Ces dernières semaines, Gand s'était muré dans le silence. Étonnant car le club est généralement très accessible. MICHEL LOUWAGIE : Et il le restera mais l'heure était à la réflexion avant de parler. Il faut parfois mettre de l'ordre dans ses idées. Dans ma tête, c'était un peu le chaos. Depuis que je suis manager, je n'avais jamais dû affronter autant de contretemps d'un seul coup.
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Ces dernières semaines, Gand s'était muré dans le silence. Étonnant car le club est généralement très accessible. MICHEL LOUWAGIE : Et il le restera mais l'heure était à la réflexion avant de parler. Il faut parfois mettre de l'ordre dans ses idées. Dans ma tête, c'était un peu le chaos. Depuis que je suis manager, je n'avais jamais dû affronter autant de contretemps d'un seul coup. LOUWAGIE : La plus inattendue en tout cas. La saison 1996-97 fut la plus difficile car nous avons failli descendre. Et la saison 2012-2013 ne fut pas facile non plus avec le licenciement de Trond Sollied alors que nous construisions la Ghelamco Arena. LOUWAGIE : Il a fallu le temps de relativiser, de reprendre courage. Tout allait trop bien à Gand, ça ne pouvait pas durer. En quatre ans, le club a beaucoup évolué mais les journaux ne voyaient que les résultats. LOUWAGIE : Les consultants vont parfois trop loin, même s'ils peuvent être utiles et vous faire réfléchir. LOUWAGIE : C'est quelque chose que nous ne maîtrisons pas. Un coach est un employé. S'il décide de partir, il s'en va. LOUWAGIE : L'entraîneur est un personnage important. C'est le moteur. Un club a besoin d'un bon entraîneur. LOUWAGIE : Voilà. Il connaît son métier, il peut redresser la situation. LOUWAGIE : Mais c'est souvent le cas. Il s'intéresse à des tas de choses. Mais il écoute. Il ne dit peut-être pas oui tout de suite mais il réfléchit. LOUWAGIE : Il nous a dit plusieurs fois qu'il avait été approché par d'autres clubs étrangers et il a toujours refusé. LOUWAGIE : Oui, à 100 %. Le président Ivan De Witte l'avait d'ailleurs confirmé dans un communiqué deux jours avant le match. LOUWAGIE : Le président n'a qu'une parole. Je travaille avec lui depuis 28 ans et il ne l'a jamais trahie. LOUWAGIE : Il a réagi à chaud devant les caméras et ses paroles ont peut-être dépassé son entendement. Comme chaque semaine, nous allons procéder à un échange de vues avec lui et voir ce qu'il y a lieu de faire pour sortir de l'impasse. LOUWAGIE : Mogi m'a heurté, je ne dirai rien de plus. Si ce n'est que les agents sont parfois impliqués dans des conflits d'intérêts. Un grand manager ne peut pas travailler pour trop de clubs d'un même pays. LOUWAGIE : Oui, il a des idées spéciales. C'est au club de faire le tri. LOUWAGIE : Non. Lovre et nous avons décidé qu'il resterait encore une saison. C'est un des piliers de la nouvelle équipe. Nous avons gardé les joueurs arrivés en janvier (Kalu, Gigot, Kubo, ndlr) et nous avons effectué des transferts ciblés. LOUWAGIE : Pour moi, la période des transferts joue un rôle. Six joueurs de l'équipe championne nous ont quittés. Et deux autres étaient susceptibles de partir : Foket et Neto. Du coup, les autres ont commencé à se demander pourquoi eux devaient rester. La réponse était simple : on n'a pas eu d'offres pour eux. Ils n'ont alors plus répondu à l'attente. La mentalité fait beaucoup. LOUWAGIE : Au début, on ne comprenait pas. Et je ne voulais pas jouer les caliméros. J'essayais de me cramponner aux choses positives. LOUWAGIE : Non, pas avec les investissements réalisés cet été. Nous devons jouer les PO1. LOUWAGIE : On a dépensé plus que prévu, en effet. Les transferts de l'été ne répondent pas encore à l'attente mais ça peut venir. Il convient parfois de s'armer de patience. L'an dernier, on a rectifié le tir après la trêve hivernale. Tout peut aller très vite dans le monde du foot. LOUWAGIE : Il faut trouver le juste milieu. LOUWAGIE : Oui mais il ne décide pas seul. On a beaucoup de savoir-faire sur ce plan. À l'époque de Fernandez, en raison de la construction du stade, on n'avait pas le temps de s'occuper de ça. Il devait faire avec une enveloppe. Aujourd'hui, plusieurs personnes analysent les joueurs qu'on envisage de transférer. Et ce n'est qu'après que Hein donne son feu vert. LOUWAGIE : Ce n'est jamais amusant et on le lui a dit. Quand quelque chose ne va pas, ça se règle en interne. On se voit chaque semaine, il n'avait pas besoin de passer par la presse. On l'a tous mal pris mais il sait qu'il est allé trop loin. LOUWAGIE : Pour tout le club, il n'était peut-être pas plus mal de retomber les pieds sur terre. On avait besoin de calme après des années agitées. Tout est allé un peu trop vite pour nous. LOUWAGIE : Non. Gand doit jouer régulièrement pour gagner un trophée. Le club a l'infrastructure, l'organisation, le stade et le soutien nécessaire pour ça. LOUWAGIE : C'est difficile et on doit rester attentif à tout moment mais ça nous permet aussi de lutter avec pas mal de clubs étrangers. LOUWAGIE : Personnellement, ça ne me pose aucun problème. Anderlecht, c'est Bruxelles, le club de la capitale. Chaque club a ses caractéristiques. Je suis fier de notre évolution, de notre infrastructure, de notre personnel. On est peut-être la plus grande entreprise sportive de Belgique, indépendamment de la cellule football. Ça ne veut pas dire qu'on est le plus grand club. Anderlecht est le numéro un et Bruges, le numéro deux, ça ne se discute même pas. On est troisième à égalité avec le Standard. LOUWAGIE : Ne vous en faites pas pour nous. Nos finances sont bonnes. On a un peu trop dépensé mais on ne doit pas se serrer la ceinture. LOUWAGIE : Je compte d'abord fermement sur les retours de Saief, Foket et Neto. LOUWAGIE : Oui. On n'a jamais vendu autant d'abonnements et les fans restent derrière nous ainsi que derrière l'entraîneur. LOUWAGIE : Genk et le Standard aussi. L'an dernier, il fallait 49 points. Je pense que cette année, 47 suffiront. Si nous étions le seul grand club largué, je me ferais du souci. LOUWAGIE : Le problème, c'est que le gâteau est trop petit. Ne nous laissons pas aveugler par les prestations des Diables Rouges. Il faut suivre les Espoirs et la génération suivante. Ont-ils le niveau pour jouer en Coupe d'Europe ? LOUWAGIE : Trois millions d'euros pour un défenseur de 29 ans, ce n'est pas jouable. LOUWAGIE : Ça c'était possible mais il a choisi l'Antwerp alors nous avons pris Noë Dussenne. PAR GEERT FOUTRÉ & FRÉDÉRIC VANHEULE - PHOTOS KOEN BAUTERS" Anderlecht est le numéro un en Belgique devant Bruges, ça ne se discute pas. " Michel Louwagie