D on Giorgio a piégé Long Couteau à Héraklion : en prenant l'air en ville avant Grèce-Belgique en compagnie de Luc Maton. Le duo de RTL-TVI y a croisé le responsable du matériel des Diables Rouges qui cherchait nerveusement à compléter sa collection de longs crampons. Balayée par le vent et la pluie, la pelouse était particulièrement glissante. Malgré un staff aussi imposant qu'une armée mexicaine, le chantre du professionnalisme a été surpris par un détail. Et cela l'a énervé au plus haut point comme l'a prouvé une de ses réactions lors de la conférence de presse d'après match : " Nous sommes des professionnels. Tout a été réorganisé ; alors, qu'est-ce que certains cherchent avec des histoires de ce genre-là ? Où va-t-on avec ça ? Je me demande ce que certains ont bu hier soir... "
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D on Giorgio a piégé Long Couteau à Héraklion : en prenant l'air en ville avant Grèce-Belgique en compagnie de Luc Maton. Le duo de RTL-TVI y a croisé le responsable du matériel des Diables Rouges qui cherchait nerveusement à compléter sa collection de longs crampons. Balayée par le vent et la pluie, la pelouse était particulièrement glissante. Malgré un staff aussi imposant qu'une armée mexicaine, le chantre du professionnalisme a été surpris par un détail. Et cela l'a énervé au plus haut point comme l'a prouvé une de ses réactions lors de la conférence de presse d'après match : " Nous sommes des professionnels. Tout a été réorganisé ; alors, qu'est-ce que certains cherchent avec des histoires de ce genre-là ? Où va-t-on avec ça ? Je me demande ce que certains ont bu hier soir... " Nous avons imposé un contrôle anti-alcool à Georges Grün. Négatif ! Et le discours de l'ancien Diable était clair comme un verre d'eau plate : " Nous ne voulions pas lancer une polémique en racontant une petite anecdote. Mais, cela dit, il y a eu pas mal de glissades, notamment sur le but grec : pourquoi ?" Un Georges Leekens au sommet de son art aurait balayé cette révélation d'un revers de la main. Lui qui jette même un regard sur ce que ses joueurs reçoivent dans leur assiette à bord de l'avion n'avait pas prévu ce menu-là. Et, dans le fond, Grèce-Belgique n'a pas rassuré les supporters des Diables. Leekens ne cesse de souligner les qualités de son effectif. L'ambiance y est visiblement positive mais cela ne suffira pas : pour se rendre au Brésil en 2014, il faut être plus loin dans la mise au point de l'équipe. Or, il reste quand même trop de zones grises pour peindre un tableau résolument optimiste de la situation. Cela commence par une défense qui ne rassure pas. Devant Simon Mignolet, l'axe Vincent Kompany-Thomas Vermaelen fait rêver tous les sélectionneurs. C'est du haut vol, top classe européenne. On ne peut pas en dire de même pour les arrières ailes où le coach continue à aligner des stoppeurs de formation qui n'ont pas l'art de mettre le nez à la fenêtre, de combiner, de porter le danger dans le camp adverse. Nicolas Lombaerts n'aime pas son couloir. Cela s'est bien vu en Crète où il a multiplié les interventions hésitantes et les fautes qui lui ont valu deux bristols jaunes et le renvoi du terrain. Or, l'opposition grecque n'était pas extraordinaire. Les Hellènes se sont qualifiés avec brio pour l'Euro 2012 mais ne tournent pas à plein régime pour le moment. Alors, si Lombaerts foire dans ces conditions, on peut craindre le pire pour le mois de septembre et le début de campagne de qualification pour le Brésil. Leekens garde Jan Vertonghen sous la main mais cela ne suffit pas. Alors, on peut se demander pourquoi le T1 ne songe pas à Filip Daems et Sébastien Pocognoli. Le Standardman est le meilleur arrière gauche de D1. Leekens et ses légions de scouts ne le savent pas ou ferment les yeux. L'injustice est encore plus grande en ce qui concerne Daems. Georges Heylens fait désormais partie de l'équipe des scouts internationaux de Lille. Il sillonne régulièrement l'Allemagne et a vu quatre fois Daems ces derniers temps. " Je suis sidéré par l'indifférence qui lui est réservée : il faut être aveugle pour se passer de lui ", note Heylens. " Il est le capitaine d'un Mönchengladbach qui réalise un très bon championnat. Tout le monde parle sans cesse de la Premier