1û7 décembre

Tom Boonen : " J'ai pris plus de repos que d'habitude. Je n'ai rien fait pendant trois ou quatre semaines. J'en avais besoin. Je suis resté chez moi. Après 20 jours à la Vuelta, puis Paris-Tours et le Mondial au Canada, j'avais assez voyagé. Malgré ce repos, je n'ai pas pris de poids mais je surveille à nouveau mon alimentation. Le matin, quelques tartines. Je saute un repas, à midi ou le soir, pour ne consommer que des fruits. Ça coupe l'appétit et ça diminue la ration de calories.
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Tom Boonen : " J'ai pris plus de repos que d'habitude. Je n'ai rien fait pendant trois ou quatre semaines. J'en avais besoin. Je suis resté chez moi. Après 20 jours à la Vuelta, puis Paris-Tours et le Mondial au Canada, j'avais assez voyagé. Malgré ce repos, je n'ai pas pris de poids mais je surveille à nouveau mon alimentation. Le matin, quelques tartines. Je saute un repas, à midi ou le soir, pour ne consommer que des fruits. Ça coupe l'appétit et ça diminue la ration de calories. Je montais quand même sur mon vélo en parcourant peu de kilomètres et lentement. J'entame cette semaine la préparation. J'ai roulé 120 km lundi et mardi, avec mon partenaire habituel, Erik Lievens. Nous sommes partis vers 9 h 30 pour trois heures et demie. Lundi après-midi, j'ai passé une heure à la salle de muscu. Mercredi, j'ai effectué un test à l'effort à Louvain, à la demande de l'équipe. Je suis dans les temps. Les résultats sont similaires à ceux de l'an passé. On commence avec une résistance de 100 watts, qu'on augmente de 40 toutes les huit minutes. Comme il y a un an, j'ai tenu une heure vingt. J'ai même fait un peu mieux car mon pouls est resté plus bas (183). On nous conseille de nous entraîner avec un pulsomètre. Jeudi, congé, pour pédaler de 100 à 120 km le vendredi. L'année dernière, je passais plus de temps en salle. Beaucoup de collègues suent comme des fous pendant deux mois en salle avant de reprendre leur vélo, du jour au lendemain. Je me demande ce que ça apporte. Moi, je travaille en fonction du schéma d'US Postal. Je muscle les jambes à la presse mais je renforce aussi les abdominaux et les muscles dorsaux. Je fais trois tours sérieux de vingt minutes : trois fois vingt abdos, trois séries de vingt pour le dos, trois fois vingt poussées à la presse, le tout multiplié par trois, en faisant un peu de vélo entre chaque volet. Ça me prend deux heures. Avant, c'était plus long mais je travaillais aussi les bras, avec cinq ou six exercices. A vélo, je suis surtout mon instinct et... les conditions atmosphériques. J'utilise quand même les schémas de la KUL et de Luca Guercilena, notre entraîneur, pour avoir des directives d'ensemble. Samedi, j'ai roulé dans les bois des environs puis sur route, une heure et demie. Dans les bois, on travaille la technique. Dimanche, j'ai dormi tout mon saoûl et n'ai roulé que l'après-midi, pour m'entretenir : 50 km. Au total, j'ai parcouru 500 km cette semaine. Ce sera le double quand la préparation battra son plein. Lundi, j'ai entamé mon régime habituel : 120 km. Le mercure ne dépassait pas cinq degrés mais on ne sent le froid qu'au visage et aux mains. Au bout de trois heures, c'est pénible, surtout qu'on brûle plus de calories. L'après-midi, j'ai donc préféré la salle, plus intensément que la semaine passée. Mardi, trois heures et demie sur la route. Je n'aime pas m'entraîner seul. Outre Erik Lievens, mon groupe est composé de Kevin Hulsmans, Ludo Dierckxsens, Johan Verstrepen et Tom Vannoppen. Parfois, nous croisons des Limbourgeois : Mario Aerts, Geert Verheyen, Gert Vanderaerden, Jan Kuyckx... On essaie de faire mal aux autres et ça crée de l'émulation. Mercredi après-midi, l'équipe s'est envolée vers l'Italie, en stage. On nous a distribué le matériel, dont les nouveaux vélos Time, on a tourné un film de promotion pour la présentation de l'équipe etc. Nous nous sommes aussi entraînés, plus que l'an passé : quatre heures par jour au lieu de trois, sur un parcours très vallonné, ce qui me change des profils plats de chez moi. A Cecina, on nous a donné le programme jusqu'aux championnats nationaux. D'ici là, j'aurai 50 jours de course dans les jambes : Tour du Qatar, Route du Soleil, Circuit Het Volk et/ou Kuurne-Bruxelles-Kuurne. Via Paris-Nice, je me prépare à Milan-Sanremo, première épreuve de Coupe du Monde, puis ça commence : Waregem, Harelbeke, Tour des Flandres, toutes les classiques jusqu'au GP de l'Escaut. Après, plus de compétition pendant un mois mais un stage et une semaine de repos. J'aimerais prendre le départ du Tour. En guise de préparation, je courrai les tours d'Allemagne ou de Suisse. L'hôtel de Cecina est sobre mais suffisant. Nous ne sommes pas des footballeurs ! Je partage toujours ma chambre avec Jurgen Van Goolen. En Italie, il y avait 20° et du soleil. C'est dur de se réentraîner dans le froid. Mardi et mercredi, je me limite à des sorties de deux ou trois heures mais je passe chaque fois deux heures en salle. Je dois augmenter la durée et le kilométrage. Le jeudi est dur. De Lanaken, où habite Bram Tankink, Jurgen Van Goolen et moi reconnaissons une partie de l'Amstel Gold Race. Nous abattons 150 km en cinq heures dans les côtes néerlandaises. Les deux jours suivants, je roule la même distance. Dimanche, le