Le championnat de D2 débute mercredi prochain, le 13 août. Quatre jours avant la D1. La deuxième journée aura lieu le 27 août, un autre mercredi. Organiser les deux premières journées en milieu de semaine est devenu une habitude depuis quelques années. La raison est simple : en août, les week-ends sont occupés par la Coupe de Belgique. Mais un détail nous échappe : pourquoi, alors que la D2 se cherche un public, joue-t-on systématiquement le mercredi, le jour où se dispute le troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions ? On ne nous ôtera pas de l'esprit que la retransmission télévisée d'un match européen d'Anderlecht ou du Standard retient un certain nombre de spectateurs potentiels chez eux. En jouant le jeudi, comme c'est le cas lors du tour final, le problème serait résolu.
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Le championnat de D2 débute mercredi prochain, le 13 août. Quatre jours avant la D1. La deuxième journée aura lieu le 27 août, un autre mercredi. Organiser les deux premières journées en milieu de semaine est devenu une habitude depuis quelques années. La raison est simple : en août, les week-ends sont occupés par la Coupe de Belgique. Mais un détail nous échappe : pourquoi, alors que la D2 se cherche un public, joue-t-on systématiquement le mercredi, le jour où se dispute le troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions ? On ne nous ôtera pas de l'esprit que la retransmission télévisée d'un match européen d'Anderlecht ou du Standard retient un certain nombre de spectateurs potentiels chez eux. En jouant le jeudi, comme c'est le cas lors du tour final, le problème serait résolu. Soit. D'autres questions se posent. Pour y répondre, nous avons fait appel à un grand connaisseur de l'antichambre : MarcGrosjean, le nouvel entraîneur du Brussels. " Je pense que les cinq ou six meilleurs clubs de D2 se maintiendraient assez facilement en D1. Le championnat 2008-2009 de l'antichambre s'annonce d'un cru exceptionnel. Il est assez rare de recenser autant d'anciens pensionnaires de l'élite : le Lierse, l'Antwerp, Saint-Trond, Beveren, Lommel, Liège... et le Brussels évidemment. Alors que, paradoxalement, la D1 contient quelques clubs sans grand passé ". Lors du tour final de D2, la saison dernière, la RTBF avait innové en diffusant en direct cinq des six matches de Tubize. Cette saison, en réplique à la réforme de la compétition que lui ont imposée les clubs de D1, la Ligue Nationale (qui regroupe les clubs de l'antichambre) a réagi en signant un contrat avec la nouvelle chaîne Alfacam qui retransmettra des matches en direct chaque journée. " C'est une excellente nouvelle pour la D2 ", assure Marc Grosjean. " L'antichambre de l'élite a été trop longtemps snobée au niveau médiatique : que ce soit par la presse écrite ou la presse audiovisuelle. Je suis persuadé que la nouvelle couverture télévisée aura des répercussions très positives, ne serait-ce qu'au niveau du sponsoring. Pour les joueurs, ce sera aussi la possibilité de montrer à un plus grand nombre les progrès qu'ils ont accomplis. La présence des caméras sera valorisante pour tous les acteurs de la D2 ". Pourtant, certains grincheux se plaignent déjà que des matches devront être décalés au vendredi ou au lundi. " Ceux-là doivent comprendre qu'en D2 également, il faut travailler avec un esprit professionnel qui implique certaines concessions. Que ceux qui sont dérangés par ces décalages aillent jouer ailleurs ". Chez nos voisins d'outre-Moerdijk, le BetaaldVoetbal (autrement dit : le football rémunéré) comprend deux divisions professionnelles : la Eredivisie (littéralement Division d'Honneur, la plus haute dans la hiérarchie) et la EersteDivisie (littéralement la Première Division, mais qui est en fait l'étage inférieur et qui est également baptisé, de façon assez cocasse... JupilerLeague). Une deuxième division entièrement professionnelle, serait-ce une bonne solution pour le football belge ? " Je le pense, oui ", répond Grosjean. " Certes, il faudrait faire une distinction entre la D1 et la D2 - au niveau des exigences pour l'obtention de la licence notamment - car les budgets ne sont pas les mêmes, mais cela permettrait à des jeunes joueurs talentueux de D3 de franchir un cap intermédiaire sur le chemin de la D1 tout en goûtant déjà à une certaine forme de professionnalisme ". " Ce sera mon cinquième club de l'antichambre après La Louvière, Mons, le FC Liège et Eupen. J'en ai fait monter deux : les Loups et les Dragons. Jamais deux sans trois, dit-on. Ce qui différencie le Brussels des autres ? D'abord, c'est la première fois que je prends en charge un club qui vient de descendre de D1. L'atmosphère de travail y est, de ce fait,... différente. C'est aussi le deuxième club de la capitale : un club emblématique, qui traîne derrière lui un passé prestigieux. Il possède une infrastructure de D1 et a même obtenu sa licence UEFA. EddyWauters, le président de l'Antwerp, avait coutume de dire que quand on pénétrait dans le Bosuil, cela