Plus jeune vainqueur à Roland Garros en 1989 (il avait 17 ans et 3 mois), Michael Chang a marqué l'ère du tennis moderne par son service à la cuillère, mais aussi et surtout par sa combativité à toute épreuve et sa volonté de sans cesse se surpasser. Joueur doué lorsqu'il était junior, il a fait toutes ses classes avec ses prestigieux compatriotes Pete Sampras, Andre Agassi et Jim Courier. S'ils ont tous trois connu davantage de succès que Michael une fois passés dans les rangs professionnels, ce dernier n'en reste pas moins fier d'une carrière qui aura duré 16 années et qui est en passe de s'achever alors qu'il vient de fêter ses 31 ans.
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Plus jeune vainqueur à Roland Garros en 1989 (il avait 17 ans et 3 mois), Michael Chang a marqué l'ère du tennis moderne par son service à la cuillère, mais aussi et surtout par sa combativité à toute épreuve et sa volonté de sans cesse se surpasser. Joueur doué lorsqu'il était junior, il a fait toutes ses classes avec ses prestigieux compatriotes Pete Sampras, Andre Agassi et Jim Courier. S'ils ont tous trois connu davantage de succès que Michael une fois passés dans les rangs professionnels, ce dernier n'en reste pas moins fier d'une carrière qui aura duré 16 années et qui est en passe de s'achever alors qu'il vient de fêter ses 31 ans.Malgré trois autres finales de Grand Chelem (à Roland Garros en 1995 et à l'Open d'Australie et l'US Open l'année suivante), jamais Chang ne parvint à ajouter une autre corde à son arc majeur. Vainqueur de 34 titres, il fut également à deux doigts d'accéder à la première place mondiale en 1996, mais une défaite en finale à Flushing Meadow face à Sampras eut raison de son entreprise.Michael Chang: Les dernières années n'ont pas été très bonnes pour moi et je me suis dit que je voulais me retirer en faisant une tournée d'adieu pour remercier les gens et les tournois où je me suis produit pendant toutes ces années. C'est ma manière à moi d'exprimer combien j'ai été heureux et fier d'avoir fait toute cette route, avec les succès que l'on sait, mais aussi les défaites. Pour en revenir à votre décision d'arrêter, y a-t-il eu un moment particulier qui a agi en tant que détonateur?Pas vraiment. J'ai senti que je n'arrivais plus à reproduire le niveau de tennis qui fut le mien par le passé. J'aurais dû jouer moins durant ma carrière, cela m'aurait sûrement aidé à m'améliorer davantage. C'est pourquoi, cette saison,je ne disputerai que les tournois qui ont représenté quelque chose de spécial pour moi tout en étant sûr d'avoir suffisamment de temps pour les préparer.Que vous rappelle votre victoire à San Francisco en 1988, la première chez les professionnels?Plusieurs choses. Tout d'abord, la surprise de voir Johan Kriek battre John McEnroe en demi-finales. Ensuite, je me souviens avoir porté pour la première fois à cette occasion des verres de contact. A l'entraînement, j'ai demandé à mon partenaire ce qu'il voyait de l'autre côté du filet et il m'a répondu quelque chose, je ne me souviens plus très bien quoi, mais que moi-même je ne voyais pas! Je me suis tout de suite rendu chez un opticien et une fois les lentilles posées, je me rappelle fort bien que la balle avait subitement une taille énorme!"A 8 ans, j'étais plus grand que Sampras"La Chine a vraiment changé. Après mon premier séjour en 1990, j'y suis retourné chaque année. Je suis sans doute le seul athlète professionnel qui a eu la chance de pouvoir apprécier ce changement au fil des ans. C'est pourquoi j'ai soutenu de tout mon poids la candidature de la Chine pour les JO de 2008. L'opportunité est fabuleuse pour elle de montrer combien elle s'est ouverte au monde. Je me souviens de mon premier tournoi: on ne me laissait signer aucun autographe! Le régime était fort rigide mais je crois sincèrement qu'il a beaucoup appris de ses erreurs du passé.Parlez-nous de votre grande rivalité avec les joueurs américains, et particulièrement avec Sampras, Agassi et Courier...Dois-je démarrer à l'époque où nous avions huit