Vous restez mince. Pratiquez-vous toujours un sport?

Lorenzo Staelens (38 ans):C'est une question de constitution. Je reste actif car je m'entraîne avec l'équipe et j'ai participé au quart de triathlon de Knokke. Mon chrono est mauvais: 2 h 40. Trouver le bon rythme en nageant n'est pas facile et quand on sort, on a la tête qui tourne. Ensuite, en vélo, j'ai vu des gens de 60 ans, mieux entraînés, me dépasser. Une fois par semaine, je joue au tennis avec ma fille, Daphné (12 ans).
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Lorenzo Staelens (38 ans):C'est une question de constitution. Je reste actif car je m'entraîne avec l'équipe et j'ai participé au quart de triathlon de Knokke. Mon chrono est mauvais: 2 h 40. Trouver le bon rythme en nageant n'est pas facile et quand on sort, on a la tête qui tourne. Ensuite, en vélo, j'ai vu des gens de 60 ans, mieux entraînés, me dépasser. Une fois par semaine, je joue au tennis avec ma fille, Daphné (12 ans). Vous êtes régent en éducation physique. éa vous aide?L'aspect pédagogique m'a été utile quand je m'occupais des jeunes mais je n'ai jamais donné cours. Je voulais à tout prix avoir un diplôme car je ne pensais pas devenir professionnel. La dernière année, je faisais la navette entre Louvain, où j'étudiais, et Courtrai. Maintenant, avec les bouchons du ring, ce serait impossible! J'aurais aimé faire la licence mais c'était trop difficile à combiner avec le football. Vos enfants sont-ils sportifs?Oui. Alessio, notre fils de huit ans, est Diablotin à Mouscron. Il n'est pas dénué de qualités mais on verra. Son poste? Médian ou attaquant. Parfois, il me demande pourquoi j'ai retiré untel car il le trouvait bien (il éclate de rire). Daphné s'y connaît aussi et joue bien mais elle pratique le tennis, cinq fois par semaine. Ce n'est pas beaucoup comparé à d'autres. En fait, au-delà d'un certain âge, on n'acquiert plus de technique. Toutefois, l'école demeure l'essentiel et si ses résultats venaient à pâtir du tennis, nous reverrions son agenda sportif. Elle a pleuré lorsque j'ai quitté Bruges pour Anderlecht: elle était née là-bas et les enfants s'attachent à leur cadre. Là, par exemple, elle avait Tonton Franky. A Anderlecht, elle apprécie aussi beaucoup Filip De Wilde et Yves Vanderhaeghe. Non, à Mouscron, elle n'a pas encore d'oncle. Je suis content qu'ici, ils deviennent bilingues. Avant, Françoise et moi passions au français quand nous ne voulions pas qu'ils comprennent ce que nous disions. Nous devons faire attention et grâce à la télévision, leur anglais est encore meilleur! Alessio... Ce n'est pas courant en Belgique.Nous avons cherché un prénom à la bibliothèque, dans un volume énorme (il en montre l'épaisseur des doigts). Ce n'est pas en référence à un joueur. Etes-vous un entraîneur stressé?A partir du rendez-vous de l'équipe, oui car nous n'avons plus rien à faire avant le match. Le pire, c'est l'impuissance sur le banc. Le poste de coordinateur des jeunes m'absorbait beaucoup plus. J'avais du travail de bureau et j'étais pris le soir aussi.Et la politique?Ce n'était pas compatible avec le football: je ratais des réunions, je n'étais pas au courant de certaines choses. Beaucoup ne font rien pendant leur mandat. Moi, si je ne peux pas m'acquitter de ma tâche, je préfère la céder à un autre. Je reste toutefois disponible pour les gens, pour les bonnes oeuvres... Je suis les actualités. Le sport aussi, et pas seulement le football car je respecte toute les disciplines, même les fléchettes. J'admire ceux qui font bien quelque chose. Ceci dit, les problèmes du monde m'interpellent. Touchons du bois mais nous sommes vraiment du bon côté. Il y a les catastrophes naturelles. C'est comme pour la pédophilie: en parle-t-on plus ou ces horreurs sont-elles en augmentation?...Comment avez-vous fait la connaissance de Françoise?J'étais client à la boucherie de ses parents. Elle venait aux matches. Un jour où j'avais mal joué, on m'a retiré. J'ai discuté avec elle pendant la fin du match.Restez-vous en contact avec le Japon?Oui, avec le président d'Oita, notamment. Il va sans doute monter en D1. Ce fut une expérience positive. La discipline et le respect des Japonais sont fantastiques. Mon interprète était terrorisé: mon anglais n'était pas terrible, il avait un accent difficile à comprendre et il ne connaissait rien au foot: j'ai dû lui expliquer mais l' off-side, rien à faire! (Il rit). Il sonnait mais jamais il n'a voulu monter chez nous. Y retourner en juin a été plus gai car j'ai pu faire plein de choses. Avec les Japonais, professionnellement, il n'y a pas de problème mais en dehors, ils ne vous invitent pas, par exemple. En revanche, quelle honnêteté! Une fois, j'avais oublié mon pain, au supermarché. A midi, l'interprète me téléphonait: j'étais connu et le magasin avait réalisé une véritable enquête pour remonter jusqu'à moi. A la fin de la journée, je suis allé chercher mon pain. Le boulanger m'attendait, avec quelques brioches en plus! Quel genre d'homme est Lorenzo?Françoise Vancoillie (34 ans): Lorenzo est honnête, il aime son foyer, il s'occupe des enfants. En fait, les deux dernières années ont été pénibles pour moi, lorsqu'il a séjourné au Japon puis quand il est devenu coordinateur des jeunes: je me suis retrouvée seule avec les enfants et le ménage. Il ne m'aide pas dans les tâches ménagères (Lorenzo esquisse une mimique d'excuse) mais il me décharge: en conduisant les enfants à leurs activités sportives, par exemple, il me permet de me consacrer au ménage et quand il rentre, c'est terminé. Quelle a été votre expérience du Japon?Je m'y suis ennuyée car Lorenzo était souvent absent: les déplacements sont longs et l'équipe était souvent partie trois jours pour un match. S'il y avait eu une école internationale, j'aurais aimé que nous y restions. C'eût été un enrichissement pour les enfants. Las, l'école était à une heure et demie de route et ils auraient dû vivre en internat. Fréquenter l'école du coin leur aurait fait perdre deux ans, puisque la saison coïncide avec l'année civile. Une année aurait été acceptable. Les enfants ont appris quelques mots de japonais, grâce à un petit livre dont ils se servaient dans leurs contacts avec les autres. Les Japonais sont des enfants modèles. L'école était nouvelle. Les arbres fraîchement plantés avaient perdu leurs feuilles: et bien, les enfants devaient les ramasser. Essayez ici! Y retourneriez-vous en vacances?Oui. J'aime la chaleur. Nous venons de passer, cet été, deux semaines aux Iles Dominique. Nous voulions effectuer une fois au moins un beau voyage, car jusqu'à présent, c'était impossible à cause de la scolarité des enfants. Nous sommes partis fin juin-début juillet. Maintenant, c'est de nouveau fichu pour longtemps... Nous avons fait beaucoup de sport et d'activités et nous avons rencontré des Belges, des Waeslandiens. Nous n'avons pas eu de voyage de noces: quand nous nous sommes mariés, il était en tenaille entre l'équipe militaire et la reprise des entraînements. Lorenzo est allé en Afrique du Sud en novembre dernier, pour une collaboration. C'est tentant. Travaillez-vous?Plus depuis 14 ans. Avant, je travaillais à la boucherie de mes parents, à Lauwe. Je ne m'ennuie pas mais je cherche des activités, à l'école. Je suis bénévole à la Noël, le vendredi, j'aide les enfants à lire. Les enfants sont répartis en groupes, selon leur force. Depuis deux ans, j'ai le meilleur groupe. Etes-vous sportive?Je l'ai été. J'adore l'athlétisme, le demi-fond. Depuis son départ pour le Japon, je n'ai plus trouvé le temps de courir mais je vais m'y remettre. Le début est toujours dur, surtout dans les sports individuels. Je regarde les matches de football quand j'y connais quelqu'un et je suis Mouscron à domicile. Nous en parlions plus avant. Maintenant, ça se limite aux blessés et à ce genre de choses.Vous avez un fer à repasser professionnel!Il le faut, avec des enfants aussi sportifs! Même si beaucoup de vêtements sont infroissables, la masse de linge reste impressionnante et j'aime qu'ils soient impeccables. Il faut dire que je suis maniaque: parfois, lorsque nous regardons une vidéo, je pense à ce qu'il reste à faire et je m'y mets. (Lorenzo: C'est embêtant quand elle passe l'aspirateur.)Qui s'est occupé de la décoration?Moi. J'aime ce qui est frais et lumineux. Cependant, je doute beaucoup et alors, Lorenzo tranche. (L'intéressé sourit: Je sens ce qu'elle veut...) Je réalise des arrangements floraux, à base de zinc, notamment, comme ces bustes, j'aime coudre. Quel genre de films aimez-vous?Notre choix est souvent dicté par l'intérêt des enfants. Lorenzo aime les thrillers, moi, je préfère les comédies et les drames: sinon, je m'énerve et je ne sais pas dormir. J'allume la radio tous les jours, je suis aussi les actualités... mais pas les trucs du style de Big Brother. Au début, comme tout le monde, on a jeté un coup d'oeil, par curiosité. C'est incroyable le succès que ça a: les jeunes passent leur temps sur internet pour dire qui doit quitter la maison ou pas! Ce n'est pas le cas de nos enfants: l'accès à internet est réservé aux besoins scolaires. Joue-t-il du piano?(Elle rit): Non, c'est pour les enfants et il suffit d'appuyer sur les touches qui s'allument! Pascale Piérard