Il faut toujours jouer le match ou courir la course pour connaître le gagnant. Et après coup, les pronostics de tous les spécialistes du monde ne valent quasiment plus tripette. C'est comme avec Ronaldo. Au début du Mondial, la terre entière le trouvait trop gros et trop lent. Pourtant, au fur et à mesure des matches de poules, il a démontré qu'un joueur pouvait vieillir et se rendre toujours aussi utile en jouant différemment. Lui, il l'a fait en rôle de pivot, donnant les passes plutôt que les recevant seul en pointe et occupant souvent intelligemment l'adversaire. De la fine stratégie.
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Il faut toujours jouer le match ou courir la course pour connaître le gagnant. Et après coup, les pronostics de tous les spécialistes du monde ne valent quasiment plus tripette. C'est comme avec Ronaldo. Au début du Mondial, la terre entière le trouvait trop gros et trop lent. Pourtant, au fur et à mesure des matches de poules, il a démontré qu'un joueur pouvait vieillir et se rendre toujours aussi utile en jouant différemment. Lui, il l'a fait en rôle de pivot, donnant les passes plutôt que les recevant seul en pointe et occupant souvent intelligemment l'adversaire. De la fine stratégie. Si les joueurs prennent leurs décisions sur le terrain, les coaches le font avant le match et vivent et meurent forcément avec leurs idées. Parfois avec le détachement d'un samouraï se faisant hara-kiri. Raymond Domenech, par exemple, a conservé une sérénité remarquable lors des critiques à son encontre. En bord de terrain pendant les matchs aussi, d'ailleurs. On peut ne pas être d'accord avec tous ses choix (le fait de ne jouer qu'avec un avant par exemple), le Tricolore en impose par sa classe. Dans le genre " seul le calme peut nous sauver ", il assure et c'est sans doute ce qui doit énerver encore plus les collègues français qui le harcèlent en faisant une montagne d'une crotte de souris. En Belgique, par contre, si on pense à la dernière assemblée générale de l'Union Belge samedi dernier, on peut dire que la montagne a accouché d'une souris. Après des semaines sinon des mois de propagande et de lobbying, la fédération a hérité d'un nouveau président qui n'interpelle personne. Elu par le comité exécutif, François De Keersmaecker présentait l'avantage de ne fâcher personne. Finalement le seul candidat avec Michel Preud'homme du fait de retournements de dernière minute, De Keersmaecker est un nobody pour le public belge. Ne le prenez pas personnellement, Monsieur le président (et félicitations pour votre nomination), mais le football belge a raté l'occasion de poser un geste fort. Cela fait suffisamment longtemps que l'on attend un personnage important venu du terrain et Preud'homme était celui-là. Malheureusement, en se présentant comme candidat à la présidence en dernière minute, il n'avait aucune chance d'être élu. D'ailleurs, il aurait certainement été atterré d'être élu. Il ne se présentait qu'à la condition de ne pas l'être... La raison est claire : pour être président, il ne faut pas être attaché à un club (c'est ce qui a fait voler la candidature de Roger Vanden Stock). Mais Preud'homme (DT au Standard) ne veut pas se permettre de travailler comme dirigeant national sans salaire... et la présidence ne donne droit à aucun salaire. C'était donc une candidature pour rien. Une vraie comédie. Pierre Bilic vous explique tout cela à la perfection en page 40. C'est sans doute le moment de se souvenir que Preud'homme avait été élu à la première place de notre Top 100 en janvier dernier sur base de ses qualités de DT au Standard et chez les Diables Rouges et pour tout ce qu'il... pouvait apporter à notre foot. Aujourd'hui, Preud'homme n'est plus " que " DT du Standard puisqu'il a été remplacé par Antoine Van Hove à la DT des Diables Rouges. Mais autant De Keersmaecker a une bonne tête de compromis à la belge (et autant on a redistribué les cartes), autant on a également manqué une occasion d'aller dans le sens de l'inévitable scission entre foot pro et amateur. Qu'on ne s'y trompe pas, les guéguerres vont continuer à pourrir l'ambiance en D1. C'est dommage parce que contrairement à ce que le scandale des matches truqués avait pu laisser paraî-tre la saison dernière, les clubs belges ne vont pas aussi mal que ça. Témoin : la spectaculaire envolée des prix de transferts payés par des clubs de D1 belge en ce mercato d'été. Mbark Boussoufa, Koen Daerden, François Sterchele, les cas sont nombreux. C'est positif pour pas mal de choses car il en ressort du respect vis-à-vis de son propre public, des joueurs et des clubs vendeurs et on conserve du talent dans notre royaume. Et ça, c'est grâce aux clubs de D1... john baete