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Cher Magazine, Nous sommes une grosse demi-heure avant le coup d'envoi de l'un des sommets de la compétition grecque, PAOK-Olympiacos. Le stade Toumba (l'appellation usuelle, du nom du quartier, qui signifie petite colline ronde ; l'officielle étant simplement stade de PAOK) est déjà plein comme un £uf et bouillant comme une cocotte minute. Subitement, l'assistance se tait, on entendrait presque une mouche voler. Que se passe-t-il, quelle est la raison de cette brutale chute de température ? Tous les regards se focalisent sur le rond central, où a pris place un supporter muni d'une grosse caisse. La marmite en ébullition s'est visiblement rangée sous les ordres de la mailloche du percussionniste. Après un silence interminable, ce chef de foule frappe son tambour une seule fois et comme un seul homme, 28.000 bouches éructent un cri bref et violent. L'arène tremble sur ses bases. Cette transition extrême entre le calme total et l'uppercut sonore est sans aucun doute l'une des expériences les plus impressionnantes en matière d'ambiance footballistique. Très lentement, la cadence s'accélère, pour finalement s'envoler vers une coulée de lave sonore pétrifiante. Toumba, c'est cela, un véritable volcan toujours prêt à exploser. Il a subi quelques rénovations subventionnées afin d'accueillir des rencontres des JO d'Athènes en 2004. Certaines améliorations bien nécessaires sont encore programmées, notamment au sein de la tribune officielle (si le pupitre de presse y est d'une rare longueur, il n'y a pas assez de siège pour tout le monde et une partie de la corporation doit s'asseoir à même le béton brut). A l'opposé, les gradins latéraux non couverts ont un aspect remarquable : un magnifique aigle à deux têtes y est dessiné via le jeu de couleur des sièges. Son origine vient des racines fondatrices du PAOK, héritage des réfugiés grecs expulsés de Byzance et Constantinople. Le rapace de l'empire byzantin combine le noir qui, ajouté aux ailes pliées, symbolise le deuil de l'expulsion de la patrie, alors que le blanc de l'optimisme représente la fenêtre sur le futur, la lutte et les victoires de demain. Toumba a accueilli quelques rencontres de l'équipe nationale et trois finales de la Coupe de Grèce. Sa capacité est passée de 40 à 32.000 places en 1998 avec l'installation généralisée des sièges. Le fanatisme excessif des supporters (ceux-ci ont souvent atteint des sommets de déraison), imposa en 2000 l'introduction de zones de sécurité, ce qui réduisit encore le nombre de place à 28.803. Jadis entraîné par Oleg Blokhine et Arie Haan, le PAOK a conquis 2 titres et 4 coupes nationales mais a perdu 12 finales. rudi katusic