V ital Borkelmans : " J'ai passé onze ans au Club Brugeois. Mon c£ur et bleu et noir. Je conserve des souvenirs magnifiques : quatre titres, trois Coupes, la Ligue des Champions. J'ai beaucoup appris au contact de grands noms comme Jan Ceulemans et Franky Vander Elst. C'est mon équipe. Chaque fois que je joue contre elle, le public m'ovationne. Ça me fait quelque chose car tout le monde ne peut en dire autant.
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V ital Borkelmans : " J'ai passé onze ans au Club Brugeois. Mon c£ur et bleu et noir. Je conserve des souvenirs magnifiques : quatre titres, trois Coupes, la Ligue des Champions. J'ai beaucoup appris au contact de grands noms comme Jan Ceulemans et Franky Vander Elst. C'est mon équipe. Chaque fois que je joue contre elle, le public m'ovationne. Ça me fait quelque chose car tout le monde ne peut en dire autant. Je suis heureux d'avoir pu jouer pour le Cercle aussi. Il m'a offert une dernière bouée de sauvetage. J'en suis éternellement reconnaissant. Le Cercle se considère comme le petit frère du Club. Je préfère voir les choses autrement. Le budget est peut-être dix fois inférieur mais c'est un vrai club populaire, qui cultive la simplicité. Les gens sont fidèles à leurs couleurs et passionnés de football. A Gand, le président Ivan De Witte et le directeur Michel Louwagie avaient confiance en moi. J'ai passé deux belles années là, malgré un départ amer. Certaines promesses n'ont pas été tenues. Une rencontre n'est pas exclue mais je n'en prendrai pas l'initiative. Ils savent que j'arrête bientôt. Le Patro Eisden est le club où tout a débuté. Il a été rebaptisé Patro Maasmechelen. C'est là que j'ai eu la chance de faire mon métier de mon hobby. J'ai vécu les moments de gloire de ce club. Nous jouions devant 3.000 supporters, nous sommes montés de Promotion en D3 puis en D2. J'évoluais encore en attaque. C'est Ivan Hoste qui m'a appris les ficelles du métier. Mon frère aîné, Patrick, s'occupait aussi de moi et il continue à le faire. Il assiste toujours à mes matches alors qu'il est un fervent supporter du Club. Mon père aussi a eu un rôle crucial dans ma vie. Il a lui-même été footballeur. Il m'a toujours soutenu mais jamais je ne l'ai entendu prétendre que j'avais joué un bon match. Il répète sans arrêt : -On peut toujours mieux. Il est extrêmement critique, comme je le suis à l'égard de mes enfants. Travailler les manquements constitue notre priorité. Mais c'est à Waregem que j'ai fait la découverte du football au plus haut niveau. A l'époque, j'admirais beaucoup Danny Veyt, que je voyais réaliser des choses superbes à la TV. Il était international, avait de l'expérience et encadrait parfaitement les jeunes. J'étais bien intégré dans le groupe. Je me battais pour ma place ". " L'honnêteté est ma marque de fabrique. Pour moi, tout est blanc ou noir. Le gris n'existe pas. Si j'ai quelque chose sur l'estomac, je le dis. Ça peut provoquer des frictions mais tant pis. Il est évidemment regrettable que des gens, dans le football et en dehors, en abusent. Je ne supporte pas les beaux parleurs ni ceux qui caftent. Je suis droit et je le resterai mais je suis aussi émotionnel et fragile. Si je suis en colère, j'éclate, spontanément. J'essaie de parler mais si on commence à crier, je m'y mets aussi. Je ne suis qu'un homme. Je ne puis me contenir. Mon sport m'a toujours énormément occupé. Je me livre à 100 % dans les matches comme à l'entraînement. Il est impossible de me tenir en forêt ! Là, j'ai l'impression de rajeunir de 20 ans. Je veux communiquer ma mentalité au reste du groupe. Je suis la preuve qu'on recueille les fruits de ses efforts. Quel homme de 41 ans peut encore dire qu'il pratique un sport au plus haut niveau ? Après une blessure, je veux revenir le plus vite possible. Les kinés doivent parfois me freiner. Je suis un positiviste. Je veux aller de l'avant, tout en restant réaliste et critique envers moi-même. Le négativisme est souvent lié à la jalousie. Les gens ne gréent rien aux autres. Je n'aime pas ça. A part un problème avec un ménisque, je ne peux me plaindre. Je connais parfaitement mon corps. Je le teste de façon optimale pendant la préparation. Je réalise de tels efforts que je dois vomir. J'aime connaître les limites. Je suis capable de franchir le seuil de la douleur. Ça ne peut me faire de mal car mon corps est capable de le supporter. Quand je vais courir, je peux parfaitement juger l'intensité de l'effort. Plus tard, je voudrais faire un triathlon ". " J'adore parcourir le flanc, ce qui m'a valu un chouette surnom, Brommer, la moto. J'ai