Qu'avez-vous retenu de la première semaine de la Coupe d'Afrique des Nations ?

René Taelman : A l'exception du pays organisateur, la Tunisie, qui fut le premier à se qualifier pour les quarts de finale, les grosses pointures ont manifestement éprouvé des difficultés pour entrer dans cette compétition. Ce fut d'abord le cas du Cameroun, auteur d'un nul inattendu face à l'Algérie (1-1), puis du Sénégal, contraint à un partage vierge face à ses voisins du Burkina Faso. Mais le résultat le plus retentissant, ce fut évidemment la défaite du Nigeria devant le Maroc (1-0). Toutes ces formations se sont toutefois reprises à l'occasion de leur deuxième match de poule. Les Lions Indomptables en laminant le Zimbabwe 5-3, ceux de la Teranga en battant le Kenya 3 à 0 et les Super Eagles en renvoyant l'Afrique du Sud à ses chères études : 4 à 0. D...

René Taelman : A l'exception du pays organisateur, la Tunisie, qui fut le premier à se qualifier pour les quarts de finale, les grosses pointures ont manifestement éprouvé des difficultés pour entrer dans cette compétition. Ce fut d'abord le cas du Cameroun, auteur d'un nul inattendu face à l'Algérie (1-1), puis du Sénégal, contraint à un partage vierge face à ses voisins du Burkina Faso. Mais le résultat le plus retentissant, ce fut évidemment la défaite du Nigeria devant le Maroc (1-0). Toutes ces formations se sont toutefois reprises à l'occasion de leur deuxième match de poule. Les Lions Indomptables en laminant le Zimbabwe 5-3, ceux de la Teranga en battant le Kenya 3 à 0 et les Super Eagles en renvoyant l'Afrique du Sud à ses chères études : 4 à 0. De fait, seule la Guinée s'est fait surprendre lors de sa deuxième apparition sur les pelouses tunisiennes en concédant deux points stupides face au Rwanda (1-1). Toutefois, si Titi Camara avait exploité toutes les occasions qui lui ont échu durant cette partie, ce match, le Sily National l'aurait emporté sur un score de forfait. Pour y avoir travaillé durant un an, je dirai que les Ecureuils béninois avaient déjà rempli amplement leur contrat en forgeant pour la première fois de leur histoire leur qualification pour l'apothéose de la CAN. La semaine dernière, j'avais fait remarquer dans ces mêmes colonnes que le Rwanda avait dû racler les fonds de tiroir pour composer un noyau de 22 joueurs plus ou moins compétitifs. De fait, il n'en est pas allé autrement pour le Bénin dont le joueur le plus emblématique, Omar Tchomogo, évolue à Guingamp. Pour le reste, il faut composer là-bas avec des éléments évoluant à un échelon beaucoup plus modeste comme Félicien Singbo, qui joue à Airdrie United en Ecosse ou encore Adigo Dinalo qui est actif au FC Schönberg 95 en Allemagne, c'est tout dire. Et ce qui vaut pour ces deux pays est aussi d'application aux deux autres même si, au Zimbabwe et au Kenya, j'ai vu quelques très bons manieurs de ballons. Comme Peter Ndlovu, l'attaquant de Sheffield United, ou le jeune Kenyan Dennis Oliech, qui joue au Qatar à El Arabi. Il est tout bon. L'un d'entre eux n'a pas raté ses débuts internationaux. Il s'agit bien évidemment de Peter Odemwingie, auteur d'un doublé face à l'Afrique du Sud. De simple substitut au départ, il est devenu super-sub en l'espace d'une rencontre. Je crois qu'il a un bon coup à jouer dans la mesure où deux de ses concurrents à la pointe de l'attaque nigériane ont été renvoyés pour mesures disciplinaires : Victor Agali, le forward de Schalke et Yakubu Ayegbeni, le puncheur de Portsmouth. C'est donc l'occasion ou jamais, pour le Louviérois, de faire son trou chez les Super Eagles. Pour le reste, j'ai retenu les prestations de son coéquipier Maâmar Mamouni avec l'Algérie contre l'Egypte. Celui-ci a livré un match parfait, ponctué d'un magnifique but de la tête. Il est simplement dommage que la fête ait été gâchée pour lui par une exclusion due à une réaction épidermique sur l'un des Pharaons. Enfin, je m'en voudrais de ne pas mettre en exergue la prestation de Lamine Traoré avec le Burkina Faso contre le Sénégal. L'arrière anderlechtois a tout simplement réalisé le match parfait contre le redoutable attaquant de Liverpool El Hadj Diouf à cette occasion. Du grand art ! C'est incroyable que ce garçon n'ait toujours pas fait son trou au Sporting. Le Mali, assurément, qui prouve que sa troisième place en 2002 ne relève pas du hasard. Après la Tunisie, les Aigles ont été les deuxièmes à se qualifier pour les quarts de finale. C'est une équipe en plein essor, susceptible de se bonifier encore de 30 % alors que d'autres me paraissent en fin de cycle. C'est le cas du Sénégal qui devra sans nul doute remodeler son effectif après cette CAN. Propos recueillis par Bruno Govers