ans? (Il rit). Pour moi, en tant que joueur de tennis, avoir fait partie de ce groupe de gentlemen fut un réel honneur. J'ai grandi avec Pete, Andre et Jim, et j'ai pris beaucoup de plaisir à me mesurer à eux. Avec qui avez-vous commencé à jouer en premier?Avec Pete. Nous avions l'un et l'autre huit ans. J'ai rencontré Andre pour la première fois lorsque j'avais neuf ans, et Jim, quand j'en avais 11. Nous nous sommes inspirés les uns les autres. Chacun à notre manière, nous nous sommes aidés à devenir meilleurs. Parce qu'à chaque fois que nous nous rencontrions, l'atmosphère était spéciale. Il y avait un supplément d'attention et d'adrénaline qui rendait nos affrontements passionnants. Je crois d'ailleurs que si Pete et Andre avaient déjà arrêté leur carrière, j'aurais moi aussi raccroché plus tôt.Oui et j'en suis fier! Je ne me souviens plus si j'ai gagné ou perdu notre premier duel. Plus tard chez les juniors, je le battais à peu près neuf fois sur dix. Quand nous sommes passés pros, j'ai gardé l'avantage pendant longtemps puisque je crois avoir gagné nos cinq ou six premières confrontations. Tout cela intervint, bien sûr, avant qu'il ne gagne l'US Open en 1990. La tendance s'est nettement inversée ensuite!Qu'allez-vous faire une fois que la page sera définitivement tournée ?Je ferai pas mal de choses avec ma fondation, la Family Foundation qui met en avant le système familial dans notre société. J'aurai un rôle de représentation à travers le monde. J'aimerais aussi reprendre quelque cours. Pour le reste, pour être disons plus terre à terre, j'aimerais rencontrer la femme idéale et démarrer une famille. Mais sur ce dernier point, j'avoue ne pas avoir un grand contrôle de la situation!L'US Open. C'est le tournoi où je me suis le plus produit. Je fêterai cette année ma 17e participation."Avec Sampras, Agassi et Courier, on s'espionnait en permanence"C'est exact. L'accident fut stupide parce qu'on ne m'a pas dit que certaines zones du terrain sur lequel je me produisais étaient mouillées. Sans quoi, je n'aurais jamais disputé cette rencontre. Mais bon, cela fait partie des incidents qui jalonnent une carrière. Après cette période, je me suis énormément battu pour revenir dans le coup et c'est là que j'ai compris qu'on ne peut pas toujours être au sommet de sa forme. Chez les juniors, vous étiez du même niveau que Sampras, Agassi et Courier. Aujourd'hui, le premier a remporté 14 titres du Grand Chelem, le deuxième 8 et le troisième 4 tandis que vous êtes resté bloqué à votre victoire à Paris. Ils ont de plus tous trois atteint la première place mondiale mais pas vous. On a souvent dit que vous étiez un champion surestimé. Qu'en pensez-vous?Difficile à dire. Si on me compare aux trois joueurs précités, il est facile de prétendre que je n'ai pas réalisé toutes les choses que j'aurais pu. Mais au plus profond de moi, je sais que j'ai tenté tout ce qui était en mon pouvoir pour réussir une grande carrière et cela me satisfait. Franchement, les trois joueurs auxquels vous me comparez sont trois joueurs exceptionnels.Pour en revenir à vos trois compatriotes, vos relations ont-elles toujours été au beau fixe?Il y a eu des hauts et des bas. Lorsque nous avons commencé, nous mangions ensemble à la fin de la journée. Une fois que nous fûmes tous les quatre au sommet de notre art, ce ne fut plus le cas. Dans chaque tournoi, on regardait qui avait qui dans sa partie de tableau. Uns fois, alors que Jim et moi nous nous entraînions en vue d'un tournoi, il a voulu subitement disputer un set. Je lui ai répondu que je préférais jouer quelques points, sans plus. En fait, je savais que nous devrions vraisemblablement nous affronter en quarts de finale et je ne voulais pas qu'il voie où en était mon jeu à cette période. On s'observait en permanence! Avec l'âge, nous avons appris à nous apprécier et à nous respecter davantage. Lorsque nous nous croisons aujourd'hui, les accolades sont plus chaleureuses. Alexis Romain"Je me souviens de mon premier tournoi: on ne me laissait signer aucun autographe!"