par Stéphane Vande Velde
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par Stéphane Vande VeldeA l'autre bout du Hainaut, les lampions de la fête viennent également de s'éteindre. Cela faisait 42 ans que Tournai attendait de rejoindre la D2. Trois ans après avoir chuté en Promotion, les Tournaisiens ont émergé sur le fil. " On avait une bonne équipe, un bon staff mais il faut avouer qu'on a eu la chance avec nous. Il suffit de compter le nombre de fois qu'on a remporté les trois points à la 90e minute ", lâche Jean-Claude Stocman, le directeur général des coalisés. Cinq ans après la fusion entre l'Union (classe ouvrière laïque) et le Racing (bourgeoisie catholique), la réussite sportive vient couronner le projet. " Certains fervents supporters du Racing et de l'Union n'ont pas encore remis les pieds au stade. Le Racing aurait eu 100 ans l'année prochaine. Le RFC Tournai n'a une histoire vieille que de cinq ans. De plus, les derbies faisaient partie du folklore local. Il n'y a que les résultats qui feront s'estomper cette nostalgie ", ajoute Stocman, autrefois Racingman et qui est revenu au club suite à la demande du président Christian Massy. " Tournai est à un tournant important de son histoire. Si le club travaille bien, il peut attirer 7 à 10.000 supporters. Il suffit de voir l'engouement que notre match capital à Meerhout a suscité. Il y avait cinq bus de supporters ", ajoute l'entraîneur Jean-Marc Varnier. En début de saison, personne n'aurait misé un euro sur ce club, qui venait de boucler sa première saison en D3 avec une honorable huitième place de série francophone et qui était passé à la néerlandophone, réputée plus ardue. Pourtant, Tournai allait pouvoir compter sur l'expérience et la science de son nouveau mentor : Varnier. " En début de saison, comme il fallait remettre les finances à flots, on m'avait demandé de maintenir l'équipe. Je suis arrivé dans un club qui n'avait plus d'ambitions. On a reconstruit une équipe autour de Grégory Delwarte, Fabien Delbeeke, Toni Di Tullio, Jimmy Mulisa et Pascal De Vreese, qui, à 34 ans, a retrouvé toutes ses sensations. J'ai gardé quatre joueurs de l'ancienne époque et j'ai activé mes filons. Une fois le noyau sur pied, on a développé notre jeu, sans jamais se soucier de l'adversaire. Je voulais que l'équipe défende en avançant, pas en reculant. On était bien au point et voilà qu'on remporte la première tranche. Après 20 matches, on a commencé à évoquer la possibilité d'une montée. Finalement, il a fallu attendre la dernière minute pour obtenir ce titre. Diegem, notre concurrent direct, mené 0-2 était revenu à 2-2. S'il l'emportait, on allait au test match et sur le plan physique, on n'était plus capable d'émerger ". L'image de fête est jolie. Elle sied tellement à cette belle ville bourgeoise bercée par l'Escaut et à son stade Luc Varenne flambant neuf. Pourtant, en grattant le vernis, on découvre une réalité financière qui laisse perplexe. Comme dans tous les clubs présidés par un bourgmestre, on ne sait plus très bien où s'arrêtent les caisses de la ville, de la Régie Autonome et du club local. " Quand on se présente dans une entreprise et qu'on dit que notre président est aussi le bourgmestre, cela ouvre des portes. Cependant certains pensent que le bourgmestre va favoriser le club de football mais ce n'est pas le cas. Il a construit par exemple une nouvelle piscine. Il ne dépasse pas la ligne rouge. Il sait ce qu'il peut faire ou non ", continue Stocman. Pourtant, la justice n'en est pas convaincue comme en témoignent les récentes perquisitions qui ont touché la Régie Autonome. A cela s'ajoute la polémique récurrente de la venue de Peruwelz dans le stade Luc Varenne. " Ce ne sont pas les 1.250 euros de location qui vont rembourser les dettes de la Régie Autonome ", peste Varnier. " Grâce à son président, Peruwelz qui n'est qu'un village, a les moyens que Tournai n'a pas. Le seul avantage que Tournai peut faire valoir sur son voisin pour attirer des joueurs, ce sont ses installations car aucun bon joueur ne risquerait d'aller jouer sur le terrain de Peruwelz. Si ce club déménage chez nous, les joueurs afflueront chez notre voisin. On pense que cela va enrichir Tournai mais cela risque de l'appauvrir ". Dans une atmosphère financière pour le moins nébuleuse, Tournai voudra tenir son rang en D2. " On tentera de se maintenir ", continue Varnier. " Si on garde le groupe et qu'on y ajoute six renforts, cela ne posera pas trop de problèmes car il y aura toujours l'enthousiasme de la montée. La deuxième année sera plus délicate car cet élan n'existera plus. Il faut donc dans un premier temps stabiliser le club. Après, pourquoi pas viser les premiers rôles ? La D2 ne rapporte pas plus que la D3. Il faut donc tendre vers la D1. Tournai y a autant sa place que Roulers. Pour cela, il faudra se doter de moyens. On ne pourra pas faire des miracles deux ans d'affilée. Ce sont souvent les désargentés qui descendent. Regardez Renaix et Beveren ". Tournai est en effet monté avec un des plus petits budgets de D3 (250.000 euros). Celui-ci sera doublé pour la D2.