Traités comme du bétail !

Demain, 15 décembre 2005, cela fera dix ans jour pour jour que la Cour européenne a voté l'arrêt Bosman. La jeunesse actuelle n'a évidemment pas connu Jean-Marc en tant que joueur, mais les futurs professionnels qui font bien sûr partie de cette catégorie, peuvent d'ores et déjà remercier le Liégeois pour le combat qu'il a mené contre les instances dirigeantes du football.
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Demain, 15 décembre 2005, cela fera dix ans jour pour jour que la Cour européenne a voté l'arrêt Bosman. La jeunesse actuelle n'a évidemment pas connu Jean-Marc en tant que joueur, mais les futurs professionnels qui font bien sûr partie de cette catégorie, peuvent d'ores et déjà remercier le Liégeois pour le combat qu'il a mené contre les instances dirigeantes du football. Je peux naturellement témoigner que l'ancien système de transferts était tout simplement scandaleux. Quand on pense qu'un footballeur de mon époque en fin de contrat était pieds et poings liés avec son club, on se dit qu'en ce temps-là, les dirigeants pouvaient traiter les joueurs comme du bétail. La seule garantie qui existait à l'époque pour les footballeurs (en tout cas en Belgique), c'était l'obligation au club d'offrir au minimum un contrat annuel brut représentant 8,5 % du prix de transfert demandé par les dirigeants. Par exemple, un bon défenseur qui ne jouait pas en équipe nationale était certain de percevoir + ou - 42.500 euros bruts par saison pour une somme de transfert de 20 millions. Résultat : prix trop important pour pouvoir partir et salaire dérisoire pour un joueur de cette qualité. Normal : ce sont les clubs et la Fédération qui avaient inventé cette réglementation. Il fallait que ce système archaïque prenne fin et sans Jean-Marc Bosman, il n'est pas certain que les choses auraient changé en 2005. Beaucoup de gens prétendent, et les dirigeants les premiers, que l'arrêt Bosman a fait énormément de tort aux clubs, mais je pense que ce sont surtout les petits clubs qui sont quelque peu lésés. Les grands clubs européens reçoivent des droits TV faramineux, des primes énormes de l'UEFA, offrent des salaires mirobolants et paient des sommes de transferts jamais atteintes avant 1995. Par contre, les clubs moyens doivent investir dans la formation ou essayer de faire de la plus-value à la revente sur leurs éléments. Les clubs belges ont plutôt choisi la deuxième formule car les jeunes n'ont pas l'air de les intéresser. Pourquoi ne serions-nous pas capables de suivre en Belgique l'exemple d' Auxerre qui lui, revend principalement des joueurs formés dans ses murs ? Grâce à Bosman, la plupart des stars des grands clubs gagnent de 6 à 15 millions d'euros par an, somme que les stars de la génération 80 style Diego Maradona ou Michel Platini percevaient quasiment sur l'entièreté de leur carrière. Les joueurs moyens de tous les championnats ont vu également leur salaire exploser (même si en Belgique, crise dans les clubs oblige, on a revu depuis la plupart des contrats vers le bas) mais combien d'entre eux ont-ils fait un geste envers Jean-Marc pour son combat ? La Fédération veut favoriser l'éclosion des jeunes joueurs belges notamment en obligeant la présence de deux éléments de moins de 21 ans sur la feuille d'arbitre mais autorise un nombre illimité d'extra-communautaires avec de plus un statut fiscal favorable par rapport aux joueurs de l'Union européenne ! Le Standard paie les amendes chaque week-end et Beveren a déjà aligné 11 titulaires ivoiriens. L'arrêt Bosman veut dire libre circulation des travailleurs de l'Union européenne ! Il n'est donc pas étonnant de voir de nombreux jeunes joueurs belges faire les beaux jours des clubs de D1 hollandaise, là au moins on leur fait confiance ! etienne delangreJE PEUX TÉMOIGNER QUE L'ANCIEN SYSTÈME DE TRANSFERTS ÉTAIT TOUT SIMPLEMENT SCANDALEUX