Suite à la lourde défaite 5-0 concédée à Roulers, le comité directeur de l'Excelsior Mouscron a décidé de procéder à une restructuration au sein du staff sportif. " Il n'y a pas de limogeage, mais des mutations ", précise le président EdwardVanDaele...
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Suite à la lourde défaite 5-0 concédée à Roulers, le comité directeur de l'Excelsior Mouscron a décidé de procéder à une restructuration au sein du staff sportif. " Il n'y a pas de limogeage, mais des mutations ", précise le président EdwardVanDaele... Effectivement : GeertBroeckaert cesse d'être l'entraîneur de l'équipe fanion pour redevenir celui de l'équipe Réserve et des Espoirs. GilVandenbrouck, T2 et préparateur physique jusque-là, assurera l'intérim le temps qu'il faudra pour engager un nouvel entraîneur principal. Le seul limogé, dans l'affaire, est finalement le directeur du Futurosport PhilippeSaint- Jean... Victime des mauvais résultats de l'équipe Première alors qu'il n'en était pas responsable ? " Pas du tout ", affirme Van Daele. " Il ne paie pas les frais de la mutation de Broeckaert, mais plutôt d'une situation conflictuelle latente. D'ailleurs, Broeckaert ne prend pas sa place au Futurosport : un nouveau directeur sera nommé pour le centre de formation. Saint-Jean avait réintégré le Futurosport lorsqu'il a été écarté de l'équipe Première en mars 2005, mais cette réintégration n'a pas été très heureuse. Ni pour lui, ni pour les collaborateurs en place. Pour progresser, on a besoin de gens qui tirent tous à la même corde ". Effectivement, des tensions existaient au Futurosport entre les pro-Saint-Jean et les pro-Broeckaert. Les décisions prises ont, au moins, le mérite de clarifier la situation. Quant à savoir si le couperet est tombé sur la bonne personne : seul l'avenir nous l'apprendra. Le Futurosport est né en 1997. On connaît les circonstances : au début de cette année-là, GeorgesLeekens, alors en tête du classement avec l'Excelsior Mouscron, est débauché par la Fédération afin de sauver les Diables Rouges et de les qualifier in extremis pour la Coupe du Monde 1998. Fâché contre l'Union Belge, Jean- PierreDetremmerie exige des compensations et négocie l'engagement de Saint-Jean à qui il veut confier les rênes d'un véritable centre de formation. " Je n'étais pas particulièrement demandeur ", précise ce dernier. " J'avais déjà quatre boulots : je travaillais pour un agent de change, j'étais l'entraîneur de l'équipe nationale Espoirs, j'étais consultant à Canal+ et je m'occupais toujours du centre de formation de Braine-l'Alleud. Le bourgmestre de la Cité des Hurlus a fait le forcing : il m'a trouvé une maison, un travail pour mon épouse et, surtout, m'a assuré que je pourrais mettre l'entièreté de mon projet à exécution. A Braine-l'Alleud, cela fonctionnait très bien jusqu'à 14 ans - ce n'est pas pour rien que LukaPeruzovic, RenéTaelman, FrankieVercauteren ou actuellement PärZetterberg ont inscrit leur fils là-bas - mais après cet âge-là, il fallait passer à une étape supérieure et un club de Promotion n'en avait pas les moyens. A Mouscron, une école a été installée dans les environs immédiats, afin de permettre aux jeunes de s'entraîner huit ou neuf fois par semaine (ils ont sept séances hebdomadaires actuellement : qua-tre le matin et trois le soir, plus le match du week-end). Des préparateurs physiques ont été recrutés. Tout a été construit en un an. Cela a engendré de la jalousie chez des gens qui étaient en place depuis longtemps et qui n'avaient jamais bénéficié d'autant de moyens. C'est le premier problème auquel j'ai été confronté ". Huit ans après la création du Futurosport, beaucoup de personnes ont l'impression que la montagne a accouché d'une souris. Saint-Jean s'en défend : " Je peux coucher sur papier toute une équipe constituée de joueurs formés au Futurosport ( voirencadré) et je serais prêt à jouer en D1 avec cette équipe-là. J'y ajouterais peut-être, simplement, un gardien comme PatriceLuzi, un défenseur comme AlexTeklak et un régulateur d'entrejeu comme SteveDugardein pour apporter un peu d'expérience. Mais sur le plan offensif, je n'aurais pas besoin de renforts. Avec une division offensive constituée