League, et je peux le comprendre, mais la Bundesliga n'est sans doute pas loin de la valoir. Il s'y passe des choses intéressantes que je transmets sans cesse à Lille. Et Daems se débrouille particulièrement bien dans ce football moderne. A son poste, il est un des meilleurs de la Bundesliga. Qu'est-ce qui fait la force de Daems ? Il ne néglige jamais son job défensif : intransigeant sur l'homme, bon dans les couvertures, intelligent. Mais, à ce niveau de compétition, cela ne suffit plus du tout. Il faut plus, beaucoup plus et Lombaerts, qui a ses mérites, ne pourra jamais y créer la différence. Là, il faut pomper, être dans la construction, plonger, aller jusqu'au point de corner, adresser de bons centres. Lombaerts n'est pas assez complet pour la différence à ce poste. " On peut dire la même chose pour Toby Alderweireld à droite. Son apport offensif est infiniment trop maigre. Je préfère 100 fois Anthony Vanden Borre, le meilleur à cette place, et de loin, s'il se sent aimé, compris, soutenu. Je conseille à Leekens de regarder la vidéo d'Allemagne-France : il comprendra pourquoi Alderweireld est limité. Laurent Blanc a opté pour Mathieu Debuchy de Lille à l'arrière. On s'endort en regardant Alderweireld alors que Debuchy vit le match, a de l'impact, monte, signe l'assist du premier but français. Le Lillois, ça, c'est un arrière droit, pas Alderweireld qui n'atteindra jamais ce niveau. Leekens s'accroche à ses deux backs, c'est une grosse erreur : ils ne sont pas assez talentueux. " Si la défense est en chantier, la ligne médiane a réussi un bon match à Héraklion. L'ancien trio du Standard ( Axel Witsel, Marouane Fellaini, Steven Defour) a marqué des points. L'intention de Leekens est d'aligner deux pare-chocs (Fellaini-Defour) et trois infiltreurs ( Nacer Chadli, Witsel, Eden Hazard). Pourtant, le problème de fond reste le même : la solitude de l'attaquant de pointe. " Kevin Mirallas ne peut pas fonctionner en pivot dans ce système ", note Heylens. " Sur le plan offensif, Leekens fait fausse route aussi. Il n'a pas les armes pour jouer de la sorte. Je m'explique : Romelu Lukaku ne joue pas à Chelsea. Il est décidé à changer pour avoir du temps de jeu la saison prochaine. Parfait mais il a perdu du temps. A Héraklion, j'aurais aligné Igor de Camargo en pointe. Et j'aurais opté pour un 4-4-2. Même si Witsel est génial, les Diables n'ont pas de vrai numéro 10. Or, il y en a un : Hazard. C'est un thème de réflexion à la page pour le moment à Lille. Eden est éclatant sur le côté, c'est assez évident pour tout le monde. Mais c'est dans l'axe qu'il atteindra sa plénitude. Si le Real Madrid s'intéresse à lui, comme d'autres, c'est pour cela. En Crète, il a trouvé l'ouverture pour Vermaelen. Même si cela ne s'est pas terminé par un but, c'était génial. Or, c'est un endroit encombré. Eden a vu, réagi, surpris. C'est important et j'imagine les dégâts qu'Eden créerait en évoluant derrière Lukaku ou de Camargo. Avec lui dans l'axe, il y aurait moins de distances entre la ligne médiane et l'attaquant de pointe. Witsel ne serait plus obligé de multiplier les efforts. Avec Eden en 10, il y aurait plus de jeu, ce que je n'ai pas vu à Héraklion. " Pour Heylens, un pare-chocs défensif suffit : Fellaini, avec Defour et RadjaNainggolan en réserve de la royauté. Cette formule permet d'aligner Chadli et Moussa Dembélé sur les côtes de la ligne médiane. A Héraklion, Leekens a prolongé son show positif. C'est quand même inquiétant : son équipe est en chantier. En Grèce, Steven Martens, le CEO de l'Union belge, a affirmé que " la fédération a répondu à toutes les demandes de Leekens. Maintenant, c'est à lui de jouer ". Voila enfin quelqu'un qui met la pression sur Leekens et son staff qui coûtent cher. Cela a la forme d'un avertissement poli mais d'une mise en garde quand même. Martens a le crâne brillant mais du poil au menton. Si la Belgique ne se qualifie pas pour le Brésil, l'orage financier sera terrible. " Move forward ", est le slogan d'une campagne de pub que le fédéral anime pour PwC, un des sponsors des Diables Rouges. Move forward, aller de l'avant : en Crète, ce ne fut pas le cas. Hellas... PAR PIERRE BILIC - PHOTOS: IMAGEGLOBE Steven Martens, le CEO de l'Union belge, met la pression sur Leekens...