Le bilan de La Louvière était catastrophique après la première moitié du championnat: 9 points sur 51, une seule victoire, 12 buts marqués et 31 encaissés. C'était le total d'un descendant en puissance. L'euphorie qui transporte parfois les équipes venant de monter était totalement absente au Tivoli. Les joueurs qui avaient survolé le tour final de D2 semblaient avoir totalement perdu leur football. En défense, les erreurs se multipliaient et provoquaient des buts stupides. Devant, les attaquants obtenaient un nombre relativement acceptable d'occasions, mais ils étaient incapables de les mettre au fon...

Le bilan de La Louvière était catastrophique après la première moitié du championnat: 9 points sur 51, une seule victoire, 12 buts marqués et 31 encaissés. C'était le total d'un descendant en puissance. L'euphorie qui transporte parfois les équipes venant de monter était totalement absente au Tivoli. Les joueurs qui avaient survolé le tour final de D2 semblaient avoir totalement perdu leur football. En défense, les erreurs se multipliaient et provoquaient des buts stupides. Devant, les attaquants obtenaient un nombre relativement acceptable d'occasions, mais ils étaient incapables de les mettre au fond. Dans le noyau, on ne paniquait pourtant pas. Convaincu qu'il y avait en D1 des équipes plus faibles que La Louvière.Il n'était pas encore question d'écarter Marc Grosjean. La question ne se posa qu'à la fin du mois de janvier, au lendemain de la défaite dans le match contre Harelbeke qu'il ne fallait absolument pas perdre. Les Loups semblaient alors mûrs pour un retour en D2. Grosjean fut prié de s'effacer. Daniel Leclercq débarqua avec sa carte de visite française, sa simplicité, son exigence dans le travail au quotidien, sa sévérité et sa manière de forcer le respect et l'admiration des joueurs. Il décida très vite d'un concept tactique en 4-3-3 qui ne varierait plus, quel que soit l'adversaire. Et une équipe-type qui ne changea pratiquement plus. Le bilan de Leclercq est exceptionnel. En douze matches, il a obtenu la même moyenne de points que le Standard sur l'ensemble de la saison. Avec un noyau cinq fois mois doué et un budget quatre fois moins important. Très peu d'équipes en Belgique ont autant fait douter Anderlecht cette saison. Aucun point pris au deuxième tour n'était volé. On n'aurait rien trouvé à redire si les Hennuyers avaient assuré plus tôt leur maintien.Daniel Leclercq restera à la tête de l'équipe la saison prochaine et c'est sans aucun doute le meilleur transfert de La Louvière. Il annonce des ambitions élevées car il est hors de question pour lui de jouer encore le maintien la saison prochaine. Il faudra pour cela que le club se montre plus clairvoyant dans ses transferts qu'il y a un an. Les joueurs arrivés durant l'entre-saison n'ont en effet pas apporté le plus espéré. Ce sont les renforts venus en cours de championnat qui ont fait la différence. Sans eux, le sort de La Louvière aurait été réglé bien plus tôt. La Louvière a tout pour ne pas être qu'un club de passage en première division: un président Gaone qui met la main au portefeuille quand il le faut, des sponsors prêts à s'impliquer s'ils décèlent un projet sérieux, un public qui vient au stade en rangs serrés dès que les résultats suivent ou que l'adversaire est prestigieux. Longtemps freiné dans sa progression par des relations tendues avec la Ville, le club semble aujourd'hui avoir fait la paix avec les nouveaux élus. C'est prometteur pour l'avenir d'installations actuellement indignes de la D1. Améliorer le Tivoli et son complexe d'entraînement, c'était d'ailleurs une des conditions de Leclercq pour qu'il prolonge son bail chez nous.Pierre Danvoye