temps est épouvantable. Je reste à la maison. Lundi matin, échocardiogramme à Geel, un check-up annuel pour obtenir un permis de compétition. Ensuite, je m'astreins à une rude séance mais au bout d'une heure et demie, alors que je suis très loin de chez moi, il neige. Retourner dans ces conditions n'est pas marrant ! En plus, je suis seul... Mardi, j'en reviens à mes 150 km. Ça vaut mieux, avec les fêtes qui approchent. Mais dépasser le cap des cinq heures est inutile : il faut aussi se reposer. Pas de vélo à Noël. Le réveillon se passe chez mon amie. Mon beau-frère et moi devons préparer le repas. Ça se passe bien pour une première. Eh oui, je dois avouer n'avoir jamais cuisiné. Le jour de Noël, nous visitons le reste de la famille. Ensuite, trois jours de vélo, chaque fois cinq heures. Les deux premiers jours, à nouveau cinq heures, dans le vent. Le dernier jour de l'année, deux heures puis nous allons boire un verre entre copains d'entraînement. La soirée commence de manière classique : rendez-vous familial chez la grand-mère. Ensuite, place aux copains. Puis à une vie d'ascète. Le temps est exécrable et je m'entraîne à la maison le 2 janvier. Heureusement, JohanMuseeuw, WilfriedCretskens, Jurgen Van Goolen et moi partons le lendemain en stage à Nice. Nous roulons nos premiers kilomètres le samedi après-midi. Dimanche, une première séance rude de cinq heures mais je suis pris de nausées et je dois abandonner Une gastro-entérite m'a empêché de profiter de ce stage. Je n'ai parcouru que la moitié des kilomètres prévus et lentement car après 200 mètres en côte, mes jambes n'en voulaient plus. Je suis obligé de me reposer jeudi et vendredi aussi. Je passe mon temps à avaler des pilules pour reconstituer ma flore intestinale. Puis vendredi, j'assiste à la présentation de l'équipe, sans me sentir très bien. Je me ressaisis le week-end sans être à 100 %. J'espère que je suis guéri car mardi, le 13 janvier, nous effectuons le deuxième stage en équipe. Je râle d'avoir dû lever le pied mais ce n'est pas un drame : le Circuit Het Volk, c'est dans deux mois. L'expérience m'a appris que par mauvais temps, s'entraîner dehors n'apportait pas grand-chose. Donc, une heure et demie de home-trainer. Si, pendant le premier stage, nous avons eu des tas d'activités annexes, cette fois, l'entraînement a été le centre de tout. Après deux jours à cinq heures, le jeudi, nous roulons 210 km à 36 km/h. Dans les collines de Cecina, ce n'est pas mal du tout. A la fin, nous y allons à fond. Le chemin côtier qui nous ramène à l'hôtel s'y prête bien : démarrer, contrer, etc... L'équipe a été divisée en deux groupes. Dans le mien, personne n'a lâché prise en côte. Souvent, certains y sont contraints, à cause d'un hiver médiocre. Pas cette année. Le reste de la semaine est aussi dur. J'aime ça : je préfère un entraînement dur de six heures à une heure calme. Dans une brève sortie, on ne sait pas où rouler. On doit vite faire demi-tour. Je retire plus de satisfaction d'une longue séance. Ensuite, massage, repas : voilà le régime de ces journées. Le soir, nous regardons un film sur notre ordinateur ou relevons notre courrier électronique. Une fois, j'ai fait du shopping au centre. Je me suis acheté quelques trucs et je voudrais ramener quelque chose à ma copine mais je ne connais pas exactement sa taille. Ça peut être dangereux ! Les jours qui suivent un stage aussi éprouvant doivent être consacrés à la récupération. S'entraîner dur, c'est bien, se reposer aussi. Il faut laisser à son corps le temps de récupérer des efforts. On ne progresse pas en allant tout le temps dans le rouge. Au milieu de la semaine, je sens que je peux reprendre mon rythme de quatre à cinq heures. Kevin Hulsmans roule au Tour Down Under, Ludo Dierckxsens et Johan Verstrepen sont en Espagne. Je suis seul avec Erik Lievens. Changement agréable, j'ai l'occasion de piloter la voiture de Freddy Loix. Génial ! Il ne faut pas sous-estimer l'entraînement des pilotes de rallye. Ils doivent travailler le physique tout en reconnaissant le parcours et en maîtrisant d'autres facettes. Le mercredi, vol à destination du Qatar. Le premier jour de compétition nous attend le samedi. Je termine deuxième du Doha International. Super pour le moral. J'entame donc le Tour du Qatar dans de bonnes conditions et ma victoire au sprint dans la deuxième étape me comble. Si je n'avais pas roulé comme un fou dans la quatrième étape, j'aurais emporté le Tour avec une large avance. Au début, je me demandais pourquoi passer 12 jours dans le désert, sur un parcours tout plat. Je me suis trompé. Jamais mon pouls moyen n'a été aussi élevé dans une course à étapes. Même pas à la Vuelta. Nick Nuyens a atteint une moyenne de 167 dans une étape. Le vent latéral, violent, secoue le peloton au moindre démarrage. Quand on est en bordure du groupe, il faut se battre. Les gens n'y connaissent rien au cyclisme mais respectent nos performances. Il n'y a guère de monde à l'arrivée, hormis ceux qui sont obligés d'y être, mais c'est quand même une course de préparation idéale. Si ça ne tient qu'à moi, je remets ça l'an prochain plutôt que de courir en Australie. Conclusion : mentalement et physiquement, je suis bien. Le travail sérieux commence... Roel Van den Broeck" Je préfère SIX HEURES à FOND QU'UNE HEURE COOL "