Selon l'institut international d'histoire et de statistique du football, Milan, avec 271 points, est le troisième club au monde dans le classement allant du 1er octobre 2005 au 29 septembre 2006. Il est seulement devancé par Séville (287) et Barcelone (281).
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Selon l'institut international d'histoire et de statistique du football, Milan, avec 271 points, est le troisième club au monde dans le classement allant du 1er octobre 2005 au 29 septembre 2006. Il est seulement devancé par Séville (287) et Barcelone (281). Pourtant, tout ne tourne pas bien ces derniers temps à Milan, qui reste sur trois partages consécutifs (0-0) contre Livourne, Lille en Ligue des Champions et Sienne. Avant les matches pour l'Euro 2008, Milan était 12e de Serie A avec 3 points en cinq matches... mais il était parti avec 8 points de handicap !. S'il ne faut pas directement parler de crise, Milan est donc en panne de buts malgré ses succès initiaux contre la Lazio (2-1) le 9 septembre, l'AEK Athènes (3-0) en Ligue des Champions le 12, à Parme (0-2) le 17 et contre Ascoli (1-0) le 20. Dès le match suivant, à Livourne, a débuté toute une série de polémiques et des joueurs ont ouvertement critiqué l'entraîneur. A sa sortie du terrain, ClarenceSeedorf a jeté par terre une bouteille d'eau et hurlé en direction du banc. L'entraîneur CarloAncelotti lui a répondu violemment. Le tout devant les caméras qui diffusaient - une première ! - les dialogues entre l'équipe et l'entraîneur. Un peu plus tard, le Hollandais a déclaré qu'il était d'accord avec le système de jeu (4-3-2-1) choisi. Mais dans quelle mesure ce revirement n'était-il pas suggéré par la direction ? Ancelotti, lui, s'est plaint de la présence massive des caméras : " Je n'ai rien contre les télévisions (elles ont payé) mais l'association des entraîneurs doit nous soutenir ". AdrianoGalliani, le vice-président, a écouté la plainte d'Ancelotti mais a rappelé à l'entraîneur que le groupe de télévision Mediaset appartient au holding Fininvest dont fait également partie le club... Et, énervé, le dirigeant a conclu : " Vous devez remercier les télévisions parce qu'elles vous ont enrichis. Avant, vous touchiez 300.000 euros de salaire annuel maintenant vous en percevez trois millions ". Bref, le voyage vers le Nord de la France fin septembre en Ligue des Champions ne s'est pas déroulé dans la meilleure ambiance. A la fin du nul blanc contre Lille au stade Félix Bollaert de Lens, le médian brésilien Kaka s'en est pris à Ancelotti auquel il reprochait de n'avoir aligné qu'un seul attaquant. Ces propos n'ont pas calmé les choses et le coach a rappelé à ses joueurs de faire preuve de retenue devant les journalistes car ceux-ci étaient toujours prêts à exagérer la moindre divergence. En conférence de presse, Ancelotti déclara : " Ce qui a été écrit et dit sur l'ambiance dans notre vestiaire est faux. Tout va bien ". Le patron du club SilvioBerlusconi avait montré l'exemple. En quittant la tribune, il était fâché mais, à l'interview, il arbora un beau sourire et déclara qu'il était content du comportement de ses garçons et qu'il allait le leur dire. Le mot d'ordre était connu : tout va bien. Côté chiffres, c'est vrai : l'équipe a disputé neuf rencontres, en a gagné six et en a partagé trois. Et elle a des circonstances atténuantes : à Livourne, on ne lui a pas accordé un penalty flagrant pour une faute sur MassimoAmbrosini, et à Lille, on lui a annulé un goal valable de Seedorf. Mais il y avait déjà eu un clash Kaka-Ancelotti lors de la deuxième journée de championnat. A Parme, voyant le Brésilien afficher une certaine nonchalance, Ancelotti le menaça de le faire sortir s'il ne se réveillait pas. Kaka sembla comprendre le message puisqu'il plaça une accélération, se fit faucher dans le rectangle et transforma le penalty qui s'ensuivit. Le problème n'était pas réglé pour autant vu que, lors du match suivant, à Ascoli, Ancelotti invita de manière énergique le Sud-Américain à faire preuve d'une plus grande discipline tactique, à courir moins mais de manière plus sensée,... problème qui s'est reposé à Lens. Kaka n'est guère brillant. Il n'a sans doute toujours pas digéré son mauvais mondial ou son départ manqué au Real Madrid. Contre Lille, Kakà a été inexistant hormis un vague sursaut à la 40e où il ne parvenait pas à expédier le ballon au fond des filets après avoir écarté le gardien nordiste, TonySylva. Cela n'a pas empêché le Brésilien de déclarer : " Le dispositif d'Ancelotti est erroné et je jouerais mieux si j'évoluais seul en soutien d'attaque ". Contre Sienne, le 1er octobre, il n'a guère été plus lucide. Pourtant, il a joué seul en soutien de FilippoInzaghi et AlbertoGilardino jusqu'à la 73e minute soit quand RicardoOliveira est monté au jeu à la place de Seedorf, Milan terminant donc avec trois pointes. Kaka n'a pas reçu le soutien de ses équipiers. Ambrosini a rappelé " qu'avec ce dispositif, on a remporté une Ligue des Champions " et Gennaro Gattuso a assuré " qu'il était toujours d'accord avec le dispositif choisi par Ancelotti ". Même avec trois attaquants, Milan n'est pas parvenu à marquer un but. Gilardino est malchanceux et n'en a pas inscrit un seul en cinq titularisations. Inzaghi ne tire plus aussi vite que lors des matches du troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions et des premières journées de championnat. Oliveira est toujours en phase d'acclimatation. Ancelotti : " Nous nous sommes créé un grand nombre d'occasions mais, pour marquer des goals, il faut être plus rapide. Les attaquants doivent se bouger plus ". Si Milan ne marque pas, ce n'est pas seulement la faute des attaquants. La défense n'est pas assez stable et on parle tellement de renforts (notamment Davide Mandelli de Chievo) qu'on peut penser que le club fasse son marché cet hiver. Sur l'aile droite, Cafù n'a pas fait preuve de l'allant qui était le sien avant sa grave blessure au genou de la saison dernière. A gauche, GiuseppeFavalli n'a pas foncé beaucoup non plus dans son couloir et a quitté le terrain à la fin de la première mi-temps à Sienne en raison d'un problème musculaire à l'aine. Il espérait faire son retour le week-end prochain contre la Sampdoria et donc être présent contre Anderlecht. Seul Serginho (hernie) ne sera pas en mesure de tenir sa place contre le Sporting car les autres blessés, PaoloMaldini (ennuis aux ischio-jambiers) et YoannGourcuff (problème à une vertèbre), qui a déclaré forfait pour le match à Sienne et décliné sa convocation pour l'équipe de France Espoirs, auront récupéré. Si on ne peut pas mettre en doute les capacités d'Ancelotti à gérer un groupe formé de stars, il n'en va de même pour ses choix tactiques. Depuis le début de la saison, il n'a cessé de faire tourner son noyau et d'insister à chaque fois sur l'importance du turnover. A Livourne, on a ainsi revu le 4-2-2-2. Mais comme les résultats ne suivent pas, on se demande s'il ne serait pas toujours à la recherche de son équipe-type. Dans les buts, en revanche Dida, qui a mis un terme à sa carrière en équipe nationale, réussit une bonne saison L'échéance de son contrat en juin 2007 semble motiver le gardien brésilien. Le club fait pression sur lui depuis le printemps pour qu'il signe mais, jusqu'ici, il a refusé la proposition qui lui a été présentée. Le Brésilien peut conserver une certaine sérénité car la direction a déjà annoncé qu'à Milan, ceux qui ne signent pas leur prolongation de contrat on les fait jouer jusqu'à l'échéance de celui-ci. Samedi dernier, le Brésilien a fêté son 33e anniversaire et pourrait bien avoir comme idée de s'offrir un cadeau, soit un contrat jusqu'en 2010 avec un salaire de 2,3 millions revu à la hausse (3 millions ?). NICOLAS RIBAUDO