Et de dix! Depuis ses premiers shoots en 1980, Olivier Suray (30 ans) a connu une dizaine de clubs, dont six en D1 belge: Gedinne, Vencimont, Charleroi (deux fois), Anderlecht, Standard, Izmir, Adanaspor, Beveren, La Louvière et à présent Mons. Il avait repris les entraînements avec les Loups, cet été, mais il avait déjà la tête ailleurs.
...

Et de dix! Depuis ses premiers shoots en 1980, Olivier Suray (30 ans) a connu une dizaine de clubs, dont six en D1 belge: Gedinne, Vencimont, Charleroi (deux fois), Anderlecht, Standard, Izmir, Adanaspor, Beveren, La Louvière et à présent Mons. Il avait repris les entraînements avec les Loups, cet été, mais il avait déjà la tête ailleurs."Je m'étais présenté à la reprise parce que je n'avais pas encore signé à Mons, mais dans mon esprit, ce n'était plus qu'une question de jours. Je n'étais pas inquiet. Malgré les deux ans de contrat qu'il me restait à La Louvière, je me sentais déjà montois à 95%", explique Olivier Suray. "Il fallait simplement attendre que tout se décante au niveau de la direction de l'Albert. Ce club a accédé à la D1 plus vite que prévu et il a fallu que les administrateurs définissent une toute nouvelle politique financière et sportive. Mais, depuis que le feu vert pour les transferts a été donné, mon nouveau club a fait du fameux travail! J'ai tous mes apaisements pour la saison prochaine.Jean-Claude Verbist et Marc Grosjean ont retenu les leçons de ce qui n'avait pas marché à La Louvière, il y a deux ans: une très bonne équipe de D2 ne fait pas une équipe moyenne de D1. D'accord, c'est triste pour de vieux serviteurs du club qui ont gagné le tour final, mais c'est le prix à payer. Je me mets à la place d'un Thoelen ou d'un Mercier. Et il est clair que certains supporters n'apprécient pas ce grand nettoyage. Tant pis. Un dirigeant ambitieux ne peut pas avoir de sentiments".Je l'ai trouvée assez bonne techniquement, mais elle ne jouait pas à du 100 à l'heure... Je suppose que ce manque de vitesse d'exécution aurait posé des problèmes en première division.Mons peut-il être la bonne surprise du prochain championnat?Avec les joueurs qui ont été transférés, nous devrons clairement viser la colonne de gauche. Mais, si c'est le cas, je m'attends déjà à ce que le grand public dise: -C'est normal, avec autant de renforts. Je prévois deux phases difficiles: il faudra d'abord intégrer tous les nouveaux joueurs pour les fondre dans un bloc compétitif. Puis, pendant l'hiver, je m'attends à des conditions de travail pénibles. Le projet du nouveau stade avance, mais il y a encore beaucoup de boulot au niveau des terrains d'entraînement. C'est une grosse différence par rapport à La Louvière: là-bas, il y a un stade complètement démodé mais un complexe d'entraînement de très bonne qualité. Vous étiez resté en contact avec Jean-Claude Verbist?Je l'ai revu plusieurs fois en cours de saison dernière, notamment lorsqu'il participait aux réceptions d'après-match dans la grande tente devant le stade de La Louvière. On m'a reproché de lui adresser la parole, mais je trouvais cela normal vis-à-vis de l'homme qui m'avait permis de venir dans ce club. Moi, je n'avais eu aucun problème avec lui.Il n'empêche qu'en venant à ces réceptions, il provoquait un peu la direction. Quand on a été viré d'une école, on ne retourne pas à la fancy-fair...La différence, c'est que Verbist n'est plus un gosse (il rit). C'est un homme qui suit son chemin sans se soucier du qu'en-dira-t-on. J'apprécie cette mentalité parce qu'elle me ressemble. "Même à 30 ans, j'ai besoin qu'on me réconforte"Dès les premières discussions avec Jean-Claude Verbist, avant le tour final, j'ai compris que ce club débordait d'ambition. Vu