Mai 1987, une talonnade de Madjer face au Bayern Munich propulse le FC Porto au faîte du football européen. Dans la foulée, il remporte encore la Coupe Intercontinentale. Depuis, ce club a conquis dix titres de champion du Portugal, supplantant ainsi ses deux grands rivaux nationaux, Benfica et le Sporting. Cette domination ne s'est toutefois jamais plus reflétée au niveau européen, son meilleur résultat se limitant à une présence en quarts de finale de la Coupe UEFA en 2001. Jusqu'à cette saison puisque le FC Porto est champion du Portugal depuis la 30e journée mais aussi qualifié pour la finale de la Coupe UEFA ainsi que pour celle de la Coupe du Portugal.
...

Mai 1987, une talonnade de Madjer face au Bayern Munich propulse le FC Porto au faîte du football européen. Dans la foulée, il remporte encore la Coupe Intercontinentale. Depuis, ce club a conquis dix titres de champion du Portugal, supplantant ainsi ses deux grands rivaux nationaux, Benfica et le Sporting. Cette domination ne s'est toutefois jamais plus reflétée au niveau européen, son meilleur résultat se limitant à une présence en quarts de finale de la Coupe UEFA en 2001. Jusqu'à cette saison puisque le FC Porto est champion du Portugal depuis la 30e journée mais aussi qualifié pour la finale de la Coupe UEFA ainsi que pour celle de la Coupe du Portugal. Ce succès est celui de José Mourinho, un entraîneur moderne qui a su rendre à son équipe une dynamique qui s'effritait dangereusement depuis la conquête du dernier titre, en 1999. Lorsqu'il succéda à Octávio Machado, en janvier 2002, il affirma que son premier but était de qualifier son équipe pour la Coupe de l'UEFA mais que le FC Porto serait à nouveau champion en 2003. Cet homme à l'apparence arrogante avait vu juste et a ainsi définitivement forcé le respect au Portugal. Son parcours n'est pas banal. Fils d'un ancien entraîneur du Vitória Setúbal, il a rapidement abandonné la pratique du football pour s'intéresser au métier d'entraîneur. Voici sept ans, son diplôme en poche, il décida de tout plaquer pour suivre Bobby Robson au FC Barcelone, dont il intégra le staff technique en qualité de traducteur. " C'est un homme qui a toujours aimé travailler ", dit l'entraîneur anglais à son sujet. A un point tel que Mourinho conserva sa place dans le staff à l'engagement de Louis van Gaal. Il revint ensuite au Portugal, où il reçut sa chance à Benfica. Mais le plus grand club portugais connaît depuis dix ans une dérive sportive et financière telle qu'il lui fut impossible d'asseoir ses idées et il fut rapidement remplacé par Jesualdo Ferreira. Mourinho travailla alors à Leiria, qu'il amena pratiquement en Coupe d'Europe avant que le FC Porto ne vienne le chercher. Après avoir réglé les affaires courantes de la saison qui s'achevait et qualifié le club pour la Coupe de l'UEFA, Mourinho se mit à travailler la constitution de son noyau en vue de l'exercice suivant. D'un point de vue psychologique, il s'attacha avant tout à rendre confiance à deux serviteurs de la maison : le gardien Vítor Baía et le capitaine Jorge Costa. Baía, ex-meilleur gardien européen, tombé en disgrâce après une saison marquée par plusieurs opérations (notamment par le chirurgien Popovics, médecin du Standard) et une Coupe du Monde manquée, entama le championnat sur le banc mais reprit rapidement sa place après que Porto eut encaissé trop de buts sur coups francs et joua un rôle important tant dans la conquête du titre (17 buts encaissés seulement) que dans la qualification pour la finale de la Coupe UEFA avec, notamment, un penalty arrêté en demi-finales à la Lazio de Rome. Jorge Costa, arrière central intransigeant, semblait accuser le poids des ans à un point tel qu'Octávio Machado l'avait écarté du noyau A et qu'il avait terminé la saison précédente à Charlton Athletic. Mais Mourinho refit de lui la charnière de sa défense, que ce soit aux côtés de Pedro Emanuel, ex-capitaine de Boavista, ou de Ricardo Carvalho, grand espoir du football portugais. Autrefois réputé pour son intransigeance défensive et parfois blâmé pour son manque de créativité, Porto a cette fois su allier les deux paramètres, ce qui fait de lui un finaliste digne de ce nom. Même si, avant la Lazio, il n'a pas éliminé de très grandes formations européennes (Polónia Varsovie, Austria Vienne, Lens, Denizlispor et Panathinaikos), il a toutefois réussi la gageure d'inscrire 26 buts en 12 rencontres européennes, tout en n'en concédant que huit. Pour en arriver là, Mourinho a savamment opté pour deux systèmes différents : le 4-4-3 face à des adversaires plus faibles, le 4-4-2 contre des équipes justifiant une plus grande prudence. Devant Vítor Baía, sa ligne arrière s'articule autour de la charnière Jorge Costa-Pedro Emmanuel. Ces deux-là n'étant plus de première jeunesse, la vivacité est donnée par les flancs, surtout à droite, où Paulo Ferreira s'est imposé dès son arrivée de Setúbal, effaçant d'un seul coup la carrière de Carlos Secretário, 35 fois international. En championnat, Paulo Ferreira a disputé 89 matches d'affilée et il est probable qu'il aurait approché la centaine si Mourinho n'avait décidé de le laisser souffler à un certain moment. Il est convoité par le Bayern Munich, qui voit en lui le meilleur arrière droit d'Europe. A gauche, Porto est confronté à davantage de problèmes suite aux blessures à répétitions de Mário Silva et Nuno Valente, un joueur que Mourinho avait amené de Leiria. Lorsqu'ils sont tous deux absents, Mourinho fait alors appel à Ricardo Carvalho. Mais la grande force du FC Porto réside sans doute dans son entrejeu, basé sur le trio Costinha-Maniche-Deco. Ex-joueur de Monaco, où il était connu sous son véritable nom, Da Costa, Costinha est un costaud qui récupère un tas de ballons, notamment de la tête, et inscrit bon nombre de buts sur phases arrêtées. A ses côtés, Maniche constitue la bonne surprise. Mourinho est allé le récupérer dans le noyau B de Benfica pour en faire son relayeur. Avec un tel succès que Maniche est aujourd'hui repris en équipe nationale. Et puis il y a Deco, l'artiste brésilien récemment naturalisé portugais. Un joueur imaginatif à souhait, qui va droit au but (il est le deuxième buteur du club), doté d'une frappe puissante et d'une grande précision dans la frappe mais aussi un battant, bien qu'il ait réussi, cette saison, à juguler son agressivité. Dans les matches de plus grande importance, Mourinho fait alors appel au Russe Alenichev, souvent critiqué par le passé pour son manque de régularité mais qui a rendu de tels services cette saison que le club envisage de lui offrir un nouveau contrat. Il peut également demander à Capucho de redescendre d'un cran. Devant, c'est le duo Hélder Postiga-Derlei qui a fini par s'imposer. Toutes compétitions confondues, le jeune attaquant international espoir portugais a inscrit près de 25 buts cette saison. Il a pris le dessus sur le Lituanien Edgaras Jankauskas. Exclu en demi-finale retour face à la Lazio, il sera toutefois privé de finale, ce qui devrait permettre à l'ex-attaquant du Club Brugeois de refaire parler de lui.