"J'ai grandi à Melle, près de l'ancien stade Otten. J'assistais à chaque match à domicile des Buffalos avec mon père et j'allais même voir, seule, les matches de jeunes. En fait, je passais tous mes week-ends au complexe d'entraînement de La Gantoise. J'étais très fâchée que le club n'ait pas de section féminine. J'ai donc commencé à jouer en équipes d'âge du DVK Gand. Je jouais aussi dans les plaines de jeux et en rue. Je ne sais pas d'où me vient cette passion. Ma soeur jumelle ne la partage absolument pas. Elle préférait être sur le banc plutôt que sur le terrain !
...

"J'ai grandi à Melle, près de l'ancien stade Otten. J'assistais à chaque match à domicile des Buffalos avec mon père et j'allais même voir, seule, les matches de jeunes. En fait, je passais tous mes week-ends au complexe d'entraînement de La Gantoise. J'étais très fâchée que le club n'ait pas de section féminine. J'ai donc commencé à jouer en équipes d'âge du DVK Gand. Je jouais aussi dans les plaines de jeux et en rue. Je ne sais pas d'où me vient cette passion. Ma soeur jumelle ne la partage absolument pas. Elle préférait être sur le banc plutôt que sur le terrain ! Après le DVK Gand, j'ai joué au Cercle Melle. Je m'entraînais revêtue de la tenue de La Gantoise. J'étais numéro dix et j'aimais être soutenue par un bon six. Je possédais technique et lecture du jeu mais je n'étais malheureusement pas rapide. Maintenant, je m'intéresse surtout aux distributeurs. Comme Kevin De Bruyne. J'observe sa lecture du jeu. Il sait ce qu'il va fait avant même d'avoir le ballon. Sven Kums possède cette qualité aussi. Suite au forfait de Zulte Waregem, une place s'est libérée en BeNe League. Le Cercle Melle voulait la prendre mais n'en avait pas les moyens. La seule possibilité était de jouer avec le matricule des Buffalos. Initialement, la direction gantoise n'était pas très chaude. À cette époque, le stade l'absorbait complètement. Finalement, le club a accepté à condition que nous nous occupions de tout. Cinq ans plus tard, nous avons plus de deux cents joueuses réparties dans quinze équipes. Notre équipe de direction, restreinte, travaille d'arrache-pied. Nous sommes bénévoles. Je dois prendre un jour de congé pour assister à une réunion à la fédération. Mais nous voulons être dignes de notre nom et de notre logo. Ça implique, par exemple, que les filles ne peuvent pas boire d'alcool après un match tant qu'elles portent la tenue du club. Il ne faut pas comparer le football féminin au masculin. Les femmes ont moins de vitesse et de puissance mais elles ont énormément progressé sur les plans technique et tactique. La popularité du football féminin croît aussi. Plus de mille personnes ont assisté à notre quart de finale de coupe contre Anderlecht. De vrais Buffalos, avec des drapeaux et des écharpes. Je n'ai entendu que des compliments ensuite : notre football était plus pur, plus correct, nous jouons moins pour l'argent. En demi-finale, le 14 avril, nous affrontons le WS Woluwe et la finale se déroule le 22 avril à Dendre. Une semaine avant le match des hommes. Mon rêve ultime ? Jouer à la Ghelamco Arena. Et pas devant mille spectateurs, hein. La suppression de la BeNe League il y a trois ans a été un drame pour le football féminin. Notre Super League belge n'aligne que six clubs. La Pro League devrait obliger tous les clubs à aligner une équipe féminine. Mais bon, nous devons faire preuve de patience. Je remarque que la section masculine nous témoigne de plus en plus de respect et de soutien. La saison passé, Yves Vanderhaeghe a assisté à un match de coupe et récemment, nous avons accueilli Peter Balette. Jess Thorup a également promis de passer. Il m'a envoyé un mail personnel pour me féliciter de la victoire en coupe contre Anderlecht. Thorup fait forte impression. Il est extrêmement humain. Il m'a séduite ! Les joueurs font également preuve de bonne volonté en tournant une vidéo ou en donnant parfois le coup d'envoi. La Gantoise a opéré une superbe remontée ces derniers mois mais je regrette quand même l'époque du titre et de la Ligue des Champions. Toutefois, le staff technique m'a confié que l'ambiance du stage hivernal rappelait celle qui régnait lors de la saison du titre. Nous avons enrôlé un vrai renfort, Alexander Sorloth, en janvier. Pourvu que nous puissions le conserver ! Idem pour Thomas Kaminski... On ne parle plus de Lovre Kalinic. D'ailleurs, il était limité sur le plan footballistique. Kaminski est meilleur. Les supporters gantois sont d'un naturel critique, voire trop négatif. Il faut tenir compte du contexte. Depoitre, Sels, Kums sont tous partis et ce n'est pas évident de les remplacer. Mais de toute façon, La Gantoise émarge à l'élite belge. "