Obligé d'assainir ses finances, Harelbeke savait qu'il abordait la saison la plus difficile de son histoire en D1. A l'exception de Franky Frans, un gardien expérimenté, le club flandrien avait enrôlé le Ghinéen Kader Camara, âgé de dix-huit ans, et une volée de joueurs de l'échelon inférieur: Steve Barbé, Ernest Konon, Vincent Lachambre, Sébastien Nottebaert, David Geeroms et Kristof Sas. Dans le courant du premier tour, il a fait appel à quatre autres joueurs: ...

Obligé d'assainir ses finances, Harelbeke savait qu'il abordait la saison la plus difficile de son histoire en D1. A l'exception de Franky Frans, un gardien expérimenté, le club flandrien avait enrôlé le Ghinéen Kader Camara, âgé de dix-huit ans, et une volée de joueurs de l'échelon inférieur: Steve Barbé, Ernest Konon, Vincent Lachambre, Sébastien Nottebaert, David Geeroms et Kristof Sas. Dans le courant du premier tour, il a fait appel à quatre autres joueurs: Galli Barka, le défenseur brésilien Guedes de Sousa et deux attaquants, Eyolffson et Ode Thompson. Mais à mi-parcours, son classement était dramatique. Harelbeke était bon dernier, avec sept petits points. L'équipe avait accumulé les gifles, encaissant pas moins de 59 buts, dont une série qu'on n'a pas l'habitude de voir sur un terrain de D1. Harelbeke n'avait pas plus de certitudes que d'équipe-type, le mot automatisme lui était totalement étranger. Il n'y avait pas d'équipe sur le terrain. René Klomp et Joris De Tollenaere, aptes à assumer le commandement, faisaient trop souvent banquette. Comme tout ce qui est susceptible de foirer sur un terrain foirait effectivement et que Herman Helleputte en perdait son latin, son limogeage, en décembre, n'a étonné personne. Si ce n'est que Harelbeke a confié la totalité de son management sportif à une entreprise mobilière allemande. Quadro Office a fourni à Harelbeke un entraîneur allemand inconnu, Gerd Zeise, et surtout Enver Alisic, un directeur technique qui connaît très bien Genk. Dans la foulée, il a promis un deux, trois, quatre ou cinq joueurs. La firme devait aussi aider le club à obtenir sa licence professionnelle. Finalement, six Croates ont débarqué. Le club leur a offert le contrat minimum, Quadro Office a payé le complément. De Jurjev, Mrzlecki, Harmat, Rosandic, Medvid et Kovasic, seuls les trois premiers cités ont été d'une quelconqe utilité. Alisic a nettoyé l'écurie selon ses vues personnelles, pas toujours évidentes à cerner. Serge Van de Walle, Kenny Verhoene, Barka, Frans, Andreï Diatel, Dimitri Mitchkov, Arek Kubic, Lukas Kubic et finalement Nottebaert et Klomp en ont tous fait l'amère expérience. Au début, les faits ont donné raison à Alisic. Il a rapidement transformé Harelbeke en équipe solide, bien équilibrée, capable d'obtenir un résultat contre n'importe quel adversaire. L'approche d'Alisic lui a valu dix-huit points mais ça n'a pas suffi. Surtout parce qu'en fin de championnat, au moment où les équipes menacées de relégation obtiennent généralement leurs meilleurs résultats, le vent a tourné dans le ciel d'Harelbeke. Il faut dire qu'entre-temps, Alisic s'était disputé à peu près avec tout le monde.Après six saisons parmi l'élite, Harelbeke va donc rejoindre la D2, à moins qu'une ultime intervention de la commission des licences dans une série de dossiers épineux, concernant des concurrents aussi en situation délicate, ne lui épargne cette épreuve.Ça reste possible. Harelbeke lui-même s'est d'abord vu refuser sa licence, puis il l'a obtenue. La décision a encore été remise en question avant que le document ne soit délivré. Pour de bon? Christian Vandenabeele