que La Louvière ne tenait pas à me garder, il était normal que j'écoute attentivement son discours. Je lui ai dit à ce moment-là que j'étais intéressé à condition que Mons accède à la D1.N'avez-vous pas envisagé de rester à La Louvière?Le ressort s'est cassé quand les dirigeants ont déclaré que mon rendement était insuffisant par rapport à mon salaire. Je n'avais pas un salaire royal, mais simplement un contrat moyen pour un club moyen comme La Louvière. Grâce aux deux années que j'ai passées en Turquie, je peux me permettre de ne plus demander la lune en Belgique. C'est frustrant d'entendre, à 30 ans, qu'on coûte trop cher par rapport à ce qu'on apporte sur le terrain. On estimait que je n'étais plus assez bon pour rester dans un club comme La Louvière: ça fait mal. J'étais très motivé quand j'ai eu des contacts avec Vicenza: je m'étais mis en tête de prouver, en Italie, que j'avais encore le niveau. Je devrai le faire avec Mons et c'est encore mieux puisque j'aurai chaque saison deux occasions de mettre les choses au point avec les gens de La Louvière qui ne croient plus en moi. Je vais leur prouver qu'ils se sont trompés.A La Louvière, tout le monde n'est pas convaincu qu'il y ait eu de l'intérêt de Vicenza pour vous...Leur boule de cristal est-elle plus fiable que les conversations concrètes que j'ai eues avec les dirigeants italiens?Vous rêviez de Vicenza: pourquoi n'avez-vous pas attendu une décision définitive de ce club?Parce que j'avais une priorité: quitter La Louvière. Les choses ont traîné avec Vicenza parce que le championnat de D2 italienne s'est terminé très tard et parce que ce club a changé d'entraîneur. Comme plus rien ne bougeait de ce côté-là, j'ai accepté l'offre de Mons. Depuis le début de ma carrière, j'ai toujours pris les devants: je n'ai jamais attendu d'être en fin de contrat pour signer ailleurs. Je préfère être demandé que demandeur. Beaucoup de joueurs ne sont pas du même avis et prennent des risques. Mais on voit pour le moment que c'est un jeu dangereux. Combien sont sans club au moment de la reprise des entraînements? Ils ont demandé un très gros salaire, mais au bout du compte, ils seront obligés de se brader, d'accepter 50% de ce qu'ils exigeaient au départ pour retrouver une équipe qui ne correspond même pas à leurs ambitions. En venant à Mons, je me suis mis à l'abri pour un bon bout de temps: j'ai signé pour trois ans avec une option pour une quatrième saison.Suray qui resterait quatre ans dans le même club? Non, ce n'est pas possible...Je m'y attendais (il rit). Ariel Jacobs comptait pourtant toujours sur vous!Je suis sceptique quand j'entends ça. Il n'a pas réellement cherché à me retenir. Il ne m'a jamais dit de partir, mais il ne m'a pas non plus demandé de rester. Dès le premier entraînement, cet été, je m'attendais à ce qu'il m'appelle dans son bureau et qu'il me réconforte, vu tous les bruits qui avaient circulé. Même à 30 ans, j'ai besoin qu'on me réconforte, qu'on m'encourage, qu'on me dise si j'ai bien ou mal joué, si on compte encore sur moi ou non. Mais, pendant mes 15 jours là-bas, nos échanges se sont limités à bonjour, au revoir. Je regrette ce manque de dialogue. Il vous a vanté tout au long de la saison: cela ne vous suffisait pas?Ariel Jacobs me voit toujours avec le même regard qu'à l'époque où j'étais international chez les jeunes, il y a une quinzaine d'années. Il me reprochait de manquer de régularité, et cela n'a pas changé. Il m'a fait plus d'une fois la remarque, la saison dernière. Il me disait aussi que j'avais l'air nonchalant sur le terrain, même si je ne l'étais pas vraiment selon lui. Je ne sais pas comment je devais interpréter ses propos. Comment réagirez-vous