussi à prendre des décisions dramatiques. Peter Croonen est un homme charmant, et loin de moi l'idée de le mettre sur le même pied que Néron. Je connais des gars dans le monde du football qui sont bien plus proches de ce profil. Mais lors de chaque réunion de la Pro League, je ne peux m'empêcher de penser à Sénèque. Et de songer à ce fameux dicton : " Il n'y a point de vent favorable pour celui qui ne sait dans quel port il veut arriver. ". Les gens de la Pro League ne savent jamais vers quel port leur bateau navigue. Et donc, forcément, ils sont en permanence dans l'oeil du cyclone. Au cours des dernières années, ils ont cochonné la grande majorité de leurs dossiers importants : l'opération Mains Propres, le format du championnat, le contrat télé, la crise du coronavirus. Et, last but not least, un règlement caduc concernant les agents de joueurs. En contribuant constamment à fragmenter les votes des clubs dans des domaines divers, ils obtiennent des décisions inconstantes et s'enfoncent dans le micro-management. La Pro League a besoin d'un plan global, pensé par un management professionnel. Pour y parvenir, elle doit travailler ses membres au corps et viser un compromis. Un tel plan, étalé sur plusieurs années, doit reprendre tous les grands sujets. Euthanasier la D1B, un championnat qui n'a aucune raison de vivre. Composer une ligue professionnelle unique et semi-fermée, avec seulement un descendant via un barrage. Durcir progressivement les conditions d'obtention de la licence, de façon à réduire le nombre de clubs professionnels au cours des prochaines saisons. Préparer l'inévitable BeNeligue, afin que nous ne soyons pas dribblés prochainement par l'Atlantic League, entre autres. Conclure un contrat de survie avec les ligues amateures, le terreau de notre football, là où les jeunes et les arbitres sont formés. Ramener ainsi du calme dans la boutique et se concentrer sur le développement créatif du produit football. Et surtout : désigner des managers et des dirigeants indépendants, capables de construire des ponts entre les clubs. En tout cas, ne surtout pas nommer un Sénèque à la barre.