par PacoSanchez, JonathanBlondel, GonzagueVandooren et JeanvionYulu- Matondo, plus ChristianKabeya qui est aux portes du noyau A à Aston Villa, je serais paré ". On demande à voir, car dans l'équipe citée, rares sont les joueurs qui ont déjà acquis leurs lettres de noblesse en D1. Saint-Jean : " C'est le gros problème : pour acquérir du rythme et de la confiance, les jeunes ont besoin de jouer. Or, beaucoup d'entraîneurs d'équipes Premières hésitent à aligner des jeunes, et négligent leur post-formation. Si j'étais toujours l'entraîneur de l'Excel, Sanchez jouerait chaque fois qu'il est en état de jouer. Actuellement, en jouant aussi peu, il perd son temps et il régresse. La saison dernière, j'aurais aussi fait entrer BastienChantry et LorenzoLai au moment où notre situation au classement nous aurait permis de respirer. Tout le monde connaissait mes projets et c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai été saboté. Car ces jeunes auraient, forcément, intégré l'équipe Première au détriment de certains joueurs en place. Cet été, on a laissé partir Chantry à Mons alors que l'équipe avait un problème sur le flanc droit : incompréhensible. Dans le secteur défensif, la ligne arrière que je propose pour mon équipe du Futurosport n'est peut-être pas la plus rassurante à priori, mais je sais ce dont ces joueurs ont besoin. Le trio Jean- PhilippeCharlet - KevinPecqueux - JimmyHempte fut champion de Belgique deux années d'affilée. Charlet est parfois un peu déconcentré, mais il a un gros potentiel : bonne technique, bonne condition physique. Pecqueux fut le premier à jouer en équipe Première, car il était le plus fort. Mais c'est lorsqu'il a débuté en D1 que je me suis aperçu qu' HugoBroos et moi avions une vision totalement différente. Kevin est monté au jeu contre Lokeren et a neutralisé un joueur en l'orientant vers les flancs, grâce à son positionnement. Mais les coaches en place l'exhortaient toujours à attaquer le joueur, à le tacler. Ce n'est pas ce qu'on lui avait appris au centre de formation. Avec Hempte, c'était juste une question de confiance, mais je n'ai pas eu le temps de la lui donner parce qu'il fallait d'abord sauver l'équipe ". GonzagueVandooren fut l'un des premiers produits du Futurosport : il était déjà présent, avec Filston Bonsey Mongu N'Koy, avant la création du centre de formation. " Alors que je m'apprêtais à déménager pour Mouscron, j'étais venu voir deux matches en vitesse pour me rendre compte de ce qui m'attendait ", se souvient Saint-Jean. " Chez les jeunes, Gonzague jouait à la pointe de l'attaque, comme targetman, et il se débrouillait très bien même s'il était maladroit sur le plan technique à cause de son manque de formation. Lorsqu'il a rejoint le noyau B, il s'est distingué par une présence phénoménale. Sa chance fut, je crois, d'avoir joué deux ans au basket car je crois qu'il y a effectué un travail intéressant. Je faisais partie de la direction lorsque Broos a commencé le championnat avec 0 point sur 15. Il avait, dans son équipe, un gros problème au niveau du jeu de tête. Je lui ai soufflé le nom de Vandooren. C'est ainsi que tout a commencé pour l'actuel joueur de Genk ". Mais pour Saint-Jean, tout n'allait pas être aussi simple. En 2002, lassé de se voir mettre des bâtons dans les roues, il partait à Tubize... pour revenir en 2004, en tant qu'entraîneur de l'équipe Première. Le Futurosport, entre-temps, avait été laissé à l'abandon. " Lorsque je suis revenu, rien n'avait changé sur le site, sauf la taille des sapins. Il n'y avait pas un instrument en plus, rien ". Comme entraîneur de l'équipe Première, Saint-Jean allait enfin pouvoir mettre son projet à exécution : poursuivre la formation des jeunes jusqu'à l'équipe Première. Cela n'a pas duré longtemps : il a été évincé en mars 2005. " Je ne suis pas partisan, lorsque j'arrive dans une équipe, de virer tous les anciens pour mettre des jeunes à leur place. Je sais qu'un bon cocktail peut être intéressant et c'est ce que je m'étais évertué à faire la saison dernière. Mais tout s'est ligué contre moi. Dès le mois d'août, le départ inattendu de SteveDugardein m'a porté un coup qui m'a, à terme, coûté ma place. Car ce départ rendait le transfert