parcouru d'innombrables kilomètres sur le flanc gauche. C'est mon point fort : monter très loin et revenir aussi vite en arrière pour défendre. Progressivement, j'ai perdu ma vitesse. Je me sens mieux dans un rôle central, maintenant. Je peux mieux diriger les jeunes, organiser l'ensemble et rectifier le tir à temps, quand c'est nécessaire. J'ai usé quelques entraîneurs ! Pummy Bergholtz m'a appris à shooter et m'a donné la chance de jouer en nationale. Jaak Dreesen, Urbain Haesaert, Georges Leekens, Hugo Broos, Eric Gerets, René Verheyen, Patrick Remy et maintenant Jerko Tipuric : je dois tous les remercier. C'est Broos que j'estime le plus, comme entraîneur et comme homme. Il a l'air calme mais ne l'est pas toujours au fond de lui-même. Cependant, on peut discuter tranquillement avec lui, il vous aide toujours. Remy a été le plus bizarre. Il ne pouvait modifier sa vision. Un homme difficile, qui n'a pas voulu s'adapter ". " Il arrive que les larmes coulent. Mon aîné vit très mal notre divorce. Ça me fend le c£ur. Il manque quelque chose à sa vie, un besoin que nous pouvons difficilement combler. Jelle a 14 ans et est en pleine puberté, il vit mal la séparation. A cause des problèmes avec mon ex, il vit avec moi depuis un an. Il a un contact difficile avec sa mère. Il a besoin d'aide. Jelle a un c£ur en or, un caractère formidable mais il traverse une période difficile. Je tente de l'aider en dialoguant beaucoup et en lui donnant le plus d'amour possible. Je remarque qu'il a besoin de beaucoup de câlins. Kenzo, mon autre fils, est âgé de 12 ans. Il vit dans un autre monde. Il a le caractère de mon grand-père : têtu, acharné. Le matin, il chante, il danse. Il aime être l'objet de l'attention. Depuis quelques mois, il ne ment plus. Il s'ouvre, il m'appelle tous les jours. Ça me fait plaisir. Karla, mon amie actuelle, nous a accueillis les bras ouverts, elle est toujours disponible. Une femme merveilleuse. Mon compte bancaire est bloqué depuis plus de 14 mois. Je n'ai pas accès à mon argent. Cette saisie fait mal. Vous travaillez toute votre vie pour vous assurer un avenir et d'autres veulent en profiter. Je ne comprends pas. C'est injuste. Pourquoi l'homme doit-il toujours être dupe ? J'espère que le tribunal va enfin trancher la question. C'est l'expérience la plus douloureuse de ma vie. Elle traîne maintenant depuis plus de deux ans et demi. C'est beaucoup trop long mais apparemment, pour certains tout tourne autour de l'argent. Je préfère penser à mes enfants, qui vivront plus longtemps que nous. Le reste m'intéresse moins ". " Le respect est une notion que je rappelle quotidiennement à mes enfants, car elle se perd. Ça commence sur les bancs de l'école, vis-à-vis des professeurs. J'essaie de faire comprendre à mes enfants que nous faisons confiance à ces personnes dans leur rôle d'éducateurs, qu'elles sont un peu leurs parents, pendant la journée. Il ne faut pas oublier les entraîneurs, qui doivent faire preuve de trésors de patience. J'ai toujours été respectueux. Jamais je n'ai quitté un club en claquant la porte. N'est-ce pas significatif ? Mais c'est dans la mine qu'on découvre le sens du mot amitié. Il est difficile de décrire la solidarité et la camaraderie qui règnent dans les galeries. En voiture, je fredonne des chansons. Ce n'est pas difficile : les Limbourgeois traversent la vie en chantant, non ? Je le fais de tout mon c£ur car personne ne peut entendre à quel point c'est faux. Mon amie n'apprécie pas tellement que je mette en avant mon talent musical. Je suis un amateur de musique. Nous allons au concert de Marco Borsato mais j'ai aussi assisté à des shows de Robbie Williams, Barry White, Phil Collins, Prince et Eros Ramazzotti.Le sexe est très important pour un sportif. Je voudrais aussi faire un sort au cliché selon lequelle une relation sexuelle avant un match entraîne de mauvaises prestations. En tout cas, je ne l'ai jamais remarqué (il rit). Il ne faut pas toujours un Red Bull pour avoir des ailes. Beaucoup de gens estiment encore que c'est tabou et n'en parlent pas. Moi, ça ne me pose pas le moindre problème. Les sorties sont nécessaires après un match. Je sors régulièrement avec des amis et j'aime boire une bière. Je raffole de la Leffe brune. Il ne faut pas toujours être sérieux ! Il faut accorder du répit et de la détente à son corps. Je veux profiter pleinement de la vie. J'aime m'amuser. Le lendemain, à l'entraînement, il faut évidemment être frais, ne pas avoir la gueule de bois. Ça, ce n'est permis que quand on fête un titre... " Frédéric Vanheule " J'aimerais COURIR UN TRIATHLON "