si je vous dis: -Tu as l'air con, mais finalement, tu ne l'es pas..."Il faut des réservistes qui rigolent quand on n'a pas 11 Ronaldo"Je reste sur ma faim. J'avais signé pour trois ans et on m'a suggéré de partir après une seule saison: ça veut dire que je ne plaisais pas à tout le monde et je ne peux donc pas être satisfait. Pourtant, j'estime que je n'ai pas démérité. J'ai joué 24 matches et j'aurais été encore plus souvent sur la pelouse si on n'avait pas dû m'opérer des cartilages du genou trois semaines avant le début du championnat. J'ai même très bien terminé la saison. Et pas parce que j'étais visionné par X ou Y, comme je l'ai entendu dans la bouche des dirigeants. C'est décevant. J'ai l'impression que, pour les patrons de La Louvière, je n'avais aucune carte de visite et je n'avais joué que deux ou trois matches valables sur l'ensemble de la saison.Le fait que l'équipe ait été déforcée pendant l'été a-t-il joué dans votre décision?Pas tellement. Il reste une bonne petite ossature à La Louvière. Olivieri, Siquet, Tilmant, Buelinckx, Bryssinck, Rogerio et quelques autres ont des qualités réelles et de l'expérience. Mais il ne faudrait pas que deux barons de l'équipe se blessent en même temps, car cela risquerait d'être fort problématique. Si Olivieri et Siquet devaient être indisponibles au même moment, ce serait une catastrophe parce qu'il n'y aurait plus de défense centrale.Vous avez eu l'occasion de côtoyer les nouveaux joueurs de La Louvière pendant deux semaines: quelle impression vous ont-ils laissée?Ils ont vite compris qu'il y avait un fossé énorme entre la D3 et la D1. Lors des premiers tests physiques, ils étaient tous dans le rouge! Mais ce qui m'a le plus frappé, c'est le changement d'ambiance. Dans le vestiaire, on aurait entendu voler une mouche. Des gars comme Scalia et Delière ne jouaient pratiquement jamais, la saison passée, mais ils étaient utiles parce qu'ils savaient animer le groupe. C'est toujours précieux, surtout quand il n'y a pas 11 Ronaldo dans le noyau. La saison passée, quand je sortais de mon lit, j'étais heureux et plein d'entrain parce que je savais que j'allais rigoler pendant une heure avant d'entamer l'entraînement. Pendant les 15 jours où je me suis entraîné avec le nouveau noyau, cet été, je n'ai pas eu un seul fou rire. Tout cela va peut-être évoluer au fil des semaines, mais je n'y crois guère car ce n'est jamais simple de parvenir à une bonne ambiance avec autant de nouveaux joueurs qui proviennent d'horizons très différents."Je regrette d'avoir tacklé Emilio"Westerlo a pris la température pour un transfert éventuel. J'avais joué un très bon match contre ce club au deuxième tour. C'est normal: les scouts de Vicenza étaient dans la tribune (il grimace). Mais j'ai surtout apprécié l'intérêt du Lierse. Emilio Ferrera a pris contact avec Pietro Allatta, mon manager: j'étais son deuxième choix après Laurent Fassotte. Je ne sais pas si j'aurais accepté une offre de ce club, mais la démarche de Ferrera m'a fait plaisir. C'est flatteur, venant d'un entraîneur que je n'ai pas épargné dans la presse après notre expérience commune à Beveren. Je lui avais reproché de ne pas avoir de dialogue avec le groupe, et avec moi en particulier. J'avais aussi expliqué qu'il n'était pas assez franc dans son travail. Avec le recul, je regrette d'ailleurs de l'avoir critiqué publiquement. Aujourd'hui, je me dis qu'il avait des circonstances atténuantes. Il était nouveau en D1 et ne pouvait pas tout savoir quand il a débuté à Beveren. Si j'analyse son parcours, je conclus que cet entraîneur a de sacrées qualités. Pierre Danvoye"Je vais prouver aux gens de La Louvière qu'ils se sont trompés sur mon compte"