sentait le football. Au stade Edmond Machtens, c'est pareil. On sent aussi qu'il existe un véritable potentiel au niveau du sponsoring et des médias. Pour l'instant, je ne ressens pas encore une trop grande pression étant donné que le championnat n'a pas encore commencé, mais il est clair qu'un club pareil se doit d'avoir des ambitions. J'espère que, dans quelques semaines, on pourra annoncer que l'ambition est de remonter en D1. Mais, pour l'instant, le Brussels est une Ferrari à trois roues. On a de bons jeunes, quelques joueurs expérimentés pour les entourer, mais il manque trois ou quatre éléments pour gagner le GP ". " Le Lierse est, pour moi, le favori n°1. Son recrutement est impressionnant. L'arrivée d'investisseurs égyptiens lui a conféré des moyens financiers importants. Derrière, je place Saint-Trond. Le président RolandDuchâtelet n'a pas l'intention de s'éterniser en D2. Il s'apprête d'ailleurs à entamer la rénovation du stade alors que, sportivement, l'équipe a effectué un pas en arrière : c'est significatif. Overpelt-Lommel donnera, comme d'habitude, une réplique sérieuse. Cette équipe compte en ses rangs quelques anciens dont l'expérience peut s'avérer utile. L'Antwerp est un peu l'inconnue. On sait que, comme chaque saison, le matricule n°1 se glissera parmi les prétendants, mais parviendra-t-il enfin à faire la différence sur la ligne d'arrivée ? Personnellement, j'ai mes doutes ". " Une équipe comme Louvain progresse chaque saison et se rapproche de plus en plus de la première place. C'est un club sérieux, qui travaille bien. Si l'on corrige, cette saison, les quelques imperfections qui avaient constatées la saison dernière, OHL aura son mot à dire dans la lutte pour le titre. Une autre équipe pourrait, selon moi, créer la surprise : Virton. Son noyau est resté relativement stable, l'entraîneur SébastienGrandjean est resté en place également et le club a pris l'habitude de recruter de bons joueurs français. Si la mayonnaise prend, pourquoi pas ?" " C'est l'un des clubs que j'ai entraînés, l'un des clubs de ma région également, et je suis très heureux du retour des Sang et Marine. De façon plus large, je crois que c'est une bonne chose pour la D2 et pour le football belge dans son ensemble car c'est un club populaire qui possède un passé prestigieux. Ce retour est le fruit du travail effectué par l'équipe dirigeante, mais aussi par toute une série de bénévoles qui n'ont pas ménagé leur peine et par les supporters qui ont tenu le club à bout de bras pendant de nombreuses années. Malheureusement, ceux-ci devront de nouveau se farcir un exil (à Verviers, puis à Buraufosse) alors qu'ils avaient trouvé leurs repères à Ans, pas bien loin de Rocourt. J'espère que l'équipe n'en subira pas les conséquences au niveau sportif. Lorsque le FC Liège disposera de son nouveau stade, il devra logiquement envisager un retour en D1. J'espère sincèrement que celui-ci verra le jour ". " Tournai vivra sa deuxième saison dans l'antichambre : celle de la confirmation, que l'on sait habituellement délicate. Le club a aussi perdu quelques joueurs-clefs, et surtout un bon entraîneur : ThierryPister qui avait su redresser la barque au moment où celle-ci menaçait de chavirer. Ce ne sera pas facile non plus pour les Sang et Or, mais ce club possède l'avantage de pouvoir attirer assez facilement des joueurs français de qualité, étant donné sa situation géographique ". " Namur, qui s'est sauvé via les barrages - et qui peut dire merci à DimitriHabran, malgré son exclusion dans le match décisif - vivra également sa deuxième saison dans l'antichambre. J'espère que les jeunes placés par Charleroi montreront assez rapidement qu'ils ont le niveau requis. Mais je m'attends également à une saison difficile. Au niveau structurel, Namur repose essentiellement sur les épaules d'un seul homme : le président Baudart. Ce n'est pas l'idéal ". L'Olympic, s'il conserve sa place en D2 (NDLR : une plainte a été déposée par l'Union Saint-Gilloise), est dans la même lignée que beaucoup d'autres : beaucoup de mouvements au sein de l'effectif, ce qui implique automatiquement certains points d'interrogation. Les Dogues sont difficiles à situer dans la hiérarchie. " Je vais peut-être en étonner beaucoup, mais j'estime que Virton -au même titre qu'Eupen qui représente la Communauté germanophone- aurait sa place en D1. Ce sont des clubs qui pourraient être rassembleurs au niveau de leur région et qui seraient susceptibles d'attirer des gens qui, aujourd'hui, doivent se rabattre sur l'étranger pour assouvir leur soif de football (Aix-la-Chapelle ou Cologne pour les Germanophones, Sedan ou Metz pour les Gaumais). Je suis persuadé qu'en D1, Virton pourrait remplir un stade de 10.000 places. La bonne surprise pourrait venir de Virton. A Eupen, il y a eu beaucoup de va-et-vient. J'espère pour mon ancien club que la saison ne sera pas trop difficile, mais je nourris certaines craintes car l'équipe a perdu plusieurs éléments importants ". par daniel devos - photos: reporters/ gouverneur