2002 est une année historique pour le Real Madrid. Quelle impression cela vous fait-il d'entrer dans l'histoire comme le président du centenaire?

Florentino Perez: Je n'accorde pas trop d'importance à ça. L'important, c'est le Real Madrid. Pas moi. Etre le président d'un tel club est évidemment un privilège. Et la fonction n'en prend que plus d'éclat en cette année de festivités.
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Florentino Perez: Je n'accorde pas trop d'importance à ça. L'important, c'est le Real Madrid. Pas moi. Etre le président d'un tel club est évidemment un privilège. Et la fonction n'en prend que plus d'éclat en cette année de festivités. Je n'ai pas encore réalisé grand-chose, mais je peux m'estimer satisfait d'avoir pu éliminer ce fardeau qui nous rendait la vie impossible. Je veux parler, évidemment, de cette énorme dette que le club avait consentie.Non, j'étais au courant des chiffres. La dette atteignait les 325 millions d'euros. Il était impossible de survivre avec un tel passif.C'est simple. Nous étions propriétaires d'un terrain sur lequel était érigée la Ciudad Deportiva, autrement dit le centre d'entraînement et de formation. Ce complexe, bâti voici 50 ans, était devenu trop exigu pour nos aspirations actuelles, mais au fil du temps, la Communauté Urbaine de Madrid s'est étendue et le terrain s'est retrouvé situé dans l'une des meilleures zones de la capitale. Nous l'avons vendu. Avec l'argent récolté, nous avons pu éponger la dette et, en outre, construire un nouveau centre d'entraînement dix fois plus grand et qui, bientôt, sera également situé dans une très bonne zone. Non, une grande équipe doit être formée d'un ensemble d'éléments: des grands joueurs issus du centre de formation, qui entourent les meilleurs joueurs du monde. C'est ce mélange de stars et de joueurs du cru qui a fait la grandeur du Real Madrid. Mais le Real Madrid, c'est davantage qu'une équipe. C'est aussi une culture à laquelle les joueurs s'identifient. Dans cette culture, il y a le leadership, le fighting-spirit et la camaraderie. C'est tout cela qui a valu au Real Madrid d'être élu meilleur club du siècle.Non. Le règlement de la Ligue Espagnole limite, de toute manière, à quatre le nombre d'étrangers qui peuvent être alignés simultanément lors d'un match de D1. La majorité des joueurs sur le terrain sont donc Espagnols. Et, dans le cas du Real Madrid, ils sont même Madrilènes. C'est notre volonté.Di Stefano pour toujoursJe me suis rendu au stade depuis l'âge de quatre ans. J'ai vu à l'oeuvre beaucoup de joueurs remarquables, mais je peux difficilement oublier Alfredo Di Stefano.C'est difficile à chiffrer. Les temps ont changé. Si nous avons décidé de nommer Alfredo Di Stefano président d'honneur du Real Madrid parce qu'il symbolise l'histoire vivante de ce club, cela démontre à quel point il est apprécié.Je le pense, oui. Si nous maintenons encore longtemps notre niveau, l'équipe actuelle pourrait également entrer dans la légende.Attirer les meilleurs joueurs du monde au Real Madrid n'est pas une folie. C'est une chose tout à fait normale.Le président qui a changé le cours de l'histoire du Real Madrid est, sans conteste, Santiago Bernabeu.Non, et je m'en réjouis. Le football est demeuré très populaire, en particulier parmi les jeunes. Je peux même dire que le nombre de candidats-spectateurs s'accroît sans cesse. Il n'y a pas si longtemps, les tribunes du stade Santiago Bernabeu laissaient régulièrement apparaître des sièges inoccupés. Actuellement, il fait le plein pour tous les matches de championnat.Les grands joueurs et le spectacle attirent le public, c'est clair. Et, lorsqu'ils ont été satisfaits, les gens reviennent.Toujours obligé de gagnerLe Real Madrid est toujours obligé de viser le plus haut possible dans toutes les compétitions auxquelles il participe. Cette année, qui est celle du centenaire, est spéciale. Les trophées ne sont pas une obligation, mais il va de soi que nous espérons en remporter un maximum. A commencer par la Coupe du Roi, ce mercredi soir, contre le Deportivo La Corogne. L'objectif que nous nous sommes fixé est de réaliser un fabuleux triplé: championnat, Coupe du Roi et Ligue des Champions. Cet objectif n'a jamais été atteint au cours des 100 années précédentes. Ce sera, forcément, très difficile mais nous avons bon espoir d'arriver à nos fins.Pouvoir évoluer dans ce maillot immaculé, c'est un petit cadeau que nous nous sommes offerts pour le centenaire. Mais je ne pense pas que ce soit envisageable éternellement. Ceci étant dit, le sponsor qui voudrait éventuellement voir son nom sur nos maillots devra payer le prix fort. Combien? Plus de 12,5 millions d'euros par saison.Oui, j'en suis conscient. La marque "Real Madrid" est très intéressante, mais il nous manque un éventail de produits et une bonne distribution. Dans quelques mois, cependant, nous disposerons de plus de 150 articles destinés à la vente et notre réseau de distribution sera amélioré.Des changements de formule trop fréquents doivent être évités. La formule actuelle est meilleure que la précédente, j'estime qu'il est donc préférable de la conserver. Un changement doit impliquer une amélioration. Je ne suis pas convaincu qu'on bonifierait la Ligue des Champions en la modifiant une nouvelle fois.Personne n'est devin. Prédire l'avenir est très difficile. Mais je ne pense pas que, dans un avenir rapproché, les grands clubs européens déserteront leurs championnats nationaux. Les deux compétitions doivent coexister. Actuellement, le club qui arrive en finale de la Ligue des Champions dispute 17 matches internationaux. C'est suffisant.Je me représenterai aux élections présidentielles aussi longtemps que j'estime qu'il subsiste des projets à réaliser.Ils sont nombreux. Sur le plan économique, sur le plan sportif et au niveau de nos infrastructures, ainsi qu'au niveau de l'image du Real Madrid.Elle est bonne, mais il est de notre devoir de la fortifier et de l'améliorer. C'est l'unique manière de perpétuer notre popularité.Pas du tout. Je trouve normal que des clubs de football entrent en bourse, mais dans ce cas-là, le Real Madrid perdrait son identité. Les socios du Real Madrid veulent être propriétaires de leur club. C'est l'un des éléments qui nous différencient des autres clubs. Les socios veulent s'accaparer, non seulement des succès sportifs du club, mais aussi toute la culture qui l'entoure.Daniel Devos, envoyé spécial à Madrid, ,"Les jeunes continuent d'adorer le foot et notre club" (Florentino Perez)"Toujours un mélange de stars et de joueurs du cru" (Florentino Perez)