Le Comité olympique italien (CONI) ayant déclaré l'affaire Ivan Basso irrecevable, on peut craindre que le scandale espagnol de dopage n'aboutisse à rien du tout. Le CONI a suivi l'argumentation de l'avocat de Basso, qui crie depuis des mois qu'on n'a trouvé aucune preuve concluante à l'égard de son client. La fédération colombienne avait déjà levé la suspension de Santiago Botero mais l'impact de la décision italienne est plus important, vu que Botero est en fin de carrière. ...

Le Comité olympique italien (CONI) ayant déclaré l'affaire Ivan Basso irrecevable, on peut craindre que le scandale espagnol de dopage n'aboutisse à rien du tout. Le CONI a suivi l'argumentation de l'avocat de Basso, qui crie depuis des mois qu'on n'a trouvé aucune preuve concluante à l'égard de son client. La fédération colombienne avait déjà levé la suspension de Santiago Botero mais l'impact de la décision italienne est plus important, vu que Botero est en fin de carrière. On peut comprendre le CONI. Depuis que le scandale a éclaté, fin mai, le tribunal n'a pratiquement rien communiqué quant à la nature et au poids des preuves. On ne sait même pas contre quels coureurs exactement une enquête judiciaire a été ouverte. Les fédérations sportives se retrouvent dans une situation impossible : elles ne peuvent écarter des cyclistes sur la seule base des fuites dans la presse. Le juge Carmelo Jimenez Segado vient encore de compliquer la situation. Il a envoyé à la fédération espagnole une lettre interdisant formellement d'utiliser les documents judiciaires connus à toute fin de sanction : le tribunal veut achever son enquête auparavant. Or, les résultats n'en seront pas connus avant juin 2007. On ne sait pas si la demande de Segado concerne les autres fédérations. Il n'y a donc aucun argument juridique permettant d'écarter les coureurs visés par l'affaire. Certaines fédérations ont choisi le camp des sportifs. La balle n'est pas seulement dans leur camp. Les directeurs d'équipe doivent également se mouiller en ne profitant pas d'opportunités provisoires de transferts. Ainsi, la fédération helvétique a annoncé que dans la situation actuelle, elle ne pouvait refuser plus longtemps sa licence à Jan Ullrich. Une formation du Pro Tour aura-t-elle le cran d'offrir un contrat à l'Allemand ? Publicitairement, ce serait un joli coup mais cela réduirait à néant le code éthique que les formations du Pro Tour viennent d'élaborer. Les rumeurs font état de discussions entre Ullrich et Discovery Channel, ce que Johan Bruyneel s'est empressé de démentir. Il ne serait pas étonnant que ces rumeurs aient été lancées par les managers du coureur allemand, dans l'espoir d'inciter d'autres équipes à transférer leur poulain. Basso peut rejoindre le peloton, même si CSC a été suffisamment raisonnable pour ne pas aligner l'Italien au Tour de Lombardie. Le vainqueur du Giro est sous contrat jusqu'à la fin 2008 et veut maintenant obtenir de son équipe danoise la garantie de pouvoir rouler la saison prochaine, sous peine de se chercher un autre employeur. par Jef Van Baelen