de MarcSchaessens inutile : Marc avait besoin de Steve à ses côtés pour être performant. J'ai aussi perdu TonciMartic sur blessure. Certes, ce n'était plus le Tonci d'avant, mais il était convaincu qu'on pouvait réaliser de belles choses en appliquant mes principes et il gérait bien l'équipe. Malgré ces avatars, je pense que j'étais sur la bonne voie. En décembre, on a inscrit 11 buts en deux matches contre Mons et le Cercle Bruges. On était en plein boum alors qu'un match capital s'annonçait au Brussels. L'état de faillite a été décrété la veille : ce fut ma mort. Je sais que des joueurs se sont téléphonés jusqu'à deux heures du matin avant le match. Tout le monde était perturbé, et en plus, il y a eu la bourde de GeoffreyClaeys qui a précipité notre défaite à la dernière minute. A ce moment-là, sept joueurs étaient en attente d'un contrat à Mouscron. JeanvionYulu- Matondo et JonathanBlondel étaient prêts à revenir. On avait déjà rencontré le père de Jeanvion et tout était réglé. L'affaire a capoté parce que des bruits alarmistes couraient sur l'avenir de l'Excel. Au lieu de se renforcer, on a dû laisser partir ChristopheGrégoire. On a joué de malchance contre Genk, La Louvière et Lokeren : on a perdu des points qui nous auraient mis à l'aise au classement. Il y a eu aussi les sabotages : que ce soit contre Anderlecht, contre Charleroi et surtout contre le Standard. Le match contre le club liégeois était perdu d'avance : j'avais écarté FranckyVandendriessche et Claeys en a profité pour tout foutre en l'air. D'autres éléments ont joué en ma défaveur : FarukAtalay est arrivé avec des kilos en trop et n'était pas opérationnel lorsque j'étais encore en place. Idem avec ErminSiljak, qui était présent mais ne pouvait pas jouer parce que son club chinois ne lui délivrait pas son bon de sortie. Il fallait simplement tenir un an, pour pouvoir mettre le nouveau processus en marche la saison suivante, mais on ne m'en a pas laissé le temps. Je ne pense pas que je faisais fausse route. Aujourd'hui, MarcinZewlakow continue à me téléphoner. Depuis qu'il joue en France, il commence à comprendre ce que je lui expliquais la saison dernière : comment il devait se positionner, etc ". Saint-Jean affirme qu'il s'entendait bien avec RolandLouf. Pourtant, l'ancien directeur général de l'Excel n'a-t-il pas, en transférant 12 joueurs étrangers, barré le chemin de l'équipe Première à un bon nombre de jeunes ? " Peut-être. Louf connaît bien le football. Il a été entraîneur très jeune, à Overijse notamment. Et il a fait du très bon boulot à Mouscron. Il a réalisé de très bons transferts : la preuve, ils jouent tous en équipe Première. Mais, c'est vrai : il ne croit pas en la formation... Il ne l'a jamais caché et n'a donc pas été malhonnête. J'avais rendez-vous avec lui le 1er septembre - car je voulais le laisser travailler tranquillement pendant la période des transferts - pour mettre un plan au point en ce qui concerne les jeunes. On sait ce qui est arrivé : il a démissionné à ce moment-là. Face à la concurrence liée à l'arrivée des joueurs français, certains jeunes sont partis, mais Broeckaert a cautionné ces départs. A la décharge de Geert, il a peut-être trop de bons joueurs : ce n'est pas facile de retirer des éléments expérimentés pour faire jouer des jeunes ". Saint-Jean n'a-t-il pas eu l'impression de former des jeunes qui n'avaient aucun débouché en équipe Première ? " Si. Mais c'est précisément pour éviter d'encore empirer leur situation que je m'étais battu. J'aurais pu signer maintes fois ailleurs, mais j'étais resté pour protéger le Futurosport. Pourtant, on a tout fait pour me dégoûter. Il y a quatre ans, on m'avait construit une cabane en bois, non chauffée. Cette saison, j'avais tout de même un bureau, mais minuscule. Le bourgmestre ne cessait de me répéter : - Sitouslesdégoûtéss'envont, il ne resteraplusquelesdégoûtants ! J'essayais donc de tenir. J'ai rencontré le nouveau président Edward Van Daele en octobre. Il m'avait demandé de patienter un peu. Le nouveau directeur général AlainTirloit allait remettre de l'ordre... ". DANIEL DEVOS" COMME DISAIT DETREM' : -SI TOUS LES DÉGOûTÉS S'EN VONT, IL NE RESTERA PLUS QUE LES DéGOûTANTS ! " (SAINT-JEAN)