Après deux années difficiles, le Sporting de Charleroi a décidé de faire la grande lessive en assainissant son noyau. Les caractères difficiles ont été transférés et les clans brisés. Le discours se veut également plus réaliste: la direction tente un rapprochement auprès des supporters et des médias. Quant à la politique sportive, elle a également été repensée. Du moins en paroles car cela ne s'est pas réellement traduit dans les actes. La direction a continué à écumer le marché international et a misé sur des jeunes inexpérimentés. Et c'est sans doute là que le bât blesse. En se séparant de Majid Oulmers et Badou Kere, Charleroi a de nouveau perdu deux figures marquantes du vestiaire, sans en acquérir d'autres. ...

Après deux années difficiles, le Sporting de Charleroi a décidé de faire la grande lessive en assainissant son noyau. Les caractères difficiles ont été transférés et les clans brisés. Le discours se veut également plus réaliste: la direction tente un rapprochement auprès des supporters et des médias. Quant à la politique sportive, elle a également été repensée. Du moins en paroles car cela ne s'est pas réellement traduit dans les actes. La direction a continué à écumer le marché international et a misé sur des jeunes inexpérimentés. Et c'est sans doute là que le bât blesse. En se séparant de Majid Oulmers et Badou Kere, Charleroi a de nouveau perdu deux figures marquantes du vestiaire, sans en acquérir d'autres. Le meilleur transfert (et sans doute le seul point positif de cette intersaison) demeure sans doute Jacky Mathijssen dont le retour était attendu et réclamé par les supporters depuis deux ans. Dans les buts, Sébastien Chabbert qui avait perdu sa place au profit de CyprienBaguette est parti à... Monaco. A charge de celui-ci de confirmer les dispositions montrées la saison passée. Car en cas de blessure ou de méforme, il n'y a pas grand chose derrière lui à part les jeunes et inexpérimentés Kevin De Wolf et NicolaHatefi. Au sein de la ligne arrière, c'est le grand chambardement. L'arrière garde sera organisée autour du capitaine Maxime Brillault, qui est devenu le leader de vestiaire. Aux côtés du Français, le départ de Kere et David Vandenbroeck laisse une place vacante. Les matches de préparation ont montré que Mathijssen misait sur Mohamed Chakouri dont on attend toujours une grosse saison du côté de Charleroi. A gauche, le retour de blessure de Massimo Moia et l'éclosion de GrégoryLazitch offrent deux possibilités au coach. A droite, on évoque déjà le "nouveau Defays " en la personne de l'Israélien Etan Tibi. Pour le reste, le banc ne regorgera pas de solutions de rechange, à part des jeunes comme l'international Espoir Naïm Aarab (en provenance de Larissa) et le grand Français Zakari Diallo (1m95), transféré de Beauvais. Moins de solutions également dans l'entrejeu, déforcé par les départs de GrégoryChrist, d'Oulmers, le transfert définitif d' Adlène Guédioura chez les Wolves et le prêt de GeoffreyMujangi Bia. Ederson a été transféré définitivement et devrait occuper la charnière centrale aux côtés de Peter Franquart, prêté une saison supplémentaire par Lille, et plus à l'aise à ce poste-là qu'à celui de défenseur. Sandro Cordaro, Hervé Kage et Onur Kaya, un Belgo-Turc transféré du Vitesse Arnhem où il évoluait depuis cinq ans, occuperont les côtés et se chargeront de l'animation offensive. Leur technique devrait faire la différence. Là aussi, l'écrémage a eu lieu. Mouhssine Yajour, Mboyo Pelé et Habib Habibou sont partis mais ne seront pas regrettés au vu de leur dernière saison. Seul un Habibou en grande forme pouvait faire basculer une rencontre. Un élément certain dans la li-gne d'attaque: Cyril Théréau. Après une saison mièvre, le Français a retrouvé toute sa hargne et ses qualités de buteur. Au four et au moulin, il devra cependant être mieux épaulé si Charleroi veut espérer quelque chose dans ce championnat. A ses côtés, Mathijssen peut miser sur un Orlando revanchard et qu'il apprécie. Mais également sur un transfert de Cannes, le Congolais John Tshibumbu et un Sénégalais de Mons, Moussa Gueye. Charleroi a effectué une véritable révolution de palais, nécessaire après deux années de lutte pour le maintien. Cependant, le noyau limité semble avoir perdu un peu de qualité technique et est à court d'expérience. Or, c'est à ce niveau-là que le Sporting avait déjà péché la saison dernière. Mogi Bayat sortira-t-il un lapin de son chapeau avant la fin du mercato? Pour le reste, ce sera à Mathijssen de réussir aussi bien que lors de son premier passage au Sporting. par Stéphane Vande Velde