Il aurait pu entrer en ligne de compte pour notre rubrique C'est vous le nouveau ? Car avant de goûter une nouvelle fois à l'élite de notre football, cette saison, avec le KV Ostende, Yasin Karaca (20 ans) ne comptait qu'un quarteron de matches de D1 à son compteur : à Anderlecht d'abord, puis à Westerlo, où le meneur de jeu belgo-turc avait été prêté lors de la saison 2001-02.
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Il aurait pu entrer en ligne de compte pour notre rubrique C'est vous le nouveau ? Car avant de goûter une nouvelle fois à l'élite de notre football, cette saison, avec le KV Ostende, Yasin Karaca (20 ans) ne comptait qu'un quarteron de matches de D1 à son compteur : à Anderlecht d'abord, puis à Westerlo, où le meneur de jeu belgo-turc avait été prêté lors de la saison 2001-02. " Avec le recul, je me suis déjà fait plus d'une fois la réflexion que je n'aurais peut-être jamais dû délaisser le Parc Astrid si tôt ", observe le joueur. " Mais il me tardait de devenir titulaire. Or, malgré deux prestations de très bonne facture contre Charleroi d'abord, en championnat, puis face au Lokomotiv Moscou, en Ligue des Champions, je ne fis plus jamais partie des plans de bataille de l'entraîneur, Aimé Anthuenis, pendant le premier volet de la saison. Lassé de faire banquette, je voulais à tout prix faire montre de mes aptitudes sur le terrain et c'est la raison pour laquelle je m'étais empressé de répondre favorablement à l'appel des Campinois. Ce fut sans doute une erreur car je n'étais pas prêt, sur le plan purement footballistique, à relever ce nouveau défi. Au sein des diverses équipes d'âge par lesquelles j'avais transité, au Sporting, puis plus tard chez les doublures et en Première, j'avais toujours été habitué à évoluer dans un contexte où le ballon se trouvait les trois quarts du temps dans nos rangs. Or, voilà que du jour au lendemain, j'étais subitement confronté, à Westerlo, avec une formation qui ne dictait pas les événements sur le terrain. Habitué à monopoliser le cuir tant et plus, je n'avais d'autre ressource que de le chasser incessamment. Cette transition abrupte explique pourquoi je n'ai pas pu donner la pleine mesure de mes possibilités au Kuipje. J'espérais pouvoir me réhabiliter, par la suite, à De Graafschap, aux Pays-Bas, estimant que dans une compétition beaucoup plus ouverte qu'en Belgique, mes qualités s'exprimeraient mieux. Mais là aussi, hélas, il m'a fallu déchanter. Non pas pour des raisons sportives mais plutôt humaines. Le coach, là-bas, n'avait tout bonnement pas fait de mon recrutement une priorité. Mais la direction, qui avait déjà accueilli un autre jeune Anderlechtois, Kevin Nicolay, lui avait quelque peu forcé la main. Du coup, il a pris sa revanche en faisant souvent l'impasse sur moi lors des matches ". Après une expérience d'un an outre-Moerdijk, Yasin Karaca concrétise alors l'un de ses objectifs : jouer en Turquie. Non pas à Galatasaray, le club qu'il a toujours porté dans son c£ur, mais à Sebatspor, sur la mer Noire, où il débarque au cours de l'été 2003. Mais là aussi, l'aventure n'est, malheureusement, que de courte durée. Et, au bout d'un an à peine, il se le tient pour dit. " Au départ, Sebatspor n'offre évidemment pas les mêmes consonances familières que les grands du football stambouliote comme le Gala, Besiktas ou Fenerbahce ", dit-il. " Mais il y a toujours eu un système de vases communicants entre ce club et Trabzonspor, à dix kilomètres de là. Chaque année, l'un ou l'autre élément effectue toujours la jonction. Et c'est avec l'idée d'épouser une trajectoire semblable que je m'étais lié à Sebatspor. Mais à la place de monter moi-même de catégorie, je dus composer avec des footballeurs qui descendaient d'un cran. Certains durent céder leur place et j'étais de leur nombre. Du jour au lendemain, je n'avais plus voix au chapitre. Pas plus qu'à mes sous, d'ailleurs. Car, dans l'intervalle, un même raz-de-marée avait emporté la direction ainsi que tout le staff technique. A partir de ce moment, j'ai décompté les jours. Je n'aspirais plus qu'à une seule chose : revenir en Belgique, près de ma famille, avec l'espoir de repartir du bon pied. Cette opportunité s'est finalement matérialisée par le biais d'Ostende. D'aucuns diront que c'est un pas en arrière par rapport à Anderlecht et Westerlo, mais je considère cette année chez les Côtiers comme un tremplin. L'essentiel, à mes yeux, est de retrouver le plaisir de jouer que j'ai perdu à l'étranger. Non que cette période ne m'ait pas été profitable sur certains points : aux Pays-Bas ainsi qu'en Turquie, j'ai dû apprendre à me battre, tant sur la pelouse que dans la vie de tous les jours et j'ai changé. Je ne suis plus seulement un fin technicien, j'ai du répondant physique aussi. Et, surtout, j'ai mûri pendant tout ce temps ". Jusqu'à présent, hormis la position précaire du KVO au classement, le changement d'orientation a été bénéfique à Karaca. Même si, à Ostende aussi, il a parfois déjà dû déchanter. Comme lors de la visite de son Sporting, quand l'entraîneur, Gilbert Bodart, le retira du jeu suite au renvoi immérité au vestiaire de Dimitri Habran. " Ce match, j'en avais fait une fixation et voilà qu'il s'achevait pour moi alors qu'il venait à peine de commencer ", regrette Yasin. " C'est râlant car je reste persuadé qu'à 11 contre 11, nous aurions pu poser des problèmes à mes anciens coéquipiers. Face au Club Bruges, nous avions déjà été proches de l'exploit. Mais sur ce coup-là, sans les errances de l'arbitre, Serge Gumienny, je demeure convaincu que nous aurions obtenu au moins un point. Le plus important, pour nous, reste de glaner des unités face à des concurrents directs pour le maintien. En partageant l'enjeu à St-Trond, nous avons presque rempli notre contrat. Car sur l'ensemble de la partie, nous aurions mérité de prendre la totalité de l'enjeu au Staaienveld. Reste qu'en réalisant un même draw contre Beveren, nous sommes désormais en retard sur notre tableau de marche. Il faudra absolument rectifier le tir lorsque nous serons opposés à des phalanges comme le Cercle Bruges, Charleroi, Brussels et Genk d'ici la fin novembre. A ce moment-là, nous saurons aussi à quoi nous pouvons nous en tenir cette saison. Personnellement, je suis confiant. Mons et St-Trond, pour ne citer que ces deux-là, ne nous sont pas supérieurs. Aucun adversaire ne m'a d'ailleurs impressionné pour l'instant. Pas même Anderlecht. Le jour où le ballon roulera pour nous et que nous nous coacherons mieux entre joueurs sur le terrain, je suis sûr que nous décollerons. Et ce futur-là n'est plus très éloigné, j'en suis sûr ".n Bruno Govers" J'ai quitté ANDERLECHT trop tôt "