Fin 2015, quand Deljan Veljkovic a appris que notre magazine préparait un reportage sur ses tentatives de devenir le manager-maison du FC Malines, il a tenté d'en éviter la parution. D'un ton pédant, le Serbe a menacé de nous empêcher d'interviewer des joueurs malinois si l'article paraissait. De fait, le FC Malines a ensuite boycotté Sport/Foot Magazine. Nous ne savons pas si Veljkovic y a effectivement veillé mais sa menace est devenue réalité.
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Fin 2015, quand Deljan Veljkovic a appris que notre magazine préparait un reportage sur ses tentatives de devenir le manager-maison du FC Malines, il a tenté d'en éviter la parution. D'un ton pédant, le Serbe a menacé de nous empêcher d'interviewer des joueurs malinois si l'article paraissait. De fait, le FC Malines a ensuite boycotté Sport/Foot Magazine. Nous ne savons pas si Veljkovic y a effectivement veillé mais sa menace est devenue réalité. Ceci illustre la puissance acquise par les managers au sein des clubs, au fil des années. Ils se comportent en rois-soleils, se placent au-dessus de tout et de tout le monde. Une remarque critique et c'est tout juste si on n'est pas exécuté. Il y a peu, quand notre magazine s'est interrogé sur les pratiques de Mogi Bayat, celui-ci a posté une volée de tweets si insultants que même l'association des journalistes sportifs a réagi. Ça en dit long sur le niveau de Bayat, un homme avec lequel tous les clubs aiment faire des affaires. On ne peut que rire en entendant certains dirigeants clamer qu'il faut limiter la puissance des managers car ce sont justement eux qui ont créé les conditions leur permettant de s'emparer d'un tel pouvoir. Ils ont contribué à mettre en place un système qui a échappé à tout contrôle au fil des années. Certains en ont profité, ce qui explique en partie la forte augmentation du nombre de transferts. Plus il y a de transactions, plus l'argent tombe dans différentes poches. L'absence de réglementation stricte a favorisé ces abus. En ne limitant quasi pas le nombre d'étrangers, notre pays a permis à beaucoup de managers de caser leur marchandise. Il est presque impossible de compter le nombre d'étrangers de piètre qualité qui atterrissent ici. C'est un commerce à grande échelle. Aucun club n'a remis en question sa politique. Même pas ceux qui clament maintenant que ça doit changer. Les pratiques douteuses sont profondément implantées dans le football. Le fait que même des arbitres n'échappent pas à ces pratiques mafieuses et se laissent entraîner dans cette spirale d'enrichissement personnel prouve à quel point ce milieu est malsain. Certes, il y a déjà eu des décisions discutables mais nul n'y a vu une quelconque machination. Pas plus maintenant qu'en mars 2015, quand le Cercle a galvaudé un avantage de 2-0 face au FC Malines dans les trois dernières minutes de jeu, sur un but clairement hors-jeu et sur penalty. Maintenant, on repasse ce match à la loupe. C'est qu'il a entraîné la relégation des Vert et Noir. Bart Vertenten arbitrait ce match. Et Malines, qui est dans le collimateur, était impliqué, tandis que Waasland-Beveren, qui est aussi exposé, a pu assurer son maintien grâce à la victoire malinoise. On dirait bien que l'histoire se répète. Cette affaire laisse des cicatrices dans toutes les branches du football. Des avocats réputés ont beau profiter de l'occasion pour se mettre en évidence en clamant l'innocence de leurs clients, tous ceux qui ont été arrêtés et considérés suspects en conserveront une ombre de doute. Ça doit être pénible pour Ivan Leko et le Club Bruges, par exemple. Après ce tremblement de terre, le football a besoin d'une nouvelle morale, pour le débarrasser de ses tumeurs. De dirigeants forts qui envoient un signal clair au lieu de retomber dans un verbiage creux. Mais c'est justement le problème du football belge : il n'a pas de leaders. Et les mauvaises herbes peuvent continuer à pousser tranquillement. Les gens s'attachent surtout à minimiser les faits et à les interpréter à leur manière, pour sauver leur peau. Ensuite, tout le monde repassera à l'ordre du jour et toute la tempête aura été inutile. Ou non ?