La pandémie a affecté la santé publique mais aussi le tourisme. Même Lourdes, malgré ses prétendus miracles, en a souffert. Cette étape a donc été accueillie avec enthousiasme par les commerçants locaux. Elle démarre au Sanctuaire pour arriver à Hautacam, un col proche.
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La pandémie a affecté la santé publique mais aussi le tourisme. Même Lourdes, malgré ses prétendus miracles, en a souffert. Cette étape a donc été accueillie avec enthousiasme par les commerçants locaux. Elle démarre au Sanctuaire pour arriver à Hautacam, un col proche. C'est à nouveau une courte étape de haute-montagne, le jour de notre fête nationale. Elle comporte un dénivelé de 4.000 mètres, dont la majeure partie dans les 85 derniers kilomètres. Il y a peu de tronçons plats entre les trois principaux obstacles: le Col d'Aubisque, assorti d'une partie du Col du Soulor, le Col de Spandelles et la montée d'Hautacam. Si un grimpeur veut frapper un dernier coup avant le contre-la-montre de samedi, afin d'accroître son avantage sur les rouleurs ou priver le leader du maillot jaune, c'est maintenant ou jamais. Les audacieux pourront compter sur le nombre restreint de kilomètres en vallée et l'inclinaison des cols. Les sept dernières kilomètres du Col d'Aubisque ne descendent pas sous les 8%. Le Col de Spandelles, dans un décor magnifique, est encore plus pentu: 10,3 kilomètres à 8,3%. En moyenne car la montée est très irrégulière, avec deux secteurs plats mais aussi des pentes à 10% et même un pic à 15%. En outre, le chemin est étroit. C'est pour ça que le Tour n'y est encore jamais passé. Seule la Route du Sud l'a emprunté en 2012, dans la troisième étape, vers Arras-en-Lavedan, où Nairo Quintana, alors âgé de 22 ans, avait humilié ses rivaux, à une exception près, leur mettant cinq minutes dans la vue. Depuis, la route communale est devenue une départementale et la caravane du Tour peut donc franchir le Col de Spandelles. Ce qui compte, dit-on ironiquement, c'est que le SUV Skoda rouge de Christian Prudhomme, le directeur, puisse passer. Par contre, les voitures et les camping-cars des spectateurs sont interdits. Seuls les cyclistes, les motards et les piétons sont admis. Difficulté supplémentaire: la descente en lacets du Col de Spandelles en direction d'Argelès-Gazost. On a déplacé les rigoles et l'accotement sera élagué pour offrir suffisamment de place aux coureurs. C'est une plate-forme de lancement avant l'ascension d'Hautacam. Une fois de plus, pour la sixième fois de cette édition, l'arrivée a lieu au sommet. C'est un changement de cap, puisqu'au Tour précédent, trois étapes de montagnes s'achevaient en vallée, au terme d'un descente: au Grand Bornand, à Malaucène et à Andorre. C'était un choix délibéré, pour éviter une attaque sèche dans les ultimes kilomètres, mais Thierry Gouvenou a changé son fusil d'épaule. L'ascension finale, au-dessus de la vallée de Lavedan, est suffisamment pénible pour faire la différence: 13,6 kilomètres à 7,8%. Le tronçon médian de trois kilomètres fait même entre 10 et 11% avant que la pente ne reviennent à 6 ou 7%. Espérons que le blason du vainqueur ne soit pas entaché car dans le passé, les figures dominantes de ce tracé n'avaient pas bu que de l'eau de Lourdes. En 1994, c'était Luc Leblanc, qui a reconnu avoir eu recours à l'EPO au terme de sa carrière, en 1996, "Mister 60", Bjarne Riis, en 2000 feu Javier Otxoa a contenu de justesse un Lance Armstrong déchaîné et en 2008, presque tout le top dix était dopé. Leonardo Piepoli (36 ans) avait laminé ses rivaux, flanqué de son coéquipier Saunier Duval JuanJosé Cobo, suivi par Fränk Schleck, Bernhard Kohl, Riccardo Riccò, Denis Menchov et Christian Vande Velde. Seuls Carlos Sastre (7e) et Cadel Evans (8e), qui, en pleurs, avait enfilé son premier maillot jaune à l'issue de l'étape, avaient un casier vierge. C'est aussi le cas du dernier lauréat, Vincenzo Nibali, même si sa suprématie au Tour 2014 suscite quelques questions. Le Requin de Messine avait signé sa plus belle performance à Hautacam, reléguant Thibaut Pinot et consorts à plus d'une minute.