Si vous souhaitez admirer les spécialistes du classement durant ce mois-ci, vous avez intérêt à mettre le cap sur les flancs de la Sierra Nevada, en Andalousie. Les ténors du Tour s'y préparent. Johan Bruyneel y a expédié Andy Schleck après un printemps décevant. On y a aussi signalé Alejandro Valverde et Robert Gesink y viendra à l'issue du Tour de Californie. C'est aussi en Espagne que Jurgen Van den Broeck s'entraîne avec une discipline de fer. Il a découvert l'endroit grâce à Cadel Evans, son ancien coéquipier, et en est devenu un hôte régulier.

" On a découvert l'utilité des stages en altitude grâce aux Jeux olympiques de 1968 ", explique Bert Ackaert, physiologue du sport employé par l'Energy Lab, le centre d'entraînement qui collabore notamment avec Lotto-Belisol. " A Mexico, il est vraiment apparu qu'un séjour prolongé en altitude avait un effet positif sur les performances. "

Le concept n'est donc pas neuf mais ce qui l'est, c'est que de plus en plus de spécialistes des tours optent pour cette méthode. Ackaert a deux explications à ce regain de popularité. " Grâce à la professionnalisation du cyclisme, les coureurs, surtout quand ils émargent au WorldTour, connaissent mieux les différentes façons d'améliorer leur condition, des compléments alimentaires aux techniques de récupération en passant par les stages en altitude. Ensuite, on ne peut nier que cette mode est la conséquence de la lutte contre le dopage. L'altitude stimule la production naturelle d'hématocrite. Dans les années 90, quand on ne pouvait pas encore détecter l'EPO, les coureurs étaient moins enclins à rejoindre les hauteurs. Disons que ces stages en altitude constituent une forme légale de dopage sanguin. "

La concentration en oxygène étant inférieure en altitude, le corps produit plus de globules rouges, qui assurent le transport de l'oxygène et déterminent donc l'endurance des sportifs. L'hématocrite est le volume occupé par ces globules rouges dans le sang. " Après 16 jours en Sierra Nevada, l'hématocrite de Van den Broeck aura augmenté de trois à quatre points ", assure Ackaert. " Tout le monde ne réagit pas aussi bien à l'altitude, cependant. " Un stage n'a d'ailleurs de sens que s'il dure au moins deux semaines et demie, voire trois. " Beaucoup de coureurs reviennent trop rapidement. Ils bénéficient plutôt de l'effet placebo. Ils se sentent en pleine forme à leur retour mais en réalité, c'est surtout psychologique. "

La Sierra Nevada dispose de maints atouts. " Le climat y est généralement agréable, contrairement aux autres massifs. En plus, elle offre d'excellentes installations aux coureurs ", précise Ackaert. C'est en effet là que se trouve le Centro de Alto Rendimiento (CAR), le centre d'entraînement polyvalent, sis à 2.320 mètres d'altitude. Il comprend des postes d'athlétisme, une gigantesque salle de fitness, une piscine olympique, un espace cardio et un laboratoire.

BENEDICT VANCLOOSTER

Si vous souhaitez admirer les spécialistes du classement durant ce mois-ci, vous avez intérêt à mettre le cap sur les flancs de la Sierra Nevada, en Andalousie. Les ténors du Tour s'y préparent. Johan Bruyneel y a expédié Andy Schleck après un printemps décevant. On y a aussi signalé Alejandro Valverde et Robert Gesink y viendra à l'issue du Tour de Californie. C'est aussi en Espagne que Jurgen Van den Broeck s'entraîne avec une discipline de fer. Il a découvert l'endroit grâce à Cadel Evans, son ancien coéquipier, et en est devenu un hôte régulier. " On a découvert l'utilité des stages en altitude grâce aux Jeux olympiques de 1968 ", explique Bert Ackaert, physiologue du sport employé par l'Energy Lab, le centre d'entraînement qui collabore notamment avec Lotto-Belisol. " A Mexico, il est vraiment apparu qu'un séjour prolongé en altitude avait un effet positif sur les performances. " Le concept n'est donc pas neuf mais ce qui l'est, c'est que de plus en plus de spécialistes des tours optent pour cette méthode. Ackaert a deux explications à ce regain de popularité. " Grâce à la professionnalisation du cyclisme, les coureurs, surtout quand ils émargent au WorldTour, connaissent mieux les différentes façons d'améliorer leur condition, des compléments alimentaires aux techniques de récupération en passant par les stages en altitude. Ensuite, on ne peut nier que cette mode est la conséquence de la lutte contre le dopage. L'altitude stimule la production naturelle d'hématocrite. Dans les années 90, quand on ne pouvait pas encore détecter l'EPO, les coureurs étaient moins enclins à rejoindre les hauteurs. Disons que ces stages en altitude constituent une forme légale de dopage sanguin. "La concentration en oxygène étant inférieure en altitude, le corps produit plus de globules rouges, qui assurent le transport de l'oxygène et déterminent donc l'endurance des sportifs. L'hématocrite est le volume occupé par ces globules rouges dans le sang. " Après 16 jours en Sierra Nevada, l'hématocrite de Van den Broeck aura augmenté de trois à quatre points ", assure Ackaert. " Tout le monde ne réagit pas aussi bien à l'altitude, cependant. " Un stage n'a d'ailleurs de sens que s'il dure au moins deux semaines et demie, voire trois. " Beaucoup de coureurs reviennent trop rapidement. Ils bénéficient plutôt de l'effet placebo. Ils se sentent en pleine forme à leur retour mais en réalité, c'est surtout psychologique. "La Sierra Nevada dispose de maints atouts. " Le climat y est généralement agréable, contrairement aux autres massifs. En plus, elle offre d'excellentes installations aux coureurs ", précise Ackaert. C'est en effet là que se trouve le Centro de Alto Rendimiento (CAR), le centre d'entraînement polyvalent, sis à 2.320 mètres d'altitude. Il comprend des postes d'athlétisme, une gigantesque salle de fitness, une piscine olympique, un espace cardio et un laboratoire. BENEDICT